Camino Francés - L'amour est la réponse
Le Chemin comme transformation : un aperçu d'expériences personnelles, de la magie du chemin et de la prise de conscience que l'amour est la réponse.

Le Chemin comme transformation : un aperçu d'expériences personnelles, de la magie du chemin et de la prise de conscience que l'amour est la réponse.

Récit du chemin de Compostelle par Johanna
Je savais depuis longtemps que je voulais parcourir le chemin de Compostelle. Peu à peu, cette idée s'est transformée en un véritable projet. Et je savais qu'une fois mon bac en poche, je me lancerais. Je ne sais toujours pas d'où m'est venue cette idée. Je n'ai lu le livre de Hape Kerkeling qu'au moment de préparer mon voyage.
Même si je ne sais pas exactement comment j’en suis venue à emprunter le chemin de Compostelle, je sais très bien pourquoi je tenais absolument à le parcourir : je voulais trouver Dieu. Je voulais savoir où il était, je voulais le rencontrer. C’est pour cela que je tenais absolument à partir seule, ni avec un groupe de voyageurs, ni avec des amis, ni même avec ma mère. J’avais sans doute peur de passer à côté de certains signes. Et puis, je voulais être obligée d’entrer en contact avec des inconnus.
Mes préparatifs ont principalement consisté à faire des achats (de nouvelles chaussures de randonnée, des sandales de randonnée de rechange, etc.). J'avais déjà beaucoup de choses.
Le guide touristique que j'ai acheté m'a été d'une grande utilité.
Pour me préparer, j'avais déjà consulté des informations à ce sujet et établi une répartition approximative des étapes (vraiment très approximative, car je ne savais pas du tout combien de kilomètres je pourrais parcourir chaque jour).
Je me suis également fait envoyer un carnet de pèlerin.
Il ne me restait plus qu'à organiser mon aller-retour : l'aller a été facile, mes parents étaient en vacances en France et m'ont conduit à Saint-Jean-Pied-de-Port. Je n'avais pas prévu le retour à l'avance, car je ne savais pas exactement combien de temps cela me prendrait. Je comptais réserver mon vol de retour une fois arrivé à Saint-Jacques-de-Compostelle.
Je n'avais vraiment pas fait grand-chose d'autre avant ça.
Pour moi, le quotidien sur le chemin de Compostelle était en principe toujours le même, mais pourtant différent chaque jour.
Le matin, j'ai rapidement fait mes bagages, pris un petit déjeuner léger, puis je suis parti. Et ensuite, j'ai marché, marché encore (en faisant plusieurs petites pauses de temps en temps).
À midi, j'arrivais dans le village suivant où je comptais passer la nuit. Là-bas, je commençais généralement par déjeuner, puis je prenais une douche (parfois dans l'ordre inverse) et je faisais une sieste.
L'après-midi, j'ai découvert le village ou la ville et j'ai visité des églises ou d'autres lieux.
Le soir, on dînait déjà, et après des conversations (tantôt courtes, tantôt longues) avec nos voisins de table, on allait se coucher pour dormir.
« Nous pouvons chercher Dieu avec notre raison, mais nous ne pouvons le trouver qu’avec notre cœur. »
J'ai trouvé Dieu dans mon cœur. Dieu, c'est l'amour. Lorsque nous donnons et recevons de l'amour, nous rencontrons Dieu. Lorsque nous nous entraidons et faisons preuve d'amour du prochain, nous rencontrons Dieu. Il est dans notre cœur. Certaines rencontres sont peut-être plus intenses que d’autres, et certaines passent même inaperçues, mais Dieu est toujours là. J’ai vécu ici, sur le chemin, une rencontre personnelle et intense avec Dieu lorsqu’on m’a témoigné de l’amour du prochain (voir journal, jour 15). J’ai déjà rencontré Dieu très souvent, mais je ne m’en étais tout simplement pas rendu compte auparavant. Le Chemin de Saint-Jacques devait m’aider à prendre conscience précisément de cela et a exaucé mon souhait.
J'ai également appris que rien n'arrive sans raison. C'est la volonté de Dieu. Même les événements difficiles ont un sens. On peut en tirer des leçons ou peut-être être préservé d'autres épreuves, même si on ne le comprend pas du tout sur le moment.
Même si parfois on n'en voit pas le sens ou que la situation semble désespérée : Dieu est toujours là.
Le chemin de Compostelle me reverra, c'est sûr, un jour ou l'autre !!
Le plus grand changement, que je suis le seul à pouvoir remarquer ou ressentir, c'est sans aucun doute le fait que je vois Dieu. Que je me rends compte qu'il se présente à moi au quotidien. Que je sais qu'il est là. Et que je sais qu'il était déjà là auparavant, dans les mêmes situations, mais que je ne l'avais tout simplement pas reconnu.
Peut-être suis-je même devenu encore plus positif que je ne l'étais déjà. Je sais que des choses terribles arrivent, mais je sais aussi que Dieu ne nous laisse pas seuls face à cela.
– pas de portable, mais un appareil photo (petit) pour prendre des photos
– Tenir un journal (j'aime bien relire tout ce qui m'est arrivé)
– prendre le temps de faire de la randonnée sans chercher à parcourir le chemin en un temps record

Remarque : voici mon journal intime original, que j'ai rédigé chaque jour pendant mon pèlerinage sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. J'ai légèrement raccourci certains passages. Il se peut qu'il y ait des fautes d'orthographe ou de grammaire. Bonne lecture !
Salut, c'est moi !
J'ai parcouru environ 30 km aujourd'hui en un peu plus de 7 heures. Je n'ai jamais eu de telles douleurs aux épaules que celles que je ressens en ce moment même. Si je savais comment faire, j'aimerais bien retirer tout ce qui est superflu de mon sac à dos. J'ai hâte de dormir comme une folle !
J'ai lu un jour que seuls 15 % des pèlerins qui partent de Saint-Jean-Pied-de-Port arrivent jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle. Je parie que les 85 % restants abandonnent dès la première étape. Si je n'étais pas complètement fou, je ferais de même. Mais je voudrais repartir demain matin avec mes nouveaux « amis ». Pour être honnête, je ne connais même pas encore leurs noms. En revanche, eux connaissent le mien et ont veillé à ce qu’il soit déjà scandé une ou deux fois aujourd’hui à travers les montagnes.
Mes amis, ce sont un Français de 46 ans avec son fils et le meilleur ami de ce dernier (tous deux âgés de 14 ans). Ce matin, après des adieux émouvants à ma famille, nous avons commencé notre randonnée. Peu après, j’ai croisé les Français et l’une des personnes les plus gentilles que j’aie jamais rencontrées (à savoir l’homme de 46 ans) m’a demandé si je voulais marcher avec eux. Après plusieurs kilomètres parcourus sous une pluie parfois battante, nous sommes arrivés dans un bar à Huntto. Là-bas, on m’a offert un coca et on m’a refilé deux sandwichs. À ce moment-là, je me suis dit : « Si ça continue à monter comme ça, alors Youpi ! ». Et ça continuait à monter. On dit que sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, on atteint ses limites physiques ; aujourd’hui, dès le premier jour, j’avais déjà l’impression d’avoir atteint mes limites et de les avoir dépassées depuis longtemps.
Nous étions à plus de 2 000 m d'altitude. Tout n'était que montagnes, et en plus, il pleuvait sans arrêt. Ces trois-là seront encore mes compagnons demain. Au monastère (où nous avons passé la nuit), après la messe, on nous a servi le meilleur repas qu'on puisse trouver pour 10 € : de l'eau et du vin rouge (à volonté), du pain et de la soupe (à volonté), des pâtes, puis une assiette avec trois escalopes de porc et des frites, et pour le dessert, un yaourt. Un régal !
Ensuite, se brosser les dents et au lit.
Salut, c'est moi !
