Camino del Norte – sur la piste du Phoenix

Remarque: cet article est paru en allemand, et ses traductions dans toutes les autres langues ont été générées automatiquement.

Sur notre page Facebook, nous avons reçu le message de Tim. Il a fait le Camino del Norte et en a parlé sur son blog et sur Instagram. Nous pourrions utiliser ses publications pour créer un récit de voyage pour cette page.

Sitôt dit, sitôt fait.

Voici donc le récit de voyage de Tim.

La piste du phénix - qu'est-ce que tu fais ?

17 avril 2016

Un autre blog ?
Oui, un autre blog !

Et ce, en raison de la transformation permanente. En l’occurrence, la mienne, que je souhaite documenter ici pour moi et pour les éventuels intéressés.

Le phénix (« Le rené/le fils nouveau-né ») est un oiseau mythique qui brûle ou meurt à la fin de son cycle de vie, pour renaître de son corps en décomposition ou de ses cendres.
(source : Wikipedia)

Comme je suis sur le point de commencer un nouveau cycle de vie et que je n’ai aucune idée de ce à quoi il ressemble, j’ai décidé de prendre un nouveau chemin : le JAKOBSWEG, ou plus précisément le Camino del Norte – un chemin le long de la côte nord de l’Espagne.

Ce sera probablement comme dans la vraie vie : Un chemin inconnu qui apporte chaque jour de nouveaux défis, des décisions, des expériences et des rencontres.

Pourquoi faut-il que ce soit le chemin de Saint-Jacques ?

  • Je n’ai pas lu, ni écouté de livre, ni regardé de film « Je m’en vais… ».
  • Je n’ai jamais marché plus de 10 km d’affilée…
  • Je n’ai pas un micromillimètre de foi religieuse, bien au contraire.

Oui, alors… pourquoi maintenant ?

  • Je crois que je vais devenir fan de l’Espagne (j’ai la foi, mais pas en la religion, comme je l’ai dit au début).
  • Je suis fan de la mer et du soleil !
  • Je suis persévérante !
  • J’aimerais passer quelques semaines à me contenter de l’essentiel : Harmonie de l’esprit et du corps
  • J’aime les défis et je suis ouvert au changement (ça se lit comme une mauvaise lettre de motivation…)

Pourquoi faut-il que ces choses soient écrites sur un blog ?

C’est vraiment une bonne question…

Si tu suis une telle voie pour toi, tu ne te soucies pas de savoir si l’Internet fou s’en rend compte, si ton blog est classé dans les moteurs de recherche, si les affiliés te proposent des millions de centimes pour autant de clics, si cette chose devient aussi virale qu’une vidéo de chat ou toute autre connerie à laquelle j’essaie de me soustraire….

  • Peut-être parce que je suis un informaticien ?
  • Peut-être parce que je veux envoyer des cartes postales numériques à ma famille et à mes amis avec ça (dans le sens de la « dette d’aller chercher » ?)?
  • Peut-être parce que je lirai le blog dans quelques années et que cela me fera sourire.
  • Peut-être parce que tu t’es intéressé au pèlerinage et que je peux éventuellement t’aider à le faire ?
  • Peut-être parce que je veux montrer à ma prof d’allemand de sixième année que même avec une note de 6 en culture linguistique, littéraire et intellectuelle, je suis capable d’aligner quelques mots à l’air malin…

Qui sait ?

Comme mon vieux pote Lao Tseu avait l’habitude de dire : « Le sage ne parle pas, celui qui parle ne sait pas ».

Je suis impatiente de voir ce qui m’arrive et ce qui arrive à ce blog aussi.

Le sac à dos...

avril 24, 2016

…devient un compagnon de route à ne pas sous-estimer.

J’ai opté pour un sac à dos de 45 litres (plus 10), mon collègue pèse un bon 8,9 kilos tout compris.

Adios companeros...

28 avril 2016

… et beaucoup de salutations de l’aéroport de Hambourg. Enfin, le sentiment d’envie de marcher, de curiosité et d’excitation se renforce.

La joie est aussi de la partie, surtout en attendant un temps encore meilleur que celui qu’il fait déjà en good old Germany…

Et de la gratitude : pour les bons vœux et les mots de mes amis et de ma famille, et pour la possibilité de faire un tel voyage. Beaucoup ont dit « Boah, c’est tellement courageux »… Mais le moment est idéal. Ce serait donc une lâcheté de ne pas faire le voyage MAINTENANT. 😉

Hasta pronto de Irun !

Esta magnifico

28 avril 2016

… dans le sens « c’est un coup d’éclat ».

L’approche de l’aéroport d’Irun m’a déjà donné un avant-goût de ma première étape vers Saint-Sébastien, le long du Jaizkibel qui culmine à 545 mètres, juste au bord de la mer.

Puis le chemin vers mon logement, c’était magique : du sel sur les lèvres, du soleil, une architecture géniale (elle doit bien avoir un nom, mais je m’en tiens à la description « géniale »), des gens joyeux sur le front de mer, dans les bars à tapas, dans les petites ruelles douillettes (hilares, comme le bacon dans la poêle…).

C’était tellement vrai !

Et c’est alors que s’est produit le hat-trick des premières.

  • Premier logement que j’ai réservé via Airbnb (tout muy bien avec une famille)
  • Premier logement que j’ai réservé à l’avance.
  • Pour la première fois, j’ai commencé à comprendre dans quoi je m’embarquais… je ne parle pas cette langue (mon vocabulaire très développé de gros mots et de boissons alcoolisées ne m’aide pas beaucoup), je n’ai pas un sens de l’orientation très développé, grâce à des années de navigation abrutissante à l’aide d’outils techniques, et c’est un sacré long chemin….. (oui, je sais, les profs d’allemand n’aiment pas les phrases à rallonge)

Mais c’est ça le punk rock : relever le défi, garder la tête haute, relever le défi !

