Mosel-Camino
Le « Mosel-Camino » vous mène, en 8 étapes et sur 157,1 kilomètres, de Coblence-Stolzenfels à l'abbaye bénédictine Saint-Matthias de Trèves — où se trouve la seule tombe d'apôtre au nord des Alpes. C'est un sentier d'altitude, et non un sentier longeant les rives : il contourne les méandres de la Moselle en passant par les hauteurs du Hunsrück et de l'Eifel, avec un dénivelé total de 3 899 mètres — et suit une relique qui a parcouru ce même chemin 700 ans avant toi.

- 01En bref
- 02Aperçu
- 03753 merveilles sur le chemin menant à une tombe qui n'en recense aucune
- 04Autres noms
- 05À qui cela convient-il le mieux – et à qui cela convient-il moins bien ?
- 06Parcours et paysage
- 07Étapes, terrain et niveau de difficulté
- 08Les points forts du parcours
- 09Comment les pèlerins empruntent ce chemin
- 10Continuer le pèlerinage ?
- 11Préparation et aspects pratiques
- 12Ce que te coûte ce trajet
- 13Comment s'y rendre
En bref
- Départ / Arrivée: Coblence-Stolzenfels (rives du Rhin, en contrebas du château de Stolzenfels) → Trèves, abbaye bénédictine Saint-Matthias — la seule tombe d'apôtre au nord des Alpes
- Longueur: 157,1 km (environ 180 km avec tous les détours) — un sentier d'altitude traversant le Hunsrück et l'Eifel, qui contourne les boucles de la Moselle et change plusieurs fois de rive
- Dénivelé: ↗ 3 899 m / ↘ 3 867 m — un peu moins de 500 mètres de dénivelé positif par jour, entre 68 et environ 435 mètres d'altitude ; les 7 685 m mentionnés ailleurs sont une erreur de comptage du fichier GPX
- Durée: 8 étapes (7 à 9 jours) — la Confrérie de Saint-Jacques de Trèves propose également un itinéraire en 9 étapes qui allège les deux longues journées
- Balisage: une coquille Saint-Jacques jaune sur fond bleu, accompagnée de flèches jaunes — bien plus d'un millier de panneaux et d'autocollants, entretenus bénévolement par des « parrains des sentiers » ; il est pratiquement impossible de se perdre, mais il vaut mieux tout de même emporter un fichier GPX dans ses bagages
- Voie d'accès: Le Lahn-Camino et le Rhein-Camino se terminent en face, à Oberlahnstein ; le Chemin de Saint-Jacques de la rive gauche du Rhin passe par Stolzenfels ; en cours de route, l'Eifel-Camino les rejoint à Klausen, et la Via Coloniensis à Trèves-Biewer
- Prolongement: À Trèves, le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle Trèves – Le Puy commence à la même porte d’église — le Mosel-Camino correspond à la première semaine du chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle
- Meilleure période: De mars à octobre ; septembre offre le meilleur compromis entre la météo, les coteaux verdoyants et la fin des fêtes du vin
- Caractère: Un petit « Camino » riche en culture, sans chaîne d'auberges — seulement deux auberges de pèlerins sur tout le parcours ; on y séjourne généralement chez des vignerons, et il faut réserver à l'avance
Aperçu
Le Mosel-Camino porte le nom d'une rivière qu'il effleure à peine: 157,1 kilomètres de Coblence-Stolzenfels à l'abbaye bénédictine St. Matthias à Trèves, où se trouve la seule tombe d'apôtre au nord des Alpes — mais au lieu de longer la rive, le chemin s'enfonce dans les hauteurs du Hunsrück et de l'Eifel, coupe court aux méandres de la Moselle et en paie le prix avec 3 899 mètres de dénivelé. Son origine est également inhabituelle : ni association, ni administration, ni syndicat interdépartemental — à l'été 2008 deux particuliers ont, Karl-Josef Schäfer et Wolfgang Welter, le tracé a été tracé, sous le parrainage de la Confrérie de Saint-Jacques de Trèves. Ce sentier n'a pas d'association gestionnaire. Il porte deux noms, compte bien plus d'un millier d'autocollants et bénéficie du soutien de parrains et marraines qui les collent bénévolement.
Une relique a prouvé avant toi que tu es sur la bonne voie. Pour 1220 un chevalier fit construire à Kobern — de l’autre côté de la Moselle, en face de ta première étape — la tour hexagonale Matthiaskapelle sur le modèle de l'église du Saint-Sépulcre : pour le Tête de l'apôtre Matthias, qu'il aurait rapporté de la croisade. Puis la tête poursuivit son chemin: 1347 au château de Sayn, 1381 vers l'Ehrenbreitstein en passant par Coblence, afin de 1420 dans la cathédrale de Trèves — et depuis 1927 Il repose à Saint-Matthias, exactement là où ton chemin s'achève. La tête de Matthias a parcouru ce chemin il y a 700 ans — tu le parcourras en huit jours, alors qu’il a fallu sept siècles à la relique pour le faire.