Aujourd’hui, j’ai parcouru environ 21 km en environ 7 heures (avec de nombreuses pauses). Je suis actuellement assise sur mon lit mezzanine dans un dortoir de 8 lits, où je suis la seule femme à des kilomètres à la ronde. J'ai déjà pris mes trois Français dans mon cœur dès le deuxième jour. Au fait, le fils du quadragénaire s'appelle Elliot. C'est le premier prénom que j'ai réussi à retenir.
J'ai énormément mal aux épaules et j'ai une ampoule énorme au pied gauche. Encore une fois, on n'a pas du tout remarqué ce « soleil de ouf » qui était censé briller sur le chemin aujourd'hui…
Au contraire : une pluie battante.
Aujourd'hui, nous avons de nouveau traversé les Pyrénées, avec donc des montées et des descentes. Mais nous avons pu nous accorder de nombreuses pauses, parfois assez longues, car nous sommes partis très tôt ce matin. À 6 heures, nous avons été réveillés par des cris retentissants à l'auberge des pèlerins. À 7 heures, nous avons pris le petit-déjeuner, puis nous sommes partis sans attendre. Soit dit en passant : il faisait encore nuit dehors.
Notre premier arrêt a été dans un bar, où nous avons pris un verre de Coca bien frais. Je voulais nous offrir à tous les quatre un verre aujourd’hui, mais mon « papa pèlerin » (c’est comme ça que j’appellerai désormais cet homme de 46 ans) ne m’a pas laissé faire.
À un moment donné, nous avons fait une pause petit-déjeuner tardive. Au « Bar Juan », on pouvait désormais prendre un Coca et une demi-baguette au salami (délicieux). C’est encore une fois mon papa pèlerin qui s’en est chargé. Pendant la randonnée, mes douleurs aux épaules sont devenues par moments insupportables. Étonnamment, mes pieds tenaient le coup. Aujourd’hui, nous avons croisé plus de pèlerins qu’hier, dont plusieurs Allemands. Dès le deuxième jour, c’est un véritable calvaire. Mais dès le deuxième jour, les premiers effets secondaires se font déjà sentir. J’ai déjà réfléchi. À quoi exactement… je ne sais pas trop. On ne peut pas dire « bonne nuit » de manière plus charmante que le meilleur ami d’Elliot : Depuis son lit, il venait de murmurer « jo-ana ? » avec son accent français ; quand je l’ai regardé et que j’ai demandé « Oui ? », il m’a souri et m’a dit en me faisant signe de la main « Good night ».
Que Dieu t'entende : Bonne nuit !
Salut, c'est moi !
Aujourd’hui, j’ai couru environ 22 km en 6 heures. J’ai vraiment pris des couleurs, car aujourd’hui, le soleil s’est enfin montré ! Heureusement, il ne faisait pas trop chaud. C’était en fait parfait. En fait. S'il n'y avait pas ces douleurs aux épaules. Elles me font même oublier mes ampoules aux pieds. Ces fameuses ampoules viennent justement de me convaincre de marcher demain avec mes sandales.
Au fait, j'ai de nouvelles infos sur mes compagnons : mon « papa pèlerin » s'appelle François et le copain d'Elliot s'appelle Julien. On a encore marché ensemble aujourd'hui et on s'est bien amusés. François a une nouvelle fois prouvé aujourd’hui à quel point il est serviable en aidant plusieurs pèlerins à mieux supporter leurs douleurs. Cet homme est vraiment un phénomène. Le « phénomène » et moi, d’ailleurs, nous poursuivrons notre chemin seuls à partir de demain, car Elliot et Julien ont été récupérés aujourd’hui par la maman d’Elliot.
Auparavant, Julien avait échangé son sac à dos avec le mien, sur la suggestion de François. François pensait que mes douleurs aux épaules venaient du fait que mon sac à dos était trop grand pour moi. J'ai donc maintenant le sac à dos de Julien. C'est un vrai bonheur et je lui en suis infiniment reconnaissante. L'auberge de pèlerins où nous passons la nuit à Pampelune est immense, mais propre, belle et moderne.
François sait que je suis en quête de Dieu et m'a fait remarquer ce qui suit : il a dit aujourd'hui que Dieu est en réalité partout où des gens viennent en aide à leurs semblables. Et c’est aussi la raison pour laquelle il se montre si serviable. Il a dit que les gens s’entraident à cause de Dieu. Même si le mot n’a pas été prononcé dans son explication en anglais, je savais qu’il faisait référence à l’amour du prochain.
J'ai pleuré pour la première fois aujourd'hui. Je ne sais pas pourquoi.

Salut, c'est moi !
Aujourd'hui, j'ai couru 24 km (ça m'a semblé beaucoup plus, mais bon) en environ 6 heures et demie.
J'ai les pieds en feu et ma jambe gauche me fait un mal de chien. Je peux à peine la bouger. C'est pour ça que j'ai dû faire énormément de « petites pauses » aujourd'hui. J'ai dû me séparer de François aujourd'hui, car ses pieds ne tenaient plus le coup. Après une nuit très courte (c'était incroyablement bruyant), nous nous sommes levés ce matin à 6 heures, et il m'a tout de suite dit qu'il devait abandonner. Puis il a quand même voulu essayer, alors nous avons pris un petit-déjeuner rapide avant de repartir.
Il faisait très chaud aujourd’hui et on voyait bien, chez tous les pèlerins, que la chaleur ne facilitait pas vraiment la marche. À peu près à mi-chemin, François n'en pouvait plus. En guise d'au revoir, il m'a offert une pommade, m'a donné ses coordonnées et a essayé de m'expliquer pour la centième fois ce qui pouvait m'arriver si je me mêlais aux mauvaises personnes.
J'ai donc continué tout seul.
Les sandales que je portais à la place de mes chaussures de randonnée ont fait des merveilles. Sans cette douleur dans ma jambe gauche, marcher m'aurait sans doute semblé vraiment facile. Quand je serai à Cologne, je commencerai par remercier la vendeuse qui m'a refilé ces sandales.
Mais maintenant : NACHTI !
Salut, c'est moi !
J'ai réussi à parcourir 7,1 km. Et aujourd'hui, ça a vraiment été un calvaire à cause de ma jambe. Je me demande quand ces douleurs vont enfin disparaître. En plus, il faisait encore une fois assez chaud aujourd'hui.
Comme je faisais une pause tous les 100 mètres (ou du moins, c'est ce qu'il me semblait), j'ai couru presque tout seul. Dans ce village où je me trouve actuellement, il n'y a pratiquement rien. On peut en fait faire le tour du village en deux minutes, tellement il est petit. Une fois arrivé ici, je me suis d'abord offert une glace dans le seul « magasin » que j'ai vu. Je suis maintenant allongé dans mon lit à l'auberge. J'espère que la douleur aura disparu demain.
Salut, c'est moi !
La douleur dans la jambe gauche n'a bien sûr pas disparu. J'ai quand même continué à courir.
À Viana, j'ai pris mon petit-déjeuner sur la petite place du village, puis j'ai parcouru la ville à pied. La plupart des magasins étaient encore fermés, et l'auberge encore plus, et comme j'avais déjà fait le tour de la ville, j'ai décidé, après une brève hésitation (à cause de ma jambe), de continuer à pied jusqu'à Logroño. 10 km, ce n'est pas beaucoup, mais avec ma jambe, ça l'est.
Pour me changer les idées, j'ai chanté en boucle tout le dernier album d'Helene Fischer pendant ma course.
Heureusement, le parcours était relativement plat. Une fois enfin arrivé à Logroño, après une petite sieste et une douche, je suis allé visiter la cathédrale et la ville. Je suis passé à la pharmacie pour ma cuisse et on a encore voulu me refiler du Voltaren, mais ça ne m’avait pas aidé. La pharmacienne m’a alors donné un spray. J'espère que ça va marcher ! Logroño me plaît bien. Le centre-ville est charmant, avec de très belles galeries marchandes.
