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Via Gallia Belgica

La Via Gallia Belgica relie en 63,2 kilomètres l'ancienne abbaye d'Heylissem, à Hélécine, à Nivelles et à sa collégiale ottonienne Sainte-Gertrude, en traversant tout le Brabant wallon. Elle fait le lien entre la Via Monastica et la Via Brabantica, et donc entre les pèlerins venus du Limbourg et des Pays-Bas et le chemin vers Saint-Quentin. Trois étapes à travers les champs de lœss et les vallons, 439 mètres de dénivelé positif, point culminant à 152 mètres près de Libersart.

9 octobre 202610 min de lecture
Sommaire

En bref

  • Départ / Arrivée : ancienne abbaye d'Heylissem à Opheylissem (commune de Hélécine) / collégiale Sainte-Gertrude à Nivelles
  • Longueur : 63,2 km
  • Durée : 3 étapes, Ø 21 km
  • Dénivelé : ↗ 439 m / ↘ 400 m
  • Point culminant : 152 m au km 27,6, près des tumuli de Libersart
  • Paysage : plateau limoneux de la Hesbaye et ses champs de betteraves, les vallées de la Gette, de l'Orne et de la Dyle, bosquets et chemins creux du Brabant wallon
  • Porteur / Balisage : l'Association Belge des Amis de Saint-Jacques de Compostelle, qui a inauguré le chemin en mai 1999 avec les Sentiers de Grande Randonnée ; balisage de sentier de grande randonnée, avec guide et trace GPS
  • Traces de saint Jacques : une statue en chêne de saint Jacques en pèlerin, avec gourde, coquilles et bourdon, à Sainte-Gertrude ; au Moyen Âge, Nivelles était une étape sur la route de Compostelle
  • Hébergement : chambres d'hôtes, B&B et familles d'accueil qui reçoivent les pèlerins munis d'une crédential ; à Nivelles, leurs noms sont affichés à l'entrée de la collégiale
  • Chemins de liaison : à Hélécine la Via Monastica, à Nivelles la Via Brabantica
  • Meilleure période : d'avril à octobre ; après la pluie, les chemins de terre en limon de lœss deviennent lourds

Aperçu

La Via Gallia Belgica est un chemin transversal. Elle recueille les pèlerins qui arrivent du nord et de l'est par le Limbourg et la Flandre et les met sur l'axe vers la France : 63,2 kilomètres depuis l'ancienne abbaye prémontrée d'Heylissem, sur la frontière linguistique, jusqu'à Nivelles, où la collégiale Sainte-Gertrude se dresse depuis 1046 et où les pèlerins en route vers Compostelle font étape depuis le Moyen Âge. Entre les deux s'étend le Brabant wallon : de vastes terres agricoles, de petites vallées, des villages de brique et de moellons.

Le chemin a été inauguré en mai 1999 par l'Association Belge des Amis de Saint-Jacques de Compostelle, avec les Sentiers de Grande Randonnée. L'idée est sobre : un chemin de pèlerinage ne doit pas collectionner les plus beaux points de vue, mais éviter les détours. Pour être honnête, ça se sent – et c'est justement ce qui fait son charme : trois journées tranquilles, au bout desquelles se dresse l'une des grandes églises romanes d'Europe.

Autres noms

Le nom évoque une voie romaine, mais il fait allusion à la province romaine de Gallia Belgica, et non à un tracé précis. Ceux qui l'emploient ne désignent pas toujours le même tronçon : pour l'Association Belge wallonne, la Via Gallia Belgica est tout le chemin de Hélécine à Saint-Quentin, par Nivelles et Binche. Le guide flamand « Via Brabantica – Via Gallia Belgica » désigne surtout ainsi le tronçon à partir de Nivelles. Sur notre carte, la Via Gallia Belgica est la branche orientale de Hélécine à Nivelles ; à partir de là, tu continues sur la Via Brabantica. En français, on lit souvent simplement Chemin de Compostelle ; en néerlandais, Nivelles devient Nijvel.

À qui cela convient-il le mieux – et à qui cela convient-il moins bien ?

Idéal si tu arrives par la Via Monastica ou des Pays-Bas et que tu ne veux pas passer par Bruxelles pour rejoindre la France : la Via Gallia Belgica contourne la capitale et te garde trois jours dans la verdure. Idéal aussi pour un long week-end, car le départ et l'arrivée sont proches du réseau ferroviaire belge, et Nivelles est une arrivée qui vaut le détour.

Pour être honnête, ce chemin n'est pas pour toi si tu t'attends à des gîtes de pèlerins : tu dors en chambre d'hôtes, en B&B ou en famille d'accueil, et tu dois appeler à l'avance. Pas pour toi non plus si tu cherches le spectaculaire – la Hesbaye est plate et ouverte, et par vent et pluie, on y trouve peu d'abri. Et pas pour toi par pluie persistante : le limon de lœss des chemins de terre colle aux chaussures.

Parcours et paysage

De Hélécine à Libersart (km 0–28,2) : depuis l'abbaye d'Heylissem à Opheylissem, le chemin part vers le sud-ouest à travers les terres agricoles ouvertes de la Hesbaye ; Piétrain, le village qui a donné son nom à toute une race de porcs, se trouve juste à l'écart. Par Saint-Jean-Geest (km 8,6) et Sainte-Marie-Geest, tu arrives à Jodoigne (km 13,1), sur la Grande Gette. Ensuite, par Dongelberg (km 17,8), Longpré (km 20,8) et Sart-Risbart (km 23,0), le chemin monte doucement sur le plateau, où il atteint son point culminant à 152 mètres près des tumuli de Libersart.

De Libersart à Nivelles (km 28,2–63,2) : par Nil-Saint-Vincent (km 31,6) et Nil-Pierreux, on descend dans la vallée de l'Orne jusqu'à Mont-Saint-Guibert (km 38,6), puis vers la Dyle jusqu'à Court-Saint-Étienne (km 42,3). Par Bousval (km 47,5) et Ways, tu rejoins Genappe (km 52,6), puis, par Promelles et Les Baraques, la ville de Nivelles, où le chemin s'achève à la collégiale Sainte-Gertrude.

Étapes, terrain et niveau de difficulté

Nous présentons le chemin en 3 étapes ; les kilomètres proviennent de la carte Camino Ninja, calibrée exactement sur 63,2 km. La première est courte et convient au jour d'arrivée.

  1. Hélécine → Jodoigne (13,1 km) — De l'abbaye d'Heylissem, à travers les champs de betteraves, par Saint-Jean-Geest jusqu'à la Grande Gette.
  2. Jodoigne → Mont-Saint-Guibert (25,5 km) — Montée sur le plateau, passage devant les tumuli de Libersart et descente dans la vallée de l'Orne.
  3. Mont-Saint-Guibert → Nivelles (24,6 km) — Par-delà la Dyle, à travers Bousval et Genappe jusqu'à la collégiale Sainte-Gertrude.

Aucune étape n'est difficile : les montées sont courtes, et le point culminant ne se trouve même pas 100 mètres au-dessus du point le plus bas. Cela ne devient fatigant que par temps humide sur les chemins de terre et par les jours de chaleur sur le plateau sans ombre – emporte alors assez d'eau, car entre les villages, il y a peu d'endroits où s'arrêter.

À Genappe, un roi attendait ; à Genappe, un empereur perdit sa voiture

En arrivant à Genappe, tu entres dans un lieu où l'histoire de France est passée deux fois. En 1456, le dauphin Louis, futur Louis XI, fuit son père Charles VII et se réfugie en Brabant. Le duc Philippe le Bon lui céda le château de Genappe et une rente annuelle, et c'est là que le dauphin attendit cinq ans. Plusieurs de ses enfants naquirent à Genappe, dont Anne, qui gouverna plus tard la France comme régente. En 1461, la nouvelle de la mort de son père l'atteignit ici, et il partit pour devenir roi.

Plus de 350 ans plus tard, la France traversa Genappe une seconde fois, en fuite cette fois. Dans la nuit qui suivit la bataille de Waterloo, en juin 1815, les troupes prussiennes poursuivirent l'armée française vaincue à travers le bourg, et c'est là que tomba entre leurs mains la voiture de voyage de Napoléon – avec diamants et pièces d'or, à ce que rapporte la tradition. Dans le village voisin de Ways repose le général français Duhesme, qui, blessé, fut amené à Genappe et y fut fait prisonnier. Tu marches donc ici, le temps d'une journée, à travers un village où un roi attendit son trône et où un empereur perdit le sien.