753 merveilles sur le chemin menant à une tombe qui n'en recense aucune
La 6e étape mène au deuxième plus grand lieu de pèlerinage du diocèse de Trèves, et son histoire commence avec un journalier: 1440 présente Eberhard — Petit agriculteur et vigneron — une image de Notre-Dame des Douleurs dans un calvaire de douze pieds de haut, 1442 il construit à côté une cabane en« drei Schritten Länge, zwei Schritten Breite »; son nom a donné naissance au nom de la localité : Eberhardsklausen, aujourd’hui Klausen. En tant que Anna von Esch Le curé de Piesport proteste contre le fait qu’une guérison ait eu lieu après la communion dans la chapelle qui n’était pas encore consacrée — et cette querelle entre ecclésiastiques ne fait que renforcer la crédibilité du lieu. 1449 l'archevêque consacre l'église, 1459 sont pris en charge par les chanoines de Windesheim, et l'un d'entre eux, Wilhelm von Bernkastel, consigné entre 1485 et 1536 dans son Historia domestica monasterii Everhardi Clusae exactement 753 miracles survenus entre 1447 et 1536 — Des guérisons de cécité, de surdité et de paralysie, rapportées dès 1640 dans des recueils imprimés consacrés aux miracles. Aujourd’hui, le site accueille plus de 100 000 pèlerins par an.
Et maintenant, la ligne d'arrivée, 25 kilomètres plus loin : à St. Matthias à Trèves, où l'on 1127 qui, lors de travaux de démolition, a découvert les ossements de l'apôtre, il existe Ce n'est pas un livre de miracles — rien que des guides de pèlerinage et un livre de dévotion datant de 1652. Et ce n’est pas tout: La recherche historique conteste l'existence même de reliques de Matthias à Trèves. Cela n'a rien changé. Depuis le XIe siècle, les Matthiasbruderschaften vers le sanctuaire des Apôtres : aujourd'hui, environ 160 groupes par an, la plupart effectuant un pèlerinage à pied de trois à quatre jours, principalement pendant les deux semaines autour de la Pentecôte. À 25 kilomètres de l'arrivée, ils ont compté 753 miracles. À l'arrivée : pas un seul — et pourtant, le pèlerinage se poursuit depuis 900 ans. La marche n'a jamais dépendu des éléments de preuve.
Pour brosser un tableau fidèle de la situation, il faut également préciser ceci : il n'existait pas de « Mosel-Camino » au Moyen Âge — ni itinéraire, ni document, ni nom de chemin avant 2008. La ligne est récente, mais elle traverse un territoire très ancien : La Jakobuskapelle in Zell-Kaimt est 1143 mentionnée pour la première fois et porte encore aujourd’hui le nom de son saint patron, saint Jacques ; le Bleidenberg, au-dessus d’Alken, possède un Lettre d'indulgence de 1256 — 40 jours d'indulgence pour ceux qui gravissent la montagne, exactement ce que tu fais lors de la première étape. Et la fin de ce monde ancien a une date : au cours de cette même semaine de juillet 1802 L'administration française a rattaché pas moins de trois monastères situés le long de ce chemin. Le Mosel-Camino ne revendique pas d'histoire — il la rassemble.
Autres noms
Il existe plusieurs façons d'écrire ce chemin, mais elles désignent toutes la même chose: Moselcamino, Mosel Camino, Mosel-Jakobsweg ou tout simplement« Jakobsweg von Koblenz nach Trier ». Il n'a pas de nom médiéval, car il n'existait pas à l'époque — ce nom date de 2008 et a été donné par les deux hommes qui ont tracé le parcours. Mieux vaut dissiper tout de suite deux malentendus : le Eifel-Camino, qui se jette dans Klausen, est également« Matthiaspilgerweg » appelé — ceux qui le recherchent tombent donc sur le voisin d’Andernach, qui mesure lui aussi environ 160 kilomètres. Et il arrive parfois que le terme générique« Mosel-Eifel-Camino » lorsque quelqu'un décrit ces deux itinéraires d'un seul souffle. Il s'agit ici toujours de la ligne Coblence-Stolzenfels → Trèves-Saint-Matthias.
À qui cela convient-il le mieux – et à qui cela convient-il moins bien ?