Au fait, mes voisins de lit sont deux garçons très drôles qui viennent de Bulgarie !
Bonne nuit !
Salut, c'est moi !
J'ai couru 12,4 km aujourd'hui malgré ma jambe… Je me demande justement comment j'ai réussi à le faire.
Le parcours d'aujourd'hui était très agréable : il longeait une grande allée à travers un parc et une forêt, et passait au bord d'un grand lac. J'ai couru un peu avec un Néerlandais aujourd'hui, et une grande partie du parcours avec un Anglais qui habite pourtant à Francfort et qui parlait donc bien l'allemand. À un moment donné, nous nous sommes séparés, car je ne pouvais pas suivre son rythme à cause de ma jambe. Les fontaines le long du parcours valent vraiment leur pesant d'or quand il fait chaud !
À un moment donné, je suis arrivé devant une cabane en bois où était assis Marcelino. Mon guide touristique le mentionnait, et c’est d’ailleurs là qu’il a signé mon carnet de pèlerinage. Il reste donc assis là toute la journée, à discuter avec les pèlerins, à distribuer des tampons et à offrir des petites collations. Une véritable attraction. Il y avait justement à côté de Marcelino un jeune Italien qui me traitait comme si j’étais la fille qu’il avait cherchée toute sa vie et qu’il venait enfin de trouver. Je l’ai trouvé drôle. Malheureusement, on n’arrivait pas vraiment à se comprendre… Dommage… Sinon, on serait probablement devenus le nouveau couple de rêve. ;)
Une fois arrivés à Navarette, nous nous sommes rendus à l'auberge de Michael, un Allemand qui accueille des voyageurs ici. C'est très sympa ici !
C'est là que j'ai fait la connaissance de Werner. Son histoire est incroyable : il est parti de Stuttgart en avril, a marché jusqu'à Santiago et en est actuellement à sa 101e (!!) étape sur le chemin du retour !
Sinon, il y a aussi deux filles sympas venues d'Italie qui partagent ma chambre ! Elles s'appellent Alessandra et Elena et m'ont emmenée en « ville ». Il y a aussi deux garçons dans notre chambre, mais aucun d’entre nous ne sait d’où ils viennent. Elena s’intéresse à celui qui a les cheveux longs. On vient de discuter de la meilleure façon pour elle de l’aborder. Elena leur a directement demandé s’ils voulaient dîner avec nous. Et ils ont dit « oui » !
Au fait, ces deux-là viennent du Danemark, comme nous le savons désormais. Ce fut l'une des soirées les plus amusantes que nous ayons passées jusqu'à présent sur le Camino.
À l'auberge, on a bien mangé, bu du bon vin et rencontré des gens sympas. Les deux Danois, Alessandra, Elena et moi étions assis à côté de deux Américains, Werner et trois autres Allemands. Chacun a parlé de son pays et de sa culture.
Salut, c'est moi !
Aujourd’hui, j’ai couru 17,3 km malgré ma jambe. À part la douleur (qui s’atténue très légèrement ou à laquelle je commence peu à peu à m’habituer), ça s’est étonnamment bien passé. J'ai certes fait à nouveau beaucoup de petites pauses, mais j'ai maintenu un rythme assez soutenu. C'était peut-être aussi parce qu'il n'y avait pas de soleil aujourd'hui ! J'ai pu laisser mon chapeau dans mon sac à dos toute la journée ! Il faisait quand même chaud, mais moins que d'habitude.
Une fois arrivé ici, j'avais bien sûr quand même les pieds en feu. J'aime bien Najera. C'est un petit village avec de nombreux grands complexes sportifs et une rivière enjambée par plusieurs jolis petits ponts. Ma sieste de midi a été assez longue et je vais me coucher tôt ce soir. Je suis vraiment crevé.
Bonne nuit !
Salut, c'est moi !
J'ai parcouru 22,8 km aujourd'hui. Les douleurs étaient de nouveau bien présentes. Mais est-ce que je vous ai déjà dit que mes douleurs à l'épaule avaient complètement disparu et que je ne sentais absolument plus mes ampoules ? Marcher pourrait être vraiment relaxant.
Aujourd’hui, il y avait beaucoup de montées et de descentes. Une étape vraiment éprouvante ! En revanche, j’ai revu l’Italien. On a réessayé de communiquer, mais on n’arrivait tout simplement pas à se comprendre. Puis j’ai rencontré Johanna (hé hé), qui vient des environs de Francfort, ainsi qu’une de ses amies autrichiennes. Quelques jours plus tôt, elles avaient lu dans le livre d’or d’une église une inscription d’une certaine Johanna de Cologne et elles ont trouvé ça extrêmement drôle de me rencontrer maintenant. Ce qui était également drôle aujourd’hui, c’est ce qui suit :
Un groupe de randonneuses espagnoles s’est vraiment bien amusé aujourd’hui : elles ont chanté et fait les folles tout au long du chemin. Lorsqu’elles sont tombées sur un immense champ de paille au bord de notre chemin de terre, elles se sont laissées tomber dans la paille et ont invité chaque pèlerin qui passait à faire lui aussi une pause dans la paille. À un moment donné, nous étions facilement une vingtaine de pèlerins allongés dans la paille. Puis, chacun a crié « paille » dans sa langue, et tout le monde a lancé de la paille en l’air. Il y avait des gens venus d’Espagne, de France, de Corée et d’Allemagne. Une pause très divertissante.
Puis on a continué notre route. Il y a eu un moment aujourd’hui, en chemin, où je n’aurais rien souhaité de plus qu’une Kölsch bien fraîche !
Malheureusement, il est tout à fait impossible d'en trouver ici. L'auberge d'aujourd'hui ressemble à celle de la première nuit : elle est immense et peut accueillir environ 210 personnes. Je suis bien sûr aussi allé visiter la célèbre église de Santo Domingo, celle où se trouve le coq.
Salut, c'est moi !
Mes pieds ont atteint leur paroxysme de douleur. J'ai couru 23 km aujourd'hui. J'ai désormais trouvé un rythme qui me permet de courir malgré la douleur à la cuisse. Ça marche plutôt bien.
J'aime beaucoup cette auberge : les lits sont confortables et les salles de bains sentent le thé glacé. Il y a même une piscine, mais une fois de plus, le soleil ne brille pas et il fait même plutôt froid que chaud. En marchant aujourd'hui, j'ai encore beaucoup réfléchi. Ici, on a des pensées qui ne pourraient jamais surgir dans la vie de tous les jours. C’est vraiment génial. Le « quotidien » ici se résume en fait à ça : se lever, marcher, dormir, prendre une douche, manger et dormir à nouveau.
C'est justement ce que je vais faire maintenant !

Salut, c'est moi !
Après mûre réflexion, j'ai décidé de m'accorder cette fois-ci sérieusement un ou peut-être même deux jours de repos pour laisser une chance à ma cuisse de « guérir ». J'ai donc pris le bus aujourd'hui pour un court trajet et je suis maintenant à Burgos. Quelle magnifique cathédrale !!! Du moins de l’extérieur… À l’intérieur, ce n’est pas vraiment exceptionnel. Et j’espère que demain, ça ira mieux.
J'ai actuellement exactement 110 piqûres de moustiques ! Surtout sur les bras. Ils sont complètement couverts. Je crois que c'est mon record personnel ! Mais bon, je vais d'abord dormir...
Salut, c'est moi !
J'ai couru 22,1 km aujourd'hui. Et voilà ! Je n'ai plus mal à la jambe !!! Bon… peut-être un tout petit peu, mais je vais faire comme si de rien n'était.
Le soleil est de retour ! Et comment ! Et les piqûres de moustiques sont toujours là. Et comment ! Ça me démange comme jamais. Mais sinon, tout va bien.
Je viens d’avoir une conversation avec une jeune Allemande qui m’a vraiment fait réfléchir. Elle a déjà vécu une rencontre personnelle avec Dieu et vient de m’en parler. Je ne vais toutefois pas entrer dans les détails ici. Je me contenterai de dire ceci : elle a rencontré Dieu alors qu’elle traversait une période très difficile et qu’elle était complètement désespérée. Peut-être que je ne rencontrerai pas Dieu ici, au cours de ce voyage, justement parce que je vais bien. En tout cas, cela mérite réflexion. Je continue d’espérer une rencontre personnelle, mais j’aurais désormais en tout cas une explication plausible si cela ne devait pas se produire…
Ce soir, j'ai dîné avec un charmant couple de personnes âgées originaire du Canada (Bryan et Martha) et une jeune fille de 17 ans venue de Colombie. Nous nous sommes incroyablement bien amusés. Bryan a parcouru ce chemin l’année dernière pour la même raison que moi. Il a trouvé Dieu dans son cœur. La jeune fille parcourt ce chemin pour se découvrir elle-même. Quand je lui ai dit que je voulais trouver Dieu, elle m’a répondu : « Peut-être que c’est la même chose… »
Encore une conversation qui donne vraiment à réfléchir. Aujourd'hui, j'ai beaucoup appris sur la quête de Dieu. Ça continue demain.
Bonne nuit !
Salut, c'est moi !
Ahh ! J'ai couru 32,3 km aujourd'hui ! Et pour l'instant, je n'ai même pas mal nulle part. Juste après la course, j'avais certes mal aux pieds et un peu aux épaules, mais là, tout va super bien.
Je suis parti tout seul à 6 heures. Je ne suis pas resté seul bien longtemps, car Marianne m'a rapidement rejoint. C'est la jeune Allemande qui a dormi dans le lit en dessous du mien la nuit dernière et avec qui j'ai déjà bien discuté hier. C'est désormais ma nouvelle amie !
Aujourd'hui, on a marché toute la journée ensemble, on a fait une pause et mangé ensemble, et on est maintenant allongés côte à côte dans notre nouvelle auberge. Sans elle, je n'aurais CERTAINEMENT pas marché aussi loin aujourd'hui.
On a discuté toute la journée et on s'est vraiment bien amusés. Je l'aime bien ! Elle a d'ailleurs 27 ans et c'est quelqu'un de très positif. Je crois qu'on ne se cherchait pas vraiment, mais heureusement, on s'est trouvés.
Aujourd’hui, c’était sans doute la journée la plus chaude que j’ai vécue jusqu’à présent sur le Camino. Surtout parce que, la plupart du temps, il n’y avait pas un seul arbre pour nous offrir un peu d’ombre. C’est pourquoi on était d’autant plus heureux quand on pouvait acheter des boissons fraîches quelque part ou trouver une fontaine. J'ai encore plus de piqûres de moustiques. Et les anciennes ont encore grossi. Mais ça va.
BONNE NUIT
Salut, c'est moi !
J'ai couru 29 km aujourd'hui ! Même si on avait déjà beaucoup couru hier et malgré la chaleur accablante d'aujourd'hui !
Le tronçon entre Burgos et León (d'après ce qu'on m'a dit aujourd'hui) est le pire de tout le parcours ! On marche vraiment très longtemps (plusieurs kilomètres) sans voir un seul arbre qui fasse de l'ombre. Marianne et moi sommes parties vers 7 heures ce matin (même si le réveil a sonné dès 5 h 30). Nous avons beaucoup marché aujourd’hui avec Emma (24 ans), qui vient de Paris. On va sûrement la revoir demain. Elle est vraiment sympa et très bavarde. Ce qui nous a frappées, Marianne et moi, aujourd’hui : il y a beaucoup moins de pèlerins sur la route depuis hier, et cela peut très bien s’expliquer (comme l’a dit Emma) par le fait que beaucoup sautent le tronçon entre Burgos et León. Pas nous !
Marianne et moi nous entendons vraiment bien et nous sommes actuellement allongées côte à côte à l'auberge, où il n'y a que deux autres pèlerins en plus de nous. Il fait toujours une chaleur insupportable. On va bientôt percer une de mes ampoules. Bon, c'est Marianne qui va le percer. D'ailleurs, pour une fois, je n'ai vraiment mal nulle part ! Je crois que mon corps s'est habitué à la randonnée ! Tout va bien !
Bonne nuit

Salut, c'est moi !
Commençons par le plus important : j'ai rencontré Dieu d'une manière bien particulière aujourd'hui !!
En somme, ça a été une journée vraiment très folle aujourd’hui, et Marianne et moi sommes complètement épuisées (il n’est que 20 h 30). En effet, avec tout le chaos qui régnait ici aujourd’hui, nous n’avons pas eu le temps de faire la sieste. C’est pourquoi ce billet sera plus court aujourd’hui, même s’il y a énormément de choses à « raconter ».
Autant vous le dire tout de suite : je suis allongée dans mon lit en ce moment, vêtue uniquement de vêtements dont aucun ne m'appartient.
Mais commençons par le commencement : après nous être levées, Marianne et moi sommes parties courir, et dès le matin, on sentait déjà que la journée allait être très chaude.
Sinon, la randonnée s'est déroulée comme d'habitude : on s'est vraiment bien amusées toutes les deux. Marianne adore raconter des histoires et j'aime beaucoup l'écouter, car à travers chacune de ces anecdotes tirées de sa vie, elle cherche à me transmettre un message utile pour mon propre parcours. J'ai déjà énormément appris d'elle.
Aujourd'hui, nous avions devant nous LE tronçon (comme on dit) le plus difficile du Camino, car il s'étend sur pas moins de 18 km à travers la Meseta, sans aucun village, aucune fontaine ni aucune ombre.
C'est là que le chaos a commencé à l'auberge :)
Nous y avons fait la connaissance de Verena (la cinquantaine bien avancée), originaire d'Autriche, et nous avons discuté avec elle. Tout semblait encore tout à fait normal, mais nous avons vite remarqué que cette femme n'était pas comme les autres :)
Marianne soupçonnait en effet que mes piqûres, qui ne se trouvaient que sur mes bras et mes pieds, n'étaient pas des piqûres de moustiques, mais provenaient de ce qu'on appelle des « bedbugs » (punaises de lit).
Nous étions justement en train de chercher sur Google, avec le portable de Marianne, ce qu'étaient exactement les punaises de lit, quand Verena s'en est aperçue.
Marianne et moi avions déjà prévu de laver toutes mes affaires, y compris mon sac de couchage, dans la machine à laver, afin de pouvoir éliminer les punaises de lit s'il en restait. Mais nous pensions qu'il était plus probable que les punaises ne se trouvent que dans un seul lit et qu'il n'y en ait pas dans mes affaires, car je n'avais plus eu de nouvelles piqûres depuis 4 ou 5 jours.
Bref, en tout cas, Verena a remarqué la présence de punaises de lit et, à partir de là, il était trop tard. Après avoir jeté un coup d’œil à mes pieds, elle était sûre à 100 % que ça venait des punaises de lit et m’a dit que je devais laver toutes mes affaires (à la machine à laver), sinon j’allais propager ça et d’autres pèlerins allaient aussi attraper des punaises. Marianne lui a expliqué que les punaises étaient de toute façon déjà
qui sont restés là depuis longtemps, car il n'y a pas eu de nouvelles taches, et que nous voulions quand même tout mettre tout de suite dans la machine à laver, mais qu'il y a encore une autre lessive en cours.