J’ai hâte d’y être !

¡Buenas noches !

Ça marche...

29 avril 2016

…chez moi, comme les jeunes aiment à le dire.

J’ai vraiment pris un bon départ !

Ma mère de chambre, Maria Jesus (vraiment !), m’avait préparé un bon petit déjeuner et nous voilà partis.

Oehm… où donc ?

Je pensais qu’il me suffisait de suivre le coquillage jaune ? Deux femmes au bord de la route m’ont montré le chemin vers la coquille, l’une à gauche, l’autre à droite. Après avoir brièvement bredouillé dans leur langue imaginaire, elles se mirent d’accord sur une direction. J’ai demandé à au moins six autres personnes sur le chemin de la coquille comment aller à la coquille.

Et elle était là !

J’ai donc trouvé le point d’entrée et à partir de là, j’ai parcouru les 20 kilomètres suivants, presque seul, le long de la côte, sur des sentiers de rêve, une courte traversée de l’eau avec un petit bac – un rêve, ah oui : et il faisait beau aussi, bien sûr…

Ensuite, des personnes que je rencontre régulièrement m’ont invité à passer la nuit dans leur communauté religieuse. J’ai refusé.

En descendant la montagne vers San Sebastian, j’ai lu une note disant que les auberges de pèlerins étaient déjà complètes ce week-end.

Super… retour chez les mormons ? Nan, je vais essayer ma tente !

Mais alors que je me promenais dans l’animation colorée et bruyante de la ville, un contraste deluxe avec les cinq dernières heures, un porteur de sac à dos parlant espagnol m’a vu et m’a montré une auberge pour pèlerins.

Là-bas, j’ai eu un petit lit et même un ordinateur avec Internet sans trémas.

Bonne nuit !

38 ans sans soin des pieds...

mai 1, 2016

… ça paie.

Résumé après 3 jours / 60 kilomètres -> Mes pieds de hobbit ont toujours la même apparence : pourris et cornés, mais sans ampoules (je sais que c’est plus d’informations que tu ne le souhaitais en fait…).

Ce que je peux te dire d’autre ?

Ça fait du bien ! Je ne dois rien et je peux tout faire (dans la limite de mes possibilités).

Ah, j’en ai encore une… un Hollandais, deux Allemands, une Canadienne, un Japonais et deux Italiens se rencontrent sur le chemin de Saint-Jacques…

Ce qui ressemble d’abord à une mauvaise blague se transforme en une histoire intéressante sur la communauté, les plaisirs de la nature, la bonne nourriture et les boissons avec une soirée au coin du feu, dont je ne connais pas encore la fin…

Mais demain est encore un jour !

(J’espère dormir quelques heures d’affilée cette nuit – avec les 20 autres peregrinos dans la même pièce)

Tu ne marches jamais seul...

mai 3, 2016

…même si tu le souhaites.

Aujourd’hui, une étape difficile nous attendait, 30 km et 2000 mètres de dénivelé (en montée et en descente) et j’avais l’intention de la faire bien toute seule, et hop, j’étais en route avec deux nouveaux Italiens.

L’un, 27 ans, anglophone, peu de sport – beaucoup de fêtes, un sac à dos de 13 kg pour un poids de 65 kg (normalement, on dit que le sac à dos représente 10% du propre poids) et une paire de baskets aux pieds, respect !

L’autre, 64 ans, ne parle qu’italien, marathonien plus 175 km d’ultramarathon, molto respect !

Les deux se sont rencontrés et ont déjà passé deux jours ensemble.

Devine qui nous devrions laisser à mi-chemin, à notre propre demande et pour la raison suivante, immortalisée sur la photo ?

Eh bien, l’autre m’a traîné sur les 30 km et, comme c’était bien, sur les 5 autres, à la manière d’une chèvre de montagne.

Il n’y a que l’auberge que nous avons cherchée en vain…

Après d’innombrables demandes auprès de la population espagnole en italien/espagnol/anglais/mains/pieds, nous avons été récompensés par un hébergement de qualité après 4 km supplémentaires. En plus, nous avons eu droit à des œufs frais et des macarons à la noix de coco faits maison par les locaux. Ensuite, nous avons eu droit à un délicieux menu de pèlerin (3 plats + jus de raisin pour 8 EUR) et une auberge rien que pour nous !

Tu ne peux pas imaginer ce que cela signifie ! !! Dormir en paix ! Sans ronflements ! Sans réveil matinal par effet domino (si l’un se lève, le suivant se lève, etc.)

Génial !

Buenas noches e buona notte !

Elle ira à ma prof d'allemand

4 mai 2016

Hola, la marche me donne tellement de temps pour penser -passé, présent, futur (boah, je connais les temps…) – que je me souviens d’un devoir d’école.

Il s’agissait d’écrire une histoire dans le style d’Alfred Döblin – Berlin, Alexanderplatz. Bon style, juste ce qu’il faut, car mes impressions se bousculent, en raison du contraste saisissant entre la jungle espagnole et la mégalopole appelée Bilbao.

Donc : 6h40, le réveil sonne… se lever, même si j’ai eu la chance de partager l’albergue (comme disent les Espagnols) avec seulement deux autres.

J’aurais donc pu faire une longue grasse matinée.

Mais une fois de plus, la chèvre de montagne italienne de 64 ans m’avait incité à tirer au-delà de mon objectif de distance et de performance.

C’était sensationnel, 10 heures, presque sans un mot, seul à deux. Et encore une montagne, et encore en haut, et encore en bas, et encore en haut… entre-temps, de nouvelles connaissances sympathiques, cette fois deux Brésiliens… Rencontré aussi le Coréen du premier jour…

Enfin, Bilbao !