Ce parcours est fait pour toi si tu es une premier itinéraire de pèlerinage de longue distance en Allemagne Ce que tu recherches : une semaine de randonnée, avec un balisage impeccable, et le soir, tu ne te retrouves pas dans un dortoir bondé, mais dans une ferme viticole. C’est l’idéal si, pour toi, les églises et les monastères ne sont pas simplement des étapes du parcours, mais la raison même de ta randonnée — sur 157 kilomètres, tu trouveras la tombe d’un apôtre, un lieu de pèlerinage accueillant plus de 100 000 pèlerins par an, le « Moseldom » roman de Karden et six anciens monastères. Et il est idéal si tu aimes voyager en train : la ligne de la Moselle longe le parcours presque sans interruption ; tu peux parcourir chaque étape séparément, t'arrêter, puis reprendre plus tard.
Mais, pour être honnête, ce n'est pas pour toi si tu imagines que le « Moselweg » est une rive plate. Le Camino s'éloigne de la rive: 3 899 mètres de dénivelé sur 157 kilomètres, deux étapes de plus de 24 kilomètres, et les descentes vers Alken, Karden et Bullay mettent les jambes à rude épreuve. Ce parcours ne te conviendra pas non plus si tu espères trouver un hébergement de dernière minute : il n'y a exactement deux auberges de pèlerins tout au long du parcours — l’« Alte Lateinschule » à Traben-Trarbach et l’« Eberhardsklause » à Klausen —, tout le reste étant des pensions, des gîtes ou des chambres chez des vignerons et doit être réservé à l'avance. Et tu ne croiseras pratiquement aucun autre pèlerin ici : sur le Mosel-Camino, tu es souvent le seul à porter une coquille Saint-Jacques sur ton sac à dos.
Parcours et paysage
Le parcours commence au bord du Rhin, et non de la Moselle : sous Schloss Stolzenfels, que Schinkel et Stüler ont transformé, entre 1836 et 1842, d’un château fort douanier de Trèves-la-Curative détruit en 1689 en chef-d’œuvre du romantisme rhénan. De là, le Camino s’éloigne immédiatement du fleuve, longeant les vestiges d’un du temple romain dédié à Mercure, et n'atteint la Moselle que le soir du premier jour — à Alken sous le double château Thurant, dont les deux donjons (« Trierer Turm », « Kölner Turm ») rappellent un traité de réconciliation datant de 1248. Ce schéma se répète pendant huit jours: en bas vers la rivière, en haut sur les hauteurs, puis de nouveau en bas. La Moselle serpente ici en méandres qu’il serait absurde de parcourir à pied — le Zeller Hamm à lui seul mesure près de 14 kilomètres —, et le sentier la contourne, tantôt par les hauteurs du Hunsrück, tantôt par celles de l’Eifel, en changeant plusieurs fois de rive. La récompense se trouve dès la deuxième étape : après Lasserg, le sentier descend dans la vallée de l'Elzbach, et au milieu du chemin se dresse Burg Eltz — Mentionné pour la première fois en 1157, jamais conquis, appartenant à la même famille depuis 34 générations.
Ce que t'offrent ces hauteurs, ce sont des panoramas que personne ne peut admirer depuis la rive : la boucle de la Moselle vue depuis la Marienburg sur le Petersberg, la vue depuis le Kompesköpfchen sur Karden, la Graacher Schanzen en passant par Bernkastel, le panorama depuis le Brauneberg. Par endroits, le sentier traverse des coteaux escarpés dont tu connais les noms grâce à ta cave à vin — Zeller Schwarze Katz, le « Juffer » de Brauneberg, le « Himmelreich » de Graach — et passe près de Bullay le Calmont De l'autre côté : le vignoble le plus escarpé d'Europe, avec une pente pouvant atteindre 65 degrés, se trouve sur ce chemin une perspective, pas une corvée — Si vous souhaitez emprunter la via ferrata, il vous faudra faire un détour par la rivière et prévoir une demi-journée supplémentaire. C'est entre Monzel et Klüsserath que le chemin est le plus paisible : chemins de campagne, chapelles forestières, l'église de pèlerinage de Klausen. Et le dernier jour, l'ambiance devient d'abord, de manière inattendue, industrielle — Quint, Ehrang, Biewer — puis soudainement romaine : le pont Kaiser-Wilhelm, l'ancienne grue, le pont romain, St. Matthias.