Verena a eu une sorte de crise de panique et a voulu savoir (d’un ton presque agacé) pourquoi je n’avais pas prévenu l’auberge dès que j’avais remarqué les piqûres, car ils sauraient quoi faire. Marianne et moi avons essayé à plusieurs reprises de lui faire comprendre que je n’avais jamais entendu parler de ça (des punaises de lit) de ma vie et que je pensais que c’étaient des piqûres de moustiques. Elle n’a absolument pas compris cela et ne voulait pas non plus comprendre que la machine à laver était justement en marche.
Marianne et moi attendions tranquillement dans le jardin de l'auberge, quand Verena s'est soudain levée et s'est dirigée vers la responsable de l'auberge de jeunesse. Elles ont discuté de quelque chose…Espagnolet cette Verena n'a pas arrêté de me pointer du doigt. En fin de compte, voilà ce qui s'est passé : Verena a dit à la responsable de l'auberge que j'avais des punaises de lit et elle a vraiment exagéré. Elle a carrément fait comme si j'avais une maladie contagieuse ou quelque chose du genre :)
Toutes mes affaires (y compris mes chaussures, ma veste de pluie et mon sac de couchage) ont été aspergées d'un produit chimique quelconque, puis laissées à tremper pendant deux heures avant d'être mises dans la machine à laver. Le reste de mes affaires (les objets) a également été aspergé, tout comme mon lit. Mon sac à dos a été entièrement vidé et aspergé, puis placé dans un sac poubelle noir et exposé au soleil afin que la chaleur s’y accumule et que les prétendues punaises de lit meurent. C’est la dame de l’auberge, vraiment incroyablement gentille, qui s’est chargée de tout cela. Et ce, non pas parce qu’elle croyait elle aussi que les punaises étaient encore là, mais simplement pour calmer cette furie de Verena. En effet, elle ne comprenait pas non plus l’agitation de Verena. Bon…
Comme j’avais vraiment TOUT lavé, je n’avais bien sûr plus rien à me mettre. Marianne m’a donné un de ses t-shirts, mais tous ses pantalons étaient encore mouillés après la lessive, je n’ai donc pas pu en prendre un. La responsable de l’auberge m’a alors offert un pantalon provenant du stock des objets trouvés. Moi, Johanna, j’aurais bien sûr enfilé ce pantalon tel quel, mais la dame a eu la gentillesse de le laver et de le désinfecter soigneusement de ses propres mains.
Du coup, j'avais à nouveau de quoi m'habiller. En fait, j'ai trouvé toute cette histoire plutôt drôle. Après notre dîner, mon linge était encore loin d’être prêt à l’auberge de jeunesse. La responsable de l’auberge a été relayée par son collègue, qui s’occupait désormais de la lessive. Un jeune homme très sympathique (Marianne et moi l’avons baptisé « Enrique »). Nous nous sommes excusées une nouvelle fois auprès de la dame pour tout ce travail, mais elle a simplement répondu que c’était tout à fait naturel et nous a dit au revoir en nous embrassant à droite, à gauche et en nous serrant dans ses bras. Une fois qu’elle fut partie, j’ai dit à Marianne : « Waouh, mais cette femme est vraiment incroyablement gentille, non ? » Et Marianne m’a répondu : « Johanna, c’était peut-être une rencontre avec Dieu. » Et je savais que Marianne avait raison. :)
On m'a dit que toutes mes affaires devaient sécher pendant la nuit et on m'a donné une couverture.
NUIT !
Salut, c'est moi !
Marianne et moi, on s'est levées à 5 h ce matin et on a marché 23,6 km. Mes affaires ont séché pendant la nuit et elles sont plus propres que jamais :)
Il faisait incroyablement chaud aujourd’hui. Nous avons pris notre petit-déjeuner lors de notre premier arrêt, dans le premier village. Au village suivant, Marianne et moi nous sommes allongées à l’ombre sous un arbre, dans la prairie, et nous avons d’abord dormi une demi-heure. Nous étions toutes les deux incroyablement fatiguées, car nous n’avions pas pu faire la sieste hier, Verena ayant fait tout un foin à propos des punaises de lit. Une fois arrivées, nous nous sommes enregistrées dans une grande auberge. Elle se trouvait dans les combles et était un peu différente des autres.
Il faisait tellement chaud que Marianne et moi avons décidé de dormir sans sac de couchage.
Bonne nuit
Salut, c'est moi !
Oh là là ! Marianne et moi, on est complètement crevés !
La nuit dernière a été la pire de tout le voyage jusqu'à présent. On n’a jamais aussi peu dormi ! Impossible de fermer l’œil dans cette auberge. Il faisait incroyablement chaud toute la nuit et l’air était vraiment irrespirable dans toute la pièce. Morts de fatigue, on s’est quand même mis en route. Au début, on était pourtant étonnamment de bonne humeur et on s’est encore bien amusés. On a déjà dit plusieurs fois que le fait qu’on se soit trouvées toutes les deux était sans doute un signe de Dieu. J’en suis incroyablement heureuse et totalement reconnaissante. On est vraiment sur la même longueur d’onde. Elle vient de dire qu’elle aurait aimé m’avoir comme petite sœur. :)
Et au restaurant, elle vient justement d'expliquer à cette femme que je suis sa sœur de cœur.
Bon, en tout cas, au début, le chemin était encore agréable. Mais ensuite, ça a été de pire en pire ! Ma jambe a recommencé à me faire mal, tout comme celles de Marianne à cause de son allergie au soleil. Vers la fin, c'est vraiment devenu un calvaire. Et cela, alors que nous étions déjà tellement fatigués. Et bien sûr, il y avait aussi le soleil.
Nous sommes arrivés assez tôt à l'auberge et nous nous offrons même une chambre double aujourd'hui. C'est d'une part parce que nous voulions nous coucher dès notre arrivée, et d'autre part parce que nous voulons nous coucher tôt ce soir pour nous lever à 3 ou 4 heures du matin. En effet, on a envie de faire une randonnée de nuit. On est tous les deux super excités et impatients. Bref : arrivés à l'auberge, chambre double, douche, déjeuner acheté au supermarché, mangé ici dans la prairie, puis dormi, puis détente, lessive faite, retour au supermarché pour acheter de quoi manger pour demain, puis au restaurant, et maintenant, préparer le lit et DORMIR !
Salut, c'est moi !
Nous avons couru 25 km aujourd'hui. Et nous nous sommes levés à 4 h cette nuit !
Au début, on marchait vraiment dans le NOIR TOTAL. C'était assez drôle, mais aussi un peu flippant. Mais on veillait l'un sur l'autre. Il fallait vraiment faire attention à ne pas manquer les flèches jaunes dans l’obscurité. Heureusement, on avait tous les deux des lampes de poche. Ce qui était vraiment magnifique : le ciel étoilé. À un moment donné, bien sûr, le jour s’est levé et le soleil est apparu. Mais nous n’avons pas eu à affronter la chaleur de midi (c’était le plan), car à midi, nous étions déjà à l’auberge. Ensuite, nous avons passé toute la journée à nous détendre, à faire un tour au supermarché et tout ça.
Le côté moins réjouissant : les punaises de lit sont de retour !
Et ça nous arrive à toutes les deux ! Marianne en a plein les bras et moi, plein les jambes ! En plus, dans l'auberge d'aujourd'hui, il y a un nombre incroyable de fourmis qui ne cessent de ramper sur nous et qui ont déjà piqué Marianne. Ça, c'est vraiment énervant ! Marianne et moi, on s'en est déjà rendu compte : tout le monde nous met en garde à l'avance contre les ampoules et tout ça, mais en réalité, on a des problèmes tout à fait différents :)
J'ai certes des ampoules, mais je ne les remarque même pas. Et chacun ici, sur le Camino, a ses propres douleurs. Mais pour tout le monde, ces douleurs ne représentent qu'une infime partie par rapport à tout ce qu'il y a de positif ici. Toutes ces expériences, etc. Comme l'a déjà écrit Hape Kerkeling : « Ce chemin est dur et merveilleux. ». Nous venons de dîner et avons discuté avec une sympathique famille anglaise et une Française. C’est malheureusement notre dernière soirée ensemble, car Marianne termine son pèlerinage demain à León et prend l’avion pour rentrer chez elle à cause de son travail. Elle compte revenir un jour pour parcourir le reste du chemin. Je sais déjà qu’elle va énormément me manquer. J’ai l’impression de la connaître depuis toujours, de connaître toute son histoire, et elle la mienne. Nous resterons en tout cas en contact. On est comme des sœurs, tout simplement.