Une mégapole de luxe. Changement de décor radical…

Lamberto et moi avons opté pour la variante de luxe du pèlerin, une chambre d’hôtel, avec un lit simple et une douche chaude ( !) (ce qui n’est pas évident dans l’albergue). Le luxe à l’état pur !

Une heure allongée sur le lit sans bouger, heureuse et cassée comme un chien, le mal de dos soulagé, direction la douche, la chaude.

Rapidement au bar Pinxto d’à côté, au milieu de la vieille ville. Un rêve.

Au lit.

Mon cul : « Can you take a picture, please ».  » Si, claro »

Sur la photo, on peut voir 10 punk rockers déjantés de Brooklyn, « The Dictators » étaient en tournée en Europe.

Je vais boire une autre bière avec eux…

La chapelle devait continuer.

Mais maintenant, retour au lit de luxe. Qu’est-ce que j’entends dans le bar ? « Twisted again » de Dag Nasty.

Génial. Eh bien, une bière, ça va encore… et comme l’Espagnol est accueillant, il (dans ce cas, composé de deux femmes et d’un homme) m’a aussi invité à la suivante.

Super génial, j’étais tellement à bout… la situation et la ronde amusante ont ensuite été dissoutes par un ivrogne totalement désagréable.

Bonne nuit !

Boah, bien dormi et surtout : bien dormi !!!!

Petit-déjeuner espagnol standard composé de café con leche, de jus d’orange, de pain grillé avec de la confiture et de croissant.

Exploration de la ville !

Premier objectif : acheter un Camelback (vessie d’hydratation pour le sac à dos), tout en explorant la ville à pied.

Tour de cultura. Vieille ville, ruelles étroites, musées, parcs, ambiance fluviale, cathédrales (au pluriel !) Exposition Guggenheim, une impression chasse l’autre.

Sieste au restaurante, un message de l’italien perdu à cause de l’usure des pieds « rendez-vous devant la cathédrale – attente au bar » cette fois avec deux autres peregrinos.

Encore un Italien (ils sont très représentés ici, du moins dans mon entourage) et une Espagnole.

Ensuite, j’ai continué à marcher jusqu’au repas et j’ai rencontré une Allemande de la veille avec un Roumain dans son sillage. Mais le Roumain me connaît aussi par des récits… c’est fou.

Maintenant, je suis de retour à l’hôtel et j’ai hâte de faire le Camino tout seul demain.

Enfin, au moins les premières heures / kilomètres. Car on peut s’y fier, les chemins des Peregrinos se croiseront certainement encore quelques fois jusqu’à Santiago.

Et c’est bien ainsi.

Car l’espace et le temps se mélangent peu à peu (quand étais-je où ?) mais les gens restent définitivement dans mon cœur !

La musique est du LSD acoustique...

mai 6, 2016

L’étape d’aujourd’hui a été si décourageante par ses attraits visuels qu’il était temps de passer à l’acoustique.

Oui, la musique.

Maintenant je sais ce qui m’a manqué. Chaque chanson a déclenché des souvenirs de situations et de personnes de la manière la plus intense. Elle m’a fait passer à la vitesse de l’éclair à travers les vilains contreforts industriels de Bilbao, avec des mouvements de danse élégants et majestueux (je ne suis pas sûre que les gens de l’extérieur aient eu la même perception !)

La route le long de la route était vraiment dure, mais bien sûr je ne suis pas restée seule longtemps et j’ai été accompagnée par une pèlerine allemande rencontrée hier soir, ma première conversation de pèlerin allemand.

Et finalement, l’environnement se transforma.

Nous sommes arrivés au point fort de l’itinéraire d’aujourd’hui, à Portugalete. Pour passer la rivière vers Getxo, nous devions nous laisser porter en suspension au-dessus de l’eau pendant 40 centimes par le pont suspendu de 160 mètres de long avec ses tours de 61 mètres de haut.

Quelques kilomètres le long de l’autoroute : le calme, l’intérieur des terres verdoyant et enfin de nouveau au bord de l’eau bien-aimée !

Là-bas, le petit village endormi et son albergue financée par des dons m’attendaient déjà.

Et ils étaient là, les suspects habituels de la moitié du monde et d’autres personnes qui m’étaient jusqu’alors inconnues. Mais cela devrait vite changer après un menu de Peregrino partagé…

Un bon repas, du jus de raisin et des discussions et des histoires intéressantes.

Buenas noches !

Comment une mauvaise journée s'est transformée en une bonne...

mai 8, 2016

Ça a déjà commencé très mal…., c’est-à-dire quand je me suis réveillée le matin. Je suis quelqu’un qui se réveille d’habitude d’une humeur de merde.

Cette fois-ci, c’était différent. J’avais dormi environ une heure toute la nuit, avec 20 pérégrins dans une toute petite pièce où l’air était à couper au couteau et l’acoustique semblable à celle d’une cage à lions.

Et non, les bouchons d’oreilles n’ont pas aidé !

Ma compagne de pèlerinage, qui dormait dans le lit superposé en dessous de moi, a certainement fait un rêve où il était question de mouvements rythmiques irréguliers, si bien que j’ai presque eu le mal de mer.

Eh bien, en fait, une nuit comme d’habitude… mais cette fois-ci, je n’ai pas pu me reposer.

Vers 6h20, le premier s’est mis dans l’ambiance du départ.

Alors, c’est parti. Rassembler les affaires, prendre le petit déjeuner et partir. Il pleuvait ! Même l’endroit unique et exceptionnel sur la falaise verte, qui m’invitait à une séance de QiGong relaxante, ne me détendait pas.

Même le deuxième petit-déjeuner et le ciel qui s’est éclairci n’ont pas contribué à l’amélioration.