Étapes, terrain et niveau de difficulté
Huit étapes, c'est la norme — c'est ainsi que le gérant et la Confrérie de Saint-Jacques de Trèves, qui organisent en outre une Version en 9 étapes qui divise les deux longues journées 3 et 4 en trois journées plus courtes passant par Beilstein et Zell. D'après notre base de données d'itinéraires, il s'agit de 157,1 kilomètres, avec 3 899 mètres de dénivelé positif et 3 867 mètres de dénivelé négatif; les distances par étape indiquées ci-dessous proviennent des fiches d'étape et sont donc accompagnées de la mention « env. ». Ce qui est éprouvant, ce ne sont pas les revêtements — chemins forestiers, champs et sentiers de vignoble, courts tronçons goudronnés —, mais les profils : vous oscillez constamment entre 68 et environ 435 mètres d’altitude, mais cumulez tout de même près de 4 000 mètres de dénivelé positif, car le sentier compense chaque boucle par une crête. Il est difficile de se perdre — le balisage est considéré comme exemplaire —, mais celui-ci est entretenu par des bénévoles, et non par les autorités : téléchargez le fichier GPX sur votre téléphone. Et le véritable critère de planification, c’est le lit: Ce n'est pas ta condition physique qui détermine ton objectif d'étape, mais l'emplacement d'un hébergement.
- Koblenz-Stolzenfels → Alken — environ 18 km — Départ sur les rives du Rhin, au pied du château de Stolzenfels, en passant par les vestiges d’un temple romain dédié à Mercure, puis par Waldesch et le Hünenfeld jusqu’à l’église de la Trinité sur le Bleidenberg (lettre d’indulgence de 1256, depuis 2012 première pierre de pèlerinage du chemin) ; descente raide par le Chemin de Croix de 1648 jusqu’à Alken, au pied du double château de Thurant.
- Alken → Treis-Karden — environ 18 km — Traverser le pont sur la Moselle pour rejoindre le versant de l'Eifel en direction de Löf et Hatzenport, puis, après Lasserg, descendre dans la vallée de l'Elzbach — à mi-chemin : le château d'Eltz. Depuis le belvédère du Kompesköpfchen, descente raide vers Karden jusqu’à le « Moseldom », Saint-Castor.
- Treis-Karden → Bullay — environ 28 km — La longue journée, et la plus belle : en passant par le château de Wildburg, dans la vallée du Flaumbach jusqu’au monastère de Maria Engelport (maison d’hôtes et restaurant — ici, on peut diviser l’étape en deux), puis vers Beilstein avec les ruines du château de Metternich, avant de traverser les hauteurs du Hunsrück jusqu’à la chapelle de Lindenhäuschen et de redescendre vers Bullay. En face, inégalé : le Calmont.
- Bullay → Traben-Trarbach — environ 24 km — Montée en lacets jusqu’au château de Marienburg dans le Zeller Hamm (consacré en 1157), descente vers Zell-Kaimt jusqu’à Saint-Jacques (chapelle mentionnée pour la première fois en 1143), traversée de Zell (Schwarze Katz), puis via Enkirch et Starkenburg jusqu’à Traben-Trarbach — Hébergement : auberge de pèlerins « Alte Lateinschule », l’une des deux seules sur le parcours.
- Traben-Trarbach → Osann-Monzel — environ 17 km — Étape de détente à la découverte des grands noms de la viticulture : passage par les « Graacher Schanzen » jusqu'à Bernkastel et Kues (fondation Cusanus abritant le cœur de Nicolas de Cuse), puis à travers les vignes en passant par Lieser et le Brauneberg jusqu'à Monzel.
- Osann-Monzel → Klüsserath — environ 19 km — L'étape de pèlerinage : direction Klausen et l'église de pèlerinage de la Visitation de Marie (image miraculeuse datant de 1440 environ, plus de 100 000 pèlerins par an — c'est ici que rejoint l'Eifel-Camino ; auberge de pèlerins « Eberhardsklause »), puis tranquillement le long des chapelles forestières jusqu’à Klüsserath, à l’embouchure de la Salm.
- Klüsserath → Schweich — environ 14 km — La journée la plus courte : via Ensch, à travers les vignes et la forêt jusqu'à Schweich — idéale pour une demi-journée de repos ou pour avancer la dernière étape.
- Schweich → Trier St. Matthias — environ 20 km — Plus long et plus raide que prévu : à travers la forêt jusqu’à Trèves-Quint, puis par la lande d’Ehrang jusqu’à Trèves-Biewer (c’est là que rejoint la Via Coloniensis), puis par le pont Kaiser-Wilhelm, le long de l’Alte Kran et du pont romain jusqu’à l’abbaye bénédictine Saint-Matthias. Au tombeau de l’apôtre : cachet de pèlerin et bénédiction des pèlerins.
Si vous souhaitez alléger le parcours, optez pour la version en 9 étapes proposée par la confrérie (Treis-Karden → Beilstein → Zell → Traben-Trarbach à la place des jours 3 et 4) ou divisez par deux la 28e étape au monastère de Maria Engelport ; si tu es sportif, