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Elisabethpfad : récit de pèlerinage d’Eisenach à Marburg

En 2020, Jakob Engel suit l’Elisabethpfad par la Ceinture verte jusqu’à Marburg : brume d’automne, hospitalité, eau dans les églises et tête libre.

8 octobre 20264 min de lecture
Elisabethpfad : récit de pèlerinage d’Eisenach à Marburg

En 2020, Jakob Engel a marché de Görlitz à Trèves en 45 jours de randonnée. Parti de Görlitz en août par une chaleur estivale, il est arrivé à Trèves le 2 octobre, en plein automne et sous la pluie. Sur ses 1 010 kilomètres, il a parcouru à la suite quatre chemins de Saint-Jacques officiels d’Allemagne – c’est pourquoi son récit de pèlerinage est lui aussi divisé en quatre parties :


D’Eisenach à travers la Ceinture verte

Après avoir visité Eisenach et m’être reposé, j’ai marché jusqu’à Marburg sur l’Elisabethpfad. Sur de longues portions, l’Elisabethpfad se confond avec le chemin de Saint-Jacques ; il est toutefois un peu plus long et, d’après le guide de randonnée, plus beau en matière de paysages.

Panneau « Pilgerweg » avec coquille sur l’Elisabethpfad

Sur l’Elisabethpfad aussi, j’ai croisé l’histoire allemande. Lors de la première étape, j’ai traversé à deux reprises l’ancienne bande frontalière, l’actuelle Ceinture verte (Grünes Band, le « Green Belt » qui suit l’ancien rideau de fer) – l’histoire allemande la plus récente, à portée de main. L’ancienne frontière interallemande est marquée par un mémorial que je trouve réussi. Le couple chez qui j’ai logé à Ifta, dans l’ancienne zone interdite, m’a raconté un peu de ce chapitre de notre histoire. Un grand merci !

Mémorial sur l’ancienne frontière interallemande

Mémorial sur l’ancienne frontière interallemande

Une astuce pour voyager léger

Les choses dont je me rendais compte en route que je n’avais pas ou plus besoin – par exemple le guide du pèlerin d’une section, une fois celle-ci terminée –, je les glissais dans une enveloppe et les renvoyais chez moi. Ainsi, mon sac à dos est toujours resté aussi léger que possible.

Premiers brouillards d’automne en Hesse

Après les températures estivales de la Via Regia en Saxe, en Saxe-Anhalt et en Thuringe, j’ai ressenti en Hesse les premiers signes de l’automne. Juste après la frontière du Land, j’ai vécu mon premier matin de brouillard, par 6 degrés. Quelle atmosphère, ce matin-là !

Matin brumeux en Hesse sur l’Elisabethpfad

Moyennes montagnes et hospitalité

Côté paysages, l’Elisabethpfad était très différent de la Via Regia : des moyennes montagnes avec de larges vallées, des collines et des forêts. Après l’immensité et les champs plats de la Via Regia, j’ai profité pleinement de retrouver des collines et des vallées.

Dans deux petits villages sur le chemin, les propriétaires de la pension m’ont tout de suite prévenu que je n’y trouverais rien à manger le soir – ni magasin, ni restaurant, ni snack. Ces dames si gentilles m’ont alors proposé de cuisiner pour moi. C’était tout simplement un très beau geste, et en plus c’était délicieux. L’hospitalité était presque toujours au rendez-vous le long de mon chemin, mais ici, il y avait la cerise sur le gâteau. Ifta et Reichenbach, voilà ces deux charmants villages ! À Reichenbach, tout pèlerin devrait absolument goûter la glace du camion de glaces de mes hôtes – je la recommande vraiment, vraiment.

Hêtraie sur l’Elisabethpfad

Pont sur la Werra

Pont sur la Werra

Chemin de campagne avec vue sur la vallée, Elisabethpfad

De l’eau dans les églises de village et la tête libre

Côté paysages, l’Elisabethpfad a été pour moi la plus belle partie de mon chemin de Saint-Jacques – et je le dis alors que j’ai trouvé chaque section très belle. Ce qui m’est particulièrement resté en mémoire, ce sont les nombreuses petites églises où les paroisses mettaient gratuitement de l’eau à disposition des pèlerins. Ce petit geste m’a fait plaisir à chaque fois.

Homberg (Efze)

Homberg (Efze)

Plus je marchais, plus j’appréciais de marcher seul. Ma tête se libérait de plus en plus, et je percevais bien plus intensément moi-même, mon chemin et ce qui m’entourait. Les journées de pèlerinage sont très « simples », et c’est justement pour cela qu’elles sont merveilleuses : se lever le matin, prendre le petit-déjeuner, se préparer, partir marcher, arriver, manger quelque chose, dormir – et le jour suivant pouvait déjà commencer. De retour chez moi, j’ai d’abord dû me réhabituer à un autre quotidien. Il m’a fallu quelques semaines pour avoir de nouveau le sentiment d’être arrivé.

Arrivée à Marburg

Au bout du chemin se trouve Marburg, une véritable perle de ville. J’avais loué un petit studio d’étudiant dans une maison vieille de 400 ans et j’y suis resté trois nuits. Marburg a été pour moi la plus belle ville de tout le chemin. J’y reviendrai !

L’église Sainte-Élisabeth de Marburg, au terme de l’Elisabethpfad

L’église Sainte-Élisabeth de Marburg, au terme de l’Elisabethpfad

Vieille ville de Marburg

Vieille ville de Marburg

Le château des landgraves à Marburg

Le château des landgraves à Marburg

Mon bilan

Bilan de l’Elisabethpfad :

J’aime les moyennes montagnes ! Et c’était la bonne décision de traverser l’Allemagne en pèlerin. Le long temps passé sur mon chemin de Saint-Jacques a joué un rôle important pour moi. Avec le recul, je suis reconnaissant de ne pas avoir pu marcher sur le chemin du Nord en Espagne.

Mes étapes sur l’Elisabethpfad

  1. Ifta
  2. Hoheneiche
  3. Reichenbach
  4. Malsfeld
  5. Homberg (Efze)
  6. Frielendorf
  7. Treysa
  8. Stadtallendorf
  9. Marburg

La suite avec la Partie 3 : Lahn-Camino – de Marburg à Lahnstein.

Vous trouverez le chemin lui-même, avec ses étapes, sa carte et ses hébergements, dans Camino Ninja : Elisabethpfad 2 (Eisenach – Marburg).