Ce n’est que lorsque j’ai retrouvé mon ami Don Peregrino Alternativo que les choses ont commencé à s’améliorer (aussi bien en ce qui concerne mon humeur que le pofil d’altitude). Nous venions de terminer une étape vraiment profonde et amusante.

Et en plus, nous sommes descendus dans un hébergement de qualité où nous avons rencontré (par hasard ?) nos deux amis camino, dans un monastère avec possibilité de cuisiner !

Superbe ! Salade, pâtes, poivrons, melon, pain et jus de raisin…

J’ai été et je suis reconnaissante.

La joie peut être si simple !

Radio Camino

mai 10, 2016

L’une des particularités du Camino est que les gens deviennent (sont devenus et seront toujours) à la fois médiums et légendes.

J’ai rencontré des gens et leurs histoires qui m’étaient jusqu’alors inconnus.

Je connaissais déjà d’autres par les récits d’autres Peregrinos, jusqu’à ce que je les rencontre vraiment ou que je ne les connaisse toujours pas.

Par exemple

Tu connais le Hollandais qui parle six langues et qui voyage depuis trois mois ? (et il vient de Hollande – il a donc déjà parcouru 2000 kilomètres) ?

Ou la jeune (et délicate) fille du Tyrol, avec un sac à dos de 20 kilos ?

Ou le Peregrino Alternativo avec des chaussures en cuir italien pour accompagner la veste assortie et un sèche-cheveux dans les bagages ?

Ou le Coréen qui s’est évanoui en courant et a été « réveillé » par le Peregrino qui le suivait ?

Ou l’ultramarathonien de 64 ans ?

Ou le Stuttgartois de 70 ans avec une bybass et une démence ?

Ou la bachelière de 18 ans ?

Ou l’Italien qui a commencé quelque part en Pologne, puis a marché jusqu’à Rome, se dirige actuellement vers Saint-Jacques-de-Compostelle et veut ensuite aller quelque part en Norvège ??

et et et …

Stay tuned for radio camino !

Dors, marche, mange, répète...

mai 12, 2016

C’est tous les jours la même chose, mais différemment. Et je commence à trouver mon rythme.

Parfois seul, parfois avec le cercle intérieur des « Peregrinos mañana ». Chaque jour, je me sens bien et juste. Je ne sais pas où je vais échouer le soir avec qui, mais je suis toujours bien entourée.

Eh bien, aujourd’hui, il s’en est fallu de peu… cela s’est passé à peu près comme suit :

Nous sommes arrivés lundi à Santander et sommes descendus tous les quatre à l’hôtel de manière décadente (style Peregrino Alternativo… 25€ par personne). Nous voulions faire la fête et ne pas éteindre les lumières de l’auberge à 22 heures (comme c’est la loi du Peregrino).

Fête, le lundi : super idée.

Mais comme souvent, les choses sont venues à nous automatiquement et dans ce cas, c’était le meilleur bar que la ville nous offrait ce jour-là. Baby-foot, fléchettes, étudiants Erasmus et Cuba Libre, un mélange propre.

Là-bas aussi, nous avons bien tenu le coup et sommes ensuite allés à la plage jusqu’à 3 heures du matin.

Le plan pour mañana : faire du surf.

Nous avons dormi royalement jusqu’à 7 heures (rythme de Peregrino…)

Et puis : surfer sans vagues… hmmm.

Bon, alors on s’est contenté de se prélasser sur la plage jusqu’à midi.

Mais ensuite, le Camino nous a appelés et nous nous sommes mis dans l’ambiance du départ.

Mais cette fois-ci, l’itinéraire ne devait pas suivre la flèche jaune toujours utile (les chemins de Saint-Jacques sont tous équipés de ce genre de panneaux indicateurs de manière relativement sûre pour les idiots), car nous n’avions pas envie de traverser à nouveau la triste zone industrielle, mais plutôt de longer la côte.

« Nous arriverons bien » nous sommes dit… c’était magnifique !!!

Mais sans orientation et par monts et par vaux le long de la falaise. Il était de plus en plus tard et nous avons repris la direction du Camino.

Arrivés à un plan de la ville, nous avons réalisé qu’il était déjà 18h00 et qu’il nous restait 10 km à parcourir jusqu’à la prochaine auberge. « Ça risque d’être juste », avons-nous pensé.

A ce moment-là, une Espagnole nous a gentiment klaxonné de derrière et nous a demandé où nous allions.

Quand nous avons répondu, son index a d’abord pointé vers son front, puis vers la banquette arrière.

Tout petits mais infiniment reconnaissants, nous avons pris place et nous sommes laissés transporter à l’endroit souhaité à une vitesse de fusée pour nous.

Ce n’était pas sur son chemin, mais c’est une Espagnole serviable…

Arrivés à l’auberge, nous avons réussi à obtenir les deux derniers lits libres. Nous étions complètement épuisés et reconnaissants !

Une belle auberge, confortable et propre. En plus de cela, nous avons rencontré deux pèlerins connus et quelques Français nous ont encore offert de la nourriture faite maison.

Et ça s’est amélioré quand deux Espagnols plus âgés ont reçu une guitare de la mère de l’auberge et ont fredonné à tue-tête et à pleine voix quelques chansons populaires espagnoles dans le style le plus classique qui soit.

Magnifique !

La randonnée est la plus belle façon de voyager

mai 14, 2016

Je m’approche d’un endroit et je suis curieux de voir ce qu’il y aura là-bas.

Je suis à cet endroit et je découvre ce qui s’y trouve.

Je m’éloigne de l’endroit et je pense à ce qu’il y avait là-bas.

Et tout cela à une vitesse qui n’est pas habituelle pour moi.