On va encore se détendre un peu dans le jardin et faire des recherches sur les punaises de lit. Ensuite, on ira se coucher.
Bonne nuit !
Salut, c'est moi !
Dans l'ensemble, aujourd'hui a été une journée triste, car Marianne est partie. Mais avant cela, il s'est encore passé beaucoup de choses :
On a dormi un tout petit peu plus longtemps aujourd’hui, car il ne nous restait plus que 10 km à parcourir jusqu’à Léon. C’étaient d’ailleurs les 10 derniers kilomètres que Marianne et moi avons parcourus ensemble. Elle me manque déjà énormément. Je veux dire, on a passé toute une semaine ensemble, 24 heures sur 24. Du coup, ça fait tout de suite un vide.
Quand nous sommes arrivés à León aujourd’hui, nous avons d’abord cherché une auberge où je pourrais passer la nuit, qui dispose de ce spray anti-insectes contre les punaises de lit et qui soit prête à débarrasser toutes nos affaires de ces nuisibles. Après avoir été « refusées » par les deux premières auberges, on s’est d’abord offert un bon petit-déjeuner. C’était un véritable festin, avec ces fameux « churros » au chocolat. On a oublié nos punaises de lit pendant une demi-heure :) Dans la troisième auberge, on avait du mal à y croire, mais on a vraiment voulu nous aider ! Youpi ! Non seulement ils voulaient, mais ils pouvaient aussi. J’ai eu ma chambre pour la nuit et là, Marianne et moi, on a complètement déballé nos sacs à dos et tout sorti. On connaissait déjà la procédure :)
Ce gentil monsieur a ensuite vaporisé tous nos affaires et nos sacs à dos, puis il a tout mis dans de grands sacs poubelles noirs. Il a dit que dès que le produit aurait agi, il mettrait le tout dans la machine à laver puis dans le sèche-linge, pour que tout soit prêt à temps pour le départ de Marianne. Heureusement, nous étions déjà là vers midi et l'auberge était encore vide, si bien que personne n'a remarqué ce « désordre » :)
Une femme de ménage nous a gentiment donné deux serviettes, ce qui nous a permis de prendre notre douche l’un après l’autre et de nous débarrasser des punaises de lit. Ensuite, nous sommes restés allongés dans la chambre à attendre. En fait, j’ai trouvé ça plutôt drôle. Je crois d’ailleurs que je n’avais pas de nouvelles piqûres, mais Marianne avait été touchée aussi durement que moi quelques jours auparavant. En revanche, j’avais une sorte d’éruption cutanée au creux des aisselles, et nous ne savions pas trop quoi en penser. Ce qui était bien : l’éruption cutanée sur la jambe de Marianne (probablement une allergie au soleil) s’était améliorée. Bref, on était donc allongées là, enveloppées dans nos serviettes :)
Peu de temps après, on a entendu frapper à la porte et l'homme est revenu avec nos vêtements lavés.
Une fois habillée, Marianne a fait son sac à dos. J’ai laissé mes affaires à l’auberge, puis nous sommes parties nous promener dans León. Après la visite et un petit en-cas, le moment était malheureusement venu : nous étions à la gare routière et devions nous dire « au revoir ». Marianne a pris le bus pour Madrid, puis l’avion pour l’Allemagne. Je me suis remise à pleurer sur le Camino, mais cette fois-ci, je savais exactement pourquoi : parce que Marianne partait. Cela me rendait vraiment triste, et elle aussi. Mais nous allions nous rendre visite et nous revoir, nous, sœurs de cœur. Marianne est donc partie. J’ai ensuite parcouru León à pied, j’ai visité la cathédrale et j’ai fait quelques courses. De retour à l’auberge, j’ai écrit des cartes postales. D’ailleurs, j’ai écrit sur mes cartes que j’avais déjà parcouru 490 km, que j’en avais fait plus de la moitié et que j’avais rencontré Dieu. Mon souhait de trouver Dieu s’est donc déjà réalisé. C’est tout ce que je voulais. En fait, je pourrais déjà rentrer chez moi, mais je vais bien sûr parcourir le reste du chemin à pied !

Salut, c'est moi !
Aujourd'hui, j'ai battu mon record personnel et j'ai parcouru 33,2 km ! Ahh ! Quand je suis arrivé à l'auberge, j'avais les pieds plus endoloris que jamais.
Ça va un peu mieux maintenant. Mon éruption cutanée au creux des bras s'est améliorée grâce à une crème à la cortisone que Marianne m'a donnée.
En contrepartie, je me suis fait de nouvelles ampoules. :)
Sinon, tout va bien. L'auberge est vraiment superbe. Marianne me manque énormément, bien sûr, et ça m'a fait bizarre de marcher sans elle aujourd'hui. Maintenant, après cette journée épuisante, je vais d'abord dormir. Bonne nuit
Salut, c'est moi !
Je n'ai parcouru « que » 18 km aujourd'hui. Mais je tenais absolument à rester à Astorga, car on m'avait dit que cette ville était magnifique, et ma première impression le confirme.
Ce matin, je ne suis parti qu'à 8 h.
Je me suis retrouvé dans une grande auberge, mais tout est super et les chambres ne comptent que 10 lits.
Aujourd'hui, à l'auberge, on proposait des « soins » pour les pieds. Des étudiants de l'université locale effectuent leur stage ici, à l'auberge. Mes ampoules aux pieds ont donc été soignées avec soin. J’ai maintenant de grands pansements blancs partout. Mais l’étudiante était plutôt satisfaite de la façon dont j’avais soigné mes ampoules jusqu’à présent. Demain, je devrai retirer les pansements. On verra bien si ça a été efficace. Astorga est vraiment belle et possède un superbe centre-ville.
Allez, c'est l'heure d'aller au lit !
Salut, c'est moi !
Aujourd’hui, j’ai parcouru 26,6 km. Et aujourd’hui encore, ça montait, et pas qu’un peu. Foncebadon est un petit village perché au milieu d’une montagne. C’est un peu bizarre ici. On a l’impression que le village n’est composé que d’auberges pour pèlerins. Hape Kerkeling a qualifié cet endroit de « ville fantôme ».
Mes cloques ne me font pas mal, comme avant le traitement d'hier, mais je pense que c'était quand même une bonne chose que des spécialistes les aient examinées.
Même si je me suis fait de nouveaux amis en chemin, Marianne me manque toujours énormément !
Surtout parce qu'en ce moment même, une femme est en train de mettre tous ses vêtements dans un grand sac poubelle noir… ça sent les PUNAISES DE LIT ! Hé ! Et moi qui pensais que Marianne et moi étions les seules à pouvoir attraper ces bestioles :)
Demain, direction le point culminant de tout le Camino ! Adios !
Salut, c'est moi !
J'ai couru 28 km aujourd'hui. J'ai très mal aux pieds aujourd'hui, car j'ai parcouru une distance interminable en descente raide. Ça a aussi beaucoup mis mes genoux à rude épreuve.