Les points forts du parcours

  • Abbaye d'Heylissem, Opheylissem (départ) — fondée vers 1130 pour les Prémontrés, supprimée en 1796 ; le palais abbatial néoclassique, bâti à partir de 1768, avec sa coupole, est toujours debout et abrite depuis 1962 le domaine provincial de Hélécine.
  • Jodoigne (km 13,1) — petite ville sur la Grande Gette avec l'église romane Saint-Médard des XIIe et XIIIe siècles ; la région passe pour le grenier à blé de la Belgique.
  • Tumuli de Libersart (km 28,2) — deux tumuli gallo-romains des IIe et IIIe siècles, distants d'environ 100 mètres, classés depuis 2022 au patrimoine exceptionnel de Wallonie ; juste à côté se trouve le point culminant du chemin.
  • Mont-Saint-Guibert (km 38,6) — localité de la vallée de l'Orne, qui doit son nom à saint Guibert.
  • Genappe (km 52,6) — lieu d'exil du futur Louis XI de 1456 à 1461 et lieu où Napoléon perdit sa voiture en 1815.
  • Collégiale Sainte-Gertrude, Nivelles (arrivée) — consacrée en 1046 en présence de l'empereur Henri III, longue de plus de 100 mètres avec deux chœurs ; sur la tour, le jacquemart « Jean de Nivelles », figure dorée datant des environs de 1400, sonne les heures depuis 1617 ; à l'intérieur, une statue en chêne de Jacques en pèlerin.

Comment les pèlerins empruntent ce chemin

La plupart arrivent par la Via Monastica : le chemin des monastères venu de Vessem traverse la Hesbaye en passant devant l'abbaye d'Heylissem, puis continue vers Namur et la Meuse. Ceux qui veulent rejoindre la France non pas par Namur et Rocroi, mais par Nivelles et Saint-Quentin, bifurquent à Hélécine sur la Via Gallia Belgica.

Si tu commences ici, prends le train jusqu'à Tirlemont ou Landen, puis le bus ou un taxi pour les derniers kilomètres jusqu'à Opheylissem.

Continuer le pèlerinage ?

Oui, et en direction de la France. À Nivelles arrive la Via Brabantica, venue d'Anvers et de Bruxelles, et à partir d'ici les deux chemins continuent ensemble : par Binche et la frontière française jusqu'à Saint-Quentin, soit environ 166 kilomètres. De là, le Chemin Estelle mène vers Paris et la Via Turonensis, ou bien tu te diriges par Reims vers Vézelay.

Préparation et aspects pratiques

Crédential et appli. Tu obtiens une crédential auprès de l'Association Belge des Amis de Saint-Jacques, du Vlaams Compostelagenootschap flamand ou de l'association jacquaire de ton pays ; commande-la en ligne à l'avance pour la recevoir à temps. À Nivelles, elle t'ouvre les portes des familles d'accueil. Avec l'appli Camino Ninja, tu as l'itinéraire hors ligne avec toi ; le plus simple est d'y planifier tes étapes et les hébergements qui vont avec.

Hébergement. Il n'y a pas de vrais gîtes de pèlerins sur ce tronçon. Jodoigne, Mont-Saint-Guibert, Court-Saint-Étienne, Genappe et Nivelles ont des chambres d'hôtes et des B&B ; à Nivelles, plusieurs familles accueillent les pèlerins munis d'une crédential. Appelle à l'avance – dans les villages intermédiaires, il n'y a presque pas de lits.

Eau et météo. Sur le plateau entre Jodoigne et Nil-Saint-Vincent, il n'y a presque pas de commerces et peu d'ombre ; emporte assez d'eau et prévois plus de temps pour les chemins de terre en cas de pluie.

Ce que te coûte ce trajet

Compte 60 à 90 euros par jour (estimation, actualisé : octobre 2026) : les B&B et hôtels simples coûtent de 60 à 100 euros la chambre double, et chez les familles d'accueil, on trouve souvent des solutions plus avantageuses contre un don. Tu peux économiser sur la nourriture – il y a des boulangeries et des supermarchés à Jodoigne, Mont-Saint-Guibert, Genappe et Nivelles.

À prévoir à coup sûr : la crédential et, si tu continues, un guide pour le tronçon jusqu'à Saint-Quentin. Pour l'aller et le retour, un billet de train ordinaire de la SNCB suffit.

Comment s'y rendre

Pour le départ. Opheylissem n'a pas de gare. Les plus proches sont celles de Tirlemont et de Landen, sur la ligne Bruxelles–Liège ; de là, tu rejoins Hélécine en bus ou en taxi.

Depuis l'arrivée. Nivelles a une gare avec des trains directs pour Bruxelles en un peu plus d'une demi-heure, d'où tu rejoins toute l'Europe.

  • Train en Belgique : belgiantrain.be — liaisons vers Tirlemont, Landen et au départ de Nivelles
  • Porteur : st-jacques.be — Association Belge des Amis de Saint-Jacques de Compostelle, description du chemin et guide
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