Et puis, le prochain endroit arrive déjà…

Et encore une chose : je peux être sûr que le prochain endroit qui viendra à moi apportera quelque chose de nouveau et de bon !
L’idée que je puisse parcourir la distance qui me prend environ cinq semaines à pied en une journée en voiture, en train, en bus ou en avion est un peu folle !

Mais j’ai compris pourquoi je fais ça.

Parce que je peux le faire !

mai 16, 2016

La glande torsadée et son enfant

Voici un petit supplément sur le thème « la randonnée est la plus belle façon de voyager ».

Et plus précisément, il y a deux autres aspects fascinants.

La première est l’exercice physique.

L’autre l’étonnant flux de pensées.

La biochimie du corps est ici le lien.

En effet, en marchant à un rythme cardiaque légèrement plus élevé, non seulement l’appareil locomoteur est renforcé, mais le métabolisme des graisses est également entraîné. De plus, le cerveau fatigué commence à produire d’énormes quantités d’endorphines. Dans le cas d’une randonnée en solitaire, je me fais de bonnes idées et dans le cas d’une randonnée à deux, également, mais avec un échange communicatif.

Super !

J'ai abandonné !

mai 16, 2016

Vers 6 heures, le domino du réveil matinal commence – le premier qui tripote ses bagages réveille les autres.

Ensuite, chacun prend son petit déjeuner dans son propre style et à son rythme, un petit au revoir à la « buen camino » et c’est parti.

Certains courent en groupe, d’autres seuls – comme moi la plupart du temps.

Cela prend environ un ou deux bars (une unité de temps et de distance habituelle sur le Camino), puis je rencontre des peregrinos bien connus et/ou nouveaux et nous prenons le premier, deuxième ou troisième petit-déjeuner ensemble.

Généralement composé de Cafe con leche e croissant.

Ensuite, nous continuons à marcher dans la formation de randonnée existante ou nouvelle.

Ici, un arrêt devant un spectacle naturel impressionnant ou là, un arrêt dans le bar le plus proche, mais peut-être aussi un pique-nique.

Je me laisse simplement guider par le Camino… « et kütt, wie et kütt » dit le Rhénan (bien que je n’ai encore rencontré aucun d’entre eux ici, NOCH !).

Mais je peux être sûr que je rencontrerai à nouveau au moins une connaissance au plus tard lorsque je m’enregistrerai dans l’albergue suivante.

Chacun marche pour sa propre raison, à son propre rythme, à sa propre distance, son propre camino. Et c’est à chaque fois une surprise (je ne sais pas qui je vais rencontrer) et une joie, parce qu’ensuite on réfléchit aux expériences communes et personnelles de la journée ou on écrit de nouvelles histoires.

J’ai donc renoncé à croire que je ferais le Camino toute seule et que je rencontrerais de nouvelles personnes chaque jour.

Après tout, la direction des Peregrinos est claire : Saint-Jacques-de-Compostelle.

On peut donc s’y rencontrer de temps en temps.

Seule la destination varie, en fonction du temps dont disposent les gens.

Cependant, c’est agréable d’avoir un groupe de personnes connues autour de moi, avec lesquelles je partage des conversations intéressantes, je cuisine ensemble, je vais au restaurant ou j’explore les environs.

Aujourd’hui, par exemple, je voulais courir 10 kilomètres de plus, mais une bière, la dynamique de groupe et un hébergement vraiment génial (une petite maison avec cuisine, salle de bain, jardin, service de blanchisserie et lien familial avec des gens accueillants) m’ont fait changer d’avis.

Il y avait un menu surprise composé du contenu comestible des sacs à dos des pèlerins, plus un supplément de la mère de l’auberge.

Mañana, c’est encore un jour.

Je le savais !

mai 17, 2016

Et ce, dès le matin au réveil : Aujourd’hui, je dors dans la tente !

Mais je m’attendais à autre chose. C’est comme ça, les attentes…

Un super petit déjeuner en commun dans l’auberge idyllique et autosuffisante de six personnes : du porridge avec des fruits frais et du café, puis une petite secousse et c’est parti.

Aujourd’hui, c’était enfin « Camino solo », ce qui signifie : je me mets en route tout seul.

C’était un paysage magnifique qui défilait lentement devant moi et j’avais assez de temps pour moi et la nature.

Après quelques heures de marche, j’ai eu un petit creux et la magnifique petite ville appelée Ribadesella est arrivée à point nommé.

Je me suis assise dans un café et j’étais à nouveau prête à avoir de la compagnie.

3, 2, 1…. une partie de mes caminocumpañeros Paul, Mark, Merle et Jessica étaient assis à côté de moi.

Nous avons mangé et partagé la route pendant un moment.

J’ai couru les 18 derniers kilomètres avec Jessica et Merle. Et quelque chose a mal tourné (peut-être était-ce dû à la belle route le long de la côte), car tout à coup il était 18h00, l’auberge était à 5 kilomètres et il n’y avait plus qu’un lit de libre (Radio Camino nous avait déjà informés de la situation).

Nous avions vécu beaucoup de choses ensemble ce jour-là et nous voulions finir la soirée ensemble, alors après avoir bu une bière pour nous concerter, nous avons pris la décision de nous mettre sur la route, le pouce tendu.

Trois voitures plus tard, une gentille espagnole nous a (bien sûr) pris en charge – trois pèlerins puants avec des bagages dans une petite voiture pleine à craquer, muchas muchas gracias !

Quand nous sommes arrivés à l’auberge, une des dames a pris le lit libre, l’autre un canapé libre et j’ai enfin pu monter ma tente.

Après tout, je ne voulais pas traîner ces 2 kilos (matelas gonflable compris) pour rien pendant les 400 derniers kilomètres.