Ce matin, au moment de partir, Foncebadon faisait honneur à son surnom de « ville fantôme ». Il faisait encore nuit noire et il y avait un brouillard épais. On voyait à environ 10 mètres. Et il faisait froid ! En fait, il a fait froid toute la journée aujourd’hui ! Et il a même plu. Aujourd’hui, nous sommes d’ailleurs allés à la Cruz de Ferro, où chaque pèlerin peut déposer une pierre. Je l’ai bien sûr fait moi aussi. Mon sac à dos est désormais un peu plus léger :)
À partir de la Cruz de Ferro, j’ai marché un bout de chemin avec Alex aujourd’hui. On a fait connaissance aujourd’hui. On a eu une conversation agréable et j’ai trouvé cela extrêmement intéressant : Alex ne fait pas le chemin pour Dieu, il ne sait en fait pas du tout pourquoi il le fait. Il en avait simplement envie et s’est senti appelé, pour ainsi dire. Il est croyant, mais autrefois, il était davantage, disons, « en quête de foi » et a pour ainsi dire perdu Dieu de vue. Et comme je l’ai dit, il ne fait pas ce chemin pour Dieu. MAIS : en chemin, il s’est rapproché de Dieu et a retrouvé sa foi (qui, en réalité, a toujours été là). C’est passionnant ! L’auberge d’aujourd’hui est immense et je sors tout juste de la messe des pèlerins. L’un des moines a dit quelque chose d’incroyablement intéressant : il nous a demandé combien de kilomètres mesurait le Camino et, par conséquent, combien de kilomètres il nous restait à parcourir pour trouver Jésus. Tout le monde a répondu que le Chemin faisait environ 800 km. Et là, le moine a dit : « Le véritable Chemin ne fait même pas un mètre de long. Car il va de la tête (l’esprit) au cœur. » Puis il a ajouté que nous devions nous demander : « Qui suis-je ? » et « Qui est Jésus ? ». La réponse est : « Nous sommes Jésus. » Des paroles qui donnent à réfléchir…
Bonne nuit !
Salut, c'est moi !
J'ai couru aujourd'hui 25 km en à peine 5 heures ! Pauses comprises ! Et avec des montées ! Je ne sais pas non plus pourquoi j'étais si rapide aujourd'hui :)
Mon « gîte » d’aujourd’hui est un ancien monastère, qui est immense et où il faut faire attention à ne pas se perdre ! Je partage une chambre double avec une Espagnole qui ronfle INCROYABLEMENT FORT, comme je viens de le constater pendant ma sieste. Je trouve ce village plutôt joli et tout semble si chaleureux. Aujourd’hui, je n’ai mal qu’aux jambes quand je descends les escaliers. Tout va bien. Demain, c’est au tour du dangereux tronçon avec les camions, mais il paraîtrait qu’il existe un itinéraire alternatif, le « Camino Duro », qui serait particulièrement difficile et extrêmement raide. Je n’ai toujours pas décidé quel chemin emprunter. Je choisirai au dernier moment.
Pour l'instant, je vais dormir.
Salut, c'est moi !
AHHH ! Je crois que c'est aujourd'hui que j'ai le plus transpiré !
J'irais même jusqu'à dire que je ne sais pas ce qui était le plus éprouvant : les Pyrénées ou la journée d'aujourd'hui. J'ai parcouru aujourd'hui le « Camino Duro ». « Duro » signifie « difficile ». C'est un euphémisme. C'était vraiment pénible. Mais je continuerai à écrire demain, car j'ai bu quelques verres de vin.
Le lendemain est donc arrivé et je peux continuer à écrire. Au fait, j’ai bu ces verres de vin hier avec Pascal. Je l’ai rencontré il y a quelques jours : c’est un Belge sympa, de 35 ans, professeur de religion et de français. Mais revenons d’abord au parcours : comme je l’ai dit, c’était incroyablement dur. Hier, j’étais complètement épuisé.
C'est là que je me suis dit pour la première fois : « Mais qu'est-ce que je fais ici, au juste ? »
Après la messe, Pascal et moi, on s'est préparé des pâtes, on les a mangées et on a bu pas mal de vin pour accompagner le tout :)
On s'est vraiment beaucoup amusés.
On a vraiment parlé de tout et de rien (en anglais, bien sûr). On a parlé d'amour, d'alcool et de la vie, et on s'est vraiment bien amusés.
À un moment donné, Alex et un autre ami (qui fêtait son anniversaire) nous ont rejoints et nous avons bu encore plus de vin. Puis, à un moment donné, nous sommes allés nous coucher :)
Salut, c'est moi !
Aujourd'hui, la montée était encore aussi raide, et j'ai l'impression que c'était la journée la plus chaude de TOUTE MA VIE ! Le pire, c'est qu'à chaque pas que tu fais en montée, tu sais que tu devras refaire ce même pas en descente. Et c'est au moins aussi pénible !
Une petite phrase qui m'est venue à l'esprit aujourd'hui pendant que je courais : on dit parfois : « Il y a des bons jours et il y a des mauvais jours ». Mais désormais, je pense que ce n’est pas vrai. Car chaque jour qui pourrait être mauvais, tu le vis. Et chaque jour où tu vis, c’est un bon jour ! :)
Pascal est de retour aujourd'hui dans la même auberge que moi et il ne m'appelle plus que « Sweety » :) Ce mec est génial et super drôle ! Bonne nuit !

Salut, c'est moi !
Aujourd’hui, j’ai « seulement » parcouru 20 km. J’ai de nouveau mal aux jambes, mais je me sens quand même bien. Encore une fois, le soleil n’était pas au rendez-vous et on a marché pratiquement tout le temps dans le brouillard. Le temps a passé assez vite. On sent vraiment qu’on se rapproche de plus en plus de Saint-Jacques-de-Compostelle. Il y a énormément de pèlerins sur les chemins en ce moment. Beaucoup plus que les semaines précédentes. Si tout se passe bien, j’arriverai à Saint-Jacques-de-Compostelle dans 5 jours… j’ai du mal à y croire. Sarria n’est pas très jolie, mais l’auberge, heureusement, l’est.
Je vais sûrement bien dormir ici :)
Salut, c'est moi !
J'ai couru 22 km aujourd'hui. Mon corps m'a dit que j'aurais pu courir davantage, mais j'ai décidé de m'en tenir à mon programme pour l'instant. Heureusement, car j'aime beaucoup Portomarin ! C’est l’une des plus jolies petites villes que j’ai vues jusqu’à présent. Avec un beau lac, un joli pont, une belle petite église et de charmantes ruelles. J’aime bien l’auberge aussi. Je vais bientôt dîner avec mon nouvel ami français. Il m’a invité à midi pour me préparer à manger. On vient juste de faire les courses.
Voyons voir quel plat ce Français va nous concocter cette fois-ci. Le vin, le vin…
Je continuerai à écrire demain…
Bon, alors : le Français s'est dit qu'il pourrait bien m'apprendre à cuisiner. Nous avons fait appel à un Coréen de 20 ans, qui vit aux États-Unis et parle parfaitement anglais, et nous avons cuisiné tous les trois. C'était vraiment sympa. Ensuite, nous avons dégusté le fruit de notre travail en buvant un bon vin et en discutant agréablement.
C'était en tout cas une soirée sympa. Le Français (28 ans) m'a raconté sa rencontre avec Dieu sur le Camino. Une très belle histoire : un jour, alors qu'il marchait sur le Camino, le Français s'est dit qu'il allait faire des bouquets de fleurs. Juste comme ça. Pour embellir le chemin et faire plaisir aux autres pèlerins. Il a donc noué de petits bouquets de fleurs au fur et à mesure de sa marche et les a déposés sur le chemin. Ce faisant, il a été aperçu à son insu par un habitant du coin. Plus tard, lorsqu’il est arrivé au village de destination, qui était justement le village natal de cet habitant, qu’il s’est enregistré à l’auberge et qu’il se promenait ainsi dans le village, il a croisé cet habitant. Celui-ci lui dit : « Ah, c’est toi le pèlerin qui a fait ces bouquets de fleurs, tu dois être quelqu’un de bien ! Viens ! » Et il invita le Français chez lui. Il lui présenta sa femme et son fils et l’invita à un véritable festin. Il choisit pour lui le meilleur vin et dressa une immense table. Ce fut une soirée vraiment agréable.
De retour à l'auberge, complètement subjugué par cette hospitalité, le Français vit réapparaître l'habitant du coin, qui lui remit un cadeau : un petit cheval tout simple, tressé dans de la paille. Rien d'extraordinaire, mais qui représentait désormais quelque chose de tout à fait spécial pour le Français. Il m’a dit que ce cheval faisait désormais partie des choses les plus précieuses qu’il possédait. Le Français était au bord des larmes, car il ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait. Après tout, il n’avait fait que des bouquets de fleurs. Ce qui est fascinant dans cette histoire, c’est que le Français ne peut PASEspagnol, les locaux peuvent UNIQUEMENTEspagnol, mais malgré tout, dit le Français, il a compris chaque mot.
J'ai trouvé cette histoire vraiment belle, surtout parce que le Français a fait le lien entre sa rencontre avec cet habitant du coin et Dieu. Il m'a ensuite ajouté que Dieu se révèle à nous chaque fois que nous recevons et donnons de la gentillesse et de l'amour, et que nous sommes aimables les uns envers les autres. Waouh ! Et que c’est là que je trouverai Dieu. Je lui ai répondu que j’avais déjà trouvé Dieu exactement là, car François avait dit exactement la même chose. C’est vraiment génial, ce genre d’histoires !
Le repas était également excellent et, après avoir mangé tous ensemble et fait la vaisselle, nous sommes allés nous coucher.
Salut, c'est moi !
J'ai parcouru environ 25 km aujourd'hui. À partir du 22e kilomètre, la douleur dans mes jambes était en fait insupportable, mais j'ai quand même réussi :) Il y a maintenant une véritable foule sur les sentiers et les auberges sont de plus en plus pleines. Heureusement, j'ai encore trouvé une place. J’en avais déjà visité trois, qui étaient toutes pleines, alors que j’étais l’une des premières à arriver. Je vais peut-être devoir réserver demain. Aujourd’hui, il y avait un vent incroyable et il faisait par moments un froid glacial ! Incroyable ! En marchant, j’ai fait la connaissance d’Antonio, de Los Angeles, et on a marché ensemble pendant un bon moment.
Une fois arrivé au village, je me suis d’abord rendu dans la petite église. Vraiment PETITE. On pouvait y emporter des citations dans sa propre langue, et j’ai trouvé celle qui correspondait parfaitement à tout ce que j’ai appris ici sur Dieu, et surtout à l’endroit où je l’ai trouvé : « Dieu est amour, et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui. » (1re Épître de Jean, 4, 16).
Demain, ça va encore être assez fatigant.
Bon, allez, au lit. Bonne nuit !
Salut, c'est moi !
J’ai marché plus loin que prévu aujourd’hui. Au total, 30,1 km. Je devrai donc marcher un peu moins demain. Après-demain, je serai déjà à Saint-Jacques-de-Compostelle ! Et avec moi, ce qui me semble être 1 000 autres pèlerins. Il y a tellement de monde. Ce matin, il y avait encore beaucoup de vent, mais le soleil a fini par pointer le bout de son nez. Quand j’ai changé de pantalon, c’était dans un arrêt de bus délabré au milieu de la forêt (je ne sais pas pourquoi il y a un arrêt là-bas…). Bref, en tout cas, les parois en plastique de cet arrêt de bus étaient entièrement couvertes de gribouillis et de peintures laissés par les pèlerins. Alors que je remettais mes chaussures, mon regard s’est posé sur quatre mots. Il y avait écrit : « Love is the answer ». À quelle question ? Ça n’était pas précisé. Mais je le savais déjà. À ma question : « Qui est Dieu ? »
Je suis tout à fait sûr que c'était voulu : que je change de pantalon précisément à cet arrêt et que je voie précisément cette inscription. Rien que d'y penser, mes pieds me font déjà deux fois moins mal :)
Bonne nuit
Salut, c'est moi !
J'ai parcouru 19,6 km aujourd'hui. Comme je l'avais annoncé hier, c'est donc un peu moins. J'ai marché tranquillement, car selon mon guide de voyage, la plupart des auberges n'ouvrent qu'à midi ou 13 h. Je suis donc parti très tôt. Après une nuit très agréable, je me suis levé dès 5 h 30 ce matin. À 6 h, j’étais déjà dans une « churreria ». C’est là qu’on fabrique les churros. Tellement bons.
Accompagné d'un jus d'orange, voilà donc ce que j'ai pris pour le petit-déjeuner aujourd'hui. Puis je suis parti courir. C'était plutôt agréable aujourd'hui. En arrivant ici, la plupart des auberges étaient encore fermées. L'une d'entre elles, celle où je me trouve actuellement, était déjà ouverte et j'en suis absolument ravi. C'est l'une des meilleures auberges de tout le parcours. Très propre, des gens sympas, une ambiance détendue, de bons lits (on pouvait choisir le sien), deux étages, une terrasse et la douche est un vrai rêve ! La meilleure douche jusqu’à présent ! Et dans ce lit, je vais sûrement bien dormir ce soir… puis demain, je partirai en randonnée une dernière fois. Et après, j’aurai vraiment atteint mon but.
Waouh ! Bonne nuit !
Salut, c'est moi !
AHHHH ! J'y suis !
En boitant mais fou de joie, j'ai bel et bien atteint mon objectif ce matin vers 11 heures. Après 800 km, je suis arrivé à Saint-Jacques-de-Compostelle ! BOUM !
Je suis parti le 13 juillet et je suis arrivé le 13 août. Ça fait exactement un mois que je randonne. Plus précisément, 32 jours. Le temps est passé tellement vite. WOW. La marche s'est plutôt bien passée aujourd'hui. Jusqu’à l’endroit où il restait exactement 7 km avant Saint-Jacques-de-Compostelle. C’est là que la douleur aux jambes est revenue de plein fouet. Et elle est restée jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle (d’où le « en boitant »). Mais maintenant, ça va déjà mieux :)
Quand j'ai aperçu la cathédrale, j'ai tout de suite su que j'étais arrivée à destination. Youpi ! Bien sûr, je n'étais pas seule… Il y avait ce qui m'a semblé être un millier d'autres personnes sur le parvis de la cathédrale. Il y avait vraiment du monde ! Et ça, dans tout le centre-ville ! Je suis d'abord allée manger un morceau. Je ne m’inquiétais pas pour trouver un lit, car je me disais : « Il y a sûrement assez d’auberges ici. » C’était une petite erreur. Finalement, je crois que j’ai eu le tout dernier lit :) En tout cas, c’était le dernier de mon auberge :) J’ai pris une douche rapide à l’auberge, puis je suis retournée en centre-ville ! On pourrait presque y flâner pendant des jours, je crois :) À l’office des pèlerins, j’ai récupéré mes certificats et je suis bien sûr allée à la cathédrale. Elle est en tout cas plus belle de l’intérieur que de l’extérieur. Il a ensuite fallu refaire la queue pour voir le tombeau de l’apôtre Jacques. C’est ce que j’ai fait, et j’ai même pu passer mes bras par derrière les épaules de la statue de Saint-Jacques située derrière le maître-autel. Puis j’ai descendu un escalier pour rejoindre le véritable tombeau de Jacques. C’était là le VRAI but du Chemin de Saint-Jacques. À l’office de tourisme, je me suis renseigné sur la manière dont je pourrais éventuellement revenir à Cologne un jour :)
On verra bien, ça ira. Pour l'instant, direction Fisterra pour admirer le lever et le coucher du soleil. Et bien sûr, pour assister à une messe des pèlerins. Mais mon « carnet de voyage » s'arrête là.
Et ADIOS !