Stefan, Mark et Katharina nous attendaient déjà à l’auberge et nous avons terminé la soirée dans un restaurant à 2 km de là. Nous avons mangé à satiété pour 9 euros par personne !

Un sentiment de joie, de plaisir et de gratitude s’est répandu !

Une nouvelle étape...

mai 21, 2016

Bien sûr, le Camino est différent chaque jour… le paysage, les auberges, les expériences, les gens… mais depuis aujourd’hui, c’est différent.

Le groupe complet de pèlerins déjà attachés, qui marchait parfois un jour avant ou après moi, ou avec moi, mais qui se retrouvait quand même d’une manière ou d’une autre à intervalles irréguliers, s’est dissous.

Pour des raisons de changement de plan, de suivi de plan ou de contraintes de temps.

Et pourtant, je me sens à nouveau profondément reconnaissante d’avoir suffisamment de temps pour profiter du voyage à mon rythme.

Je vais faire de nouvelles rencontres et j’apprécie aussi le fait d’être seule. Je me rends compte de plus en plus de ce qui me manque : ma famille, mes amis et la musique !

Grâce à cette étape aux paysages excessivement peu attrayants, j’ai pu me consacrer entièrement à la musique, malheureusement uniquement de conserve.

Mais ça a déchiré !

Et pendant ce temps, je pouvais penser intensément à ma famille et à mes amis.

Le Camino a donc remis les pendules à l’heure et a conclu la journée de manière très positive.

Un logement de grande classe

mai 23, 2016

40 km, m’a recommandé le guide de pèlerinage malin de Cordula… elle est folle !

J’ai décidé de ne rien entreprendre et j’ai fait un pèlerinage dans la journée, peut-être que ce sera 20 km ou 25 km.

Mais le temps invitait à courir et le parcours était beau et varié à travers les forêts, les petits villages et le long de la côte. Cordula a écrit que j’avais probablement survécu aux grandes villes et qu’il n’y avait maintenant plus que des terres vertes et des côtes bleues.

Elle devrait avoir raison.

Il était de plus en plus tard et le temps ensoleillé m’a invité à camper dans un endroit particulier : une petite crique avec une falaise. Excellent.

C’est un peu comme ça que je l’imaginais.

Une légende de pèlerin !

mai 24, 2016

Aujourd’hui, un petit homme ridé et chaleureux m’a accueilli dans une albergue.

Il m’a montré les choses les plus importantes : le lit, la salle de bain, le distributeur de boissons.

Lui-même dormait dehors dans sa tente et j’ai décidé de monter ma tente à côté de la sienne. (Une nuit sans orchestre de ronflements n’a vraiment pas de prix !)

Je nous ai tiré deux bières fraîches et il a dit qu’il s’appelait Antonio.

Une petite bière bien fraîche comme ça après une longue journée de marche dans la nature a un goût environ 100 fois meilleur que d’habitude – c’est comme le thé de l’auberge de jeunesse, on se demande toujours pourquoi il a si bon goût ? Le secret réside dans le fait de faire de l’exercice toute la journée et d’être récompensé le soir.

Bref… après quelques minutes de communication mélangée entre l’anglais, l’espagnol, la main et le pied, il m’a présenté un article de journal d’un journal allemand.

L’article décrivait son histoire.

José Antonio Garcia Calvo est le seul à avoir survécu à un naufrage en 1998, parmi 17 hommes, et depuis il est en errance.

Il avait déjà parcouru un fantastique 106 000 km (dont 20 000 km à vélo).

Il a donc déjà fait plus de deux fois le tour du monde en pèlerinage, au Népal, en Amérique du Sud, en Europe…. incroyable !

Quand il a couru à Rome, il a eu une conversation avec le pape et au Tibet, il a séjourné cinq jours chez le dalaï-lama…

Ouah !

Et en ce moment, il travaille trois semaines comme père d’auberge.

Ensuite, bien sûr, il se dirigera vers Saint-Jacques de Compostelle, puis vers son pays natal, Cadix, et après cela, il ne saurait pas encore où se dirigerait son pèlerinage. (Let’s see what mañana brings).

Une rencontre très spéciale !

Quand il m’a souhaité un « Buen Camino », j’ai eu la chair de poule.

La première bulle !

mai 26, 2016

Après avoir merveilleusement bien dormi, j’ai rassemblé ma tente et mes sept affaires et j’ai eu une envie de marche incroyable.

J’avais juste besoin de ravitaillement.

Mais il n’a pas fallu longtemps pour qu’un bar pour le petit déjeuner vienne à moi et peu après un supermercado, toutes les réserves remplies et c’est parti.

Après quelques kilomètres, je suis arrivée à un carrefour avec deux panneaux indicateurs. Je décidai de prendre un chemin.

Et ensuite, c’était la montée pendant les deux heures suivantes (entre-temps, il y avait aussi des descentes, mais surtout des montées).

Puis je me suis rendu compte que c’était la montagne de 800 mètres que je voulais contourner sur la recommandation du guide du pèlerin… bon :

Toujours en avant, jamais en arrière.

Mais cet effort me faisait du bien et je pouvais être sûr que personne ne me dérangerait ici.

En arrivant à nouveau sur la côte, j’ai rencontré une pèlerine démotivée et à la recherche d’une albergue. La plus proche était à environ 10 km et nous nous y sommes entraînées mutuellement.

J’y ai retrouvé des pèlerins que je connaissais et que j’aimais bien, mais que j’étais sûr de ne plus revoir.

Quelle joie.

En plus de cela, j’ai eu deux surprises : j’avais marché 44 km ce jour-là et j’ai finalement eu une ampoule, sous la cornée, après environ 600 km ! (« Fascinant » comme aurait commenté mon vieux pote Mr. Spok à propos de cette curiosité).

Cette journée a été largement célébrée avec un menu de pèlerin et de bonnes conversations.

Un adieu temporaire à la côte

mai 27, 2016

Hop, plus que 200 km jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle…

Les distances que je franchis à pied deviennent relatives. Entre-temps, j’ai traversé le Pays Basque, la Cantabrie et les Asturies. Les parcours se distinguaient surtout par de beaux chemins côtiers et maintenant, les dernières étapes approchent.

Hasta luego, chère côte, nous nous reverrons à Muxia et Finisterre.

Maintenant, nous traversons l’intérieur de la Galice.

Et voilà, ici aussi c’est beau !

Le camino de Galice se caractérise par des paysages magnifiques et peu d’infrastructures, en termes de bars et de supermarchés.

Un avantage est un inconvénient – et vice versa.

Ce matin, j’ai fait une rencontre particulière. Se lever, faire ses affaires, prendre le petit déjeuner au café – raté… il était encore trop tôt. Eh bien, tant pis.

J’ai pris la route sans caféine pour m’aider à démarrer.

10 km avec une montée permanente à travers la montagne. C’était époustouflant, aussi bien la montée que le spectacle de la nature.

Le village que je laissais derrière moi était dans la brume, la rosée dégoulinait sur les feuilles, le soleil apparaissait, les oiseaux chantaient, les grillons gazouillaient, le ruisseau bruissait.

Et tout à coup, j’ai vu un panneau « Breakfast donativo » (ce qui signifie : tu as ton petit déjeuner et tu payes ce que tu veux).

Une femme m’a chaleureusement invité dans son jardin et m’a apporté un petit déjeuner avec du café, des toasts, de la confiture faite maison et des gâteaux.

En quelques minutes, je me suis sentie comme chez moi. Elle parlait très bien anglais, m’a montré sa maison et je l’ai aidée à faire la vaisselle.

Elle est arrivée sur le Camino il y a trois ans pour ralentir.

Elle a ensuite décidé d’acheter cette petite maison idyllique et de la rénover. Elle est peintre et accueille des pèlerins sur la base de dons.

J’aurais pu y passer toute la journée, mais au bout de deux heures, le Camino m’a appelé.

Je me suis assise dans le jardin pendant un moment et j’ai profité de l’instant.

Puis nous nous sommes quittés avec une chaleureuse accolade, elle a sonné trois fois la cloche au-dessus de la porte d’entrée et m’a souhaité un « Buen Camino ».

Buen Kamino

mai 29, 2016

C’était une journée de merde !

Hangover deluxe (grâce à une super soirée la veille avec une cérémonie de cuisine partagée & du vino tinto de la casa à 1,05 eur la bouteille jusqu’à 2h30 – j’ai constaté que mon foie grandissait proportionnellement aux muscles de mes jambes), pluie, pluie, pluie, pas d’argent, pas de distributeur, plus de nourriture, plus d’eau et ma cheville droite me faisait sentir chaque pas.

Le magnifique paysage forestier, y compris les sentiers inondés et mous de mousse, n’a rien arrangé.

L’étape ne faisait « que » 24 km de long. Mais dans ces conditions, ils avaient l’impression de faire 42 km…

Bon, assez pleuré. Je voulais juste documenter le fait que le chemin de Saint-Jacques n’est pas synonyme de gâteau aux fraises tous les jours.

MAIS : à la fin de la journée, bien sûr, tout est rentré dans l’ordre :

La gratitude et la satisfaction se sont répandues – petite auberge privée, 10 lits dont seulement quatre étaient occupés par des pèlerins connus et sympathiques, on m’a prêté un peu d’argent d’une pèlerine, il y avait un super repas avec du fromage fait maison, des boissons et une bonne cheminée, donc quasiment buen Kamino 😉

La fin est proche !

mai 30, 2016

Le nombre de kilomètres sur les panneaux indicateurs diminue, même le premier panneau de route vers Santiago apparaît.

J’ai l’impression que dans la société de pèlerins qui m’entoure, le besoin de terminer le chemin se fait plus pressant.

Une certaine excitation collective est dans l’air.

Moi aussi, je suis très attiré par Santiago – je veux y arriver, mais en fait non, parce que ce serait fini, ou alors il ne resterait plus que 100 km jusqu’au bout du monde européen, à Muxia et Finesterre.

Mes chaussures grincent à chaque pas et j’ai déjà repris mes chaussettes deux fois.

Ce n’est plus un pèlerinage pour moi, il s’agit de courir des kilomètres.

Le beau paysage vert a un effet inflationniste sur moi – après tout, il n’y a plus de côte ni de mer ici.

Et les précipitations élevées et permanentes minimisent le romantisme du pèlerin.

Je suis également impatient de voir comment cela se passera lorsque je rencontrerai des centaines d’autres pèlerins du Camino Frances, du Camino Primitivo et du Camino Plata à Arzua (de là, il reste encore environ 50 km).

Et bien sûr, ce qui m’attend dans la capitale des pèlerins devant le Seigneur. Une fête ? Clôture du pèlerinage ? Des milliers de pèlerins ? Le commerce des pèlerins ?

Je me laisse surprendre…

Peut-être que ce sera juste comme un grand festival sans musique correcte.

Eh bien, la Camino fera l’affaire.

One Beer - one stamp

mai 30, 2016

À 100 km de Santiago, le pèlerin qui souhaite obtenir un certificat / une Compostella a besoin de deux tampons par jour sur son Credential.

Tu peux trouver ces tampons dans une auberge ou dans un bar.

Comme nous avons croisé des milliers de pèlerins des différents chemins de Saint-Jacques aujourd’hui et qu’il y avait une ambiance de fête foraine, nous avons décidé d’aller chercher un tampon et une bière à chaque bar.

Nous avions cependant sous-estimé le fait que cette route offrait tout le confort commercial nécessaire aux pèlerins.

Nous avons donc parcouru les 25 km en 10 bonnes heures, profitant du flux de pèlerins à notre manière spéciale et spirituelle.

Nous avons été émerveillés par quelques déclarations de pèlerins sur d’autres pèlerins qui passaient devant nous, comme « ce ne sont pas de vrais pèlerins » ou « ils font transporter leurs bagages en bus » ou « Pah, ils n’ont fait que 100 km ».

Verdict ou pas, j’ai compris une fois de plus :

Chacun fait son propre camino !

Arrivé ?

juin 2, 2016

C’était une sensation étrange.

Les kilomètres fondaient, le tourisme ne s’arrêtait apparemment pas, au contraire : il y avait toujours plus de pèlerins… mais d’où venaient-ils tous ?

J’ai déjà parcouru 800 km à pied et j’ai passé les derniers jours dans le style mañana (une philosophie spéciale qui s’est développée au fil du chemin : aujourd’hui on marche et demain ? Demain, c’est mañana !)

Parfois, j’ai passé des heures ou des jours complètement seul le long des chemins de randonnée, parfois en compagnie de quelques pèlerins, parfois de plusieurs, que je choisissais ou qu’ils me choisissaient (ou le Camino ?).

Mais entre-temps, j’ai dû me frayer un chemin à travers les foules de pèlerins.

J’ai finalement atteint cette Santiago de Compostela, je me suis tenu sur la place de la cathédrale et c’était… terrible.

Commerce, commerce, commerce – eh bien, le chemin de Saint-Jacques est aussi un modèle commercial.

Et ce sentiment de rédemption et d’élévation dont j’ai entendu parler n’a pas eu lieu.

Ce n’est que lorsque je me suis assise dans mon albergue et que j’ai écrit à ma famille pour leur dire que j’étais arrivée à Santiago que j’ai été envahie par un sentiment accablant et indescriptible.

Cette ville n’était en aucun cas ma destination, c’était le chemin qui y menait.

Et je voulais continuer, aller à Finesterre, mais pas pour y brûler mes affaires (comme c’était la tradition de nombreux pèlerins avant moi), ni pour fumer mes chaussettes, mais pour parcourir les plages et surfer quelques vagues avec mon ami « Peregrino Alternativo ».

Mais avant cela, j’ai célébré ce temps merveilleux, mes découvertes personnelles et les bonnes discussions avec mes compagnons de pèlerinage.

D’abord avec une poignée de personnes dans un coin ensoleillé de la belle vieille ville, puis avec un groupe de plus en plus important de pèlerins avec qui j’avais moi-même partagé le chemin ou quelqu’un d’autre.

Je me réjouissais pour et à propos de chaque personne qui était avec nous.

Il y avait dans l’air une énergie et une magie particulières de satisfaction et de communion.

J’aurais pu passer une semaine de plus comme ça, mais le camino vers Finesterre m’appelait…

Arrivé !

juin 3, 2016

J’ai quitté l’auberge à une heure peu chrétienne comme à l’accoutumée et j’ai fait la queue pour recevoir la Compostella, tout en réfléchissant au quoi, au comment et au où d’aujourd’hui.

Je voulais aller au Finesterre, au bout du monde… là où tout pèlerin doit être allé une fois pour avoir vu le spectaculaire coucher de soleil sur la côte ouest.

Mais avant, j’ai dû aller dans un bar avec du café con leche, des croissants et du WIFI.

Ok, le petit déjeuner était devant moi, où voulais-je aller ? Et pourquoi ?

Finesterre doit être aussi bondé que Santiago et le romantisme du pèlerin m’a déjà été volé il y a 50 km par 1001 pèlerins pro. Cela fait un certain temps que je n’ai pas eu d’attentes concernant les expériences ou un lieu…

Et tout à coup, l’idée de passer les prochains jours avec ma merveilleuse femme dans une petite maison au bord de la mer s’est intensifiée. Je ne comptais pas lui rendre visite avant quelques jours, mais je suis sûr qu’elle n’y verrait pas d’inconvénient…

La pensée a été suivie par le changement, le clic pour commander le vol a suivi, le départ a suivi.

J’ai sellé les poulets et je me suis assise dans le train qui filait vers l’aéroport à une vitesse inhabituelle.

Quelques heures plus tard, j’avais parcouru des centaines de kilomètres et j’étais enfin arrivée, dans mon Santiago !

Un athée reste un athée !

juin 4, 2016

Sur le Camino, il y a toutes sortes de monuments monumentaux et de lieux de culte à admirer.

Elles sont vraiment impressionnantes et il y a tellement de traditions séculaires, d’artisanat et d’expérience dans ces constructions.

Cependant, je suis aussi confronté à l’histoire et à l’idéologie de la religion (quelle qu’elle soit) et, à mon goût, trop de sang dégouline des jointures de ces monuments.

Chacun devrait pouvoir trouver sa propre foi et pour moi, une chose est claire :

Je crois en l’amour, le reste viendra tout seul !

Merci...

juin 6, 2016

…pour cette expérience inoubliable et unique.

A ma santé, en particulier à mes pieds.

A ma famille et à mes amis !

A mes compagnons de route : Christiano, Mattheo, Lamberto, Stefan, Magic Merle, Olga, Bert, Paul, Giselle, Jessica, Marco, Wilfried, Yoshi, Bo, Simon, Kathrin, Katharina, Mark, Astrid, Eva, Mira, Dennis, Marc, Sebastian, Wolfgang, Antonio, Barbara, Achim, Christian, Nina, Philipp, Bego, Paul, Kurt, Nadine, Olli, Alexandra, Jenny, Basti, Harry, Janne, Rainer.

Aux pères et mères de l’auberge et à tous les Espagnols serviables.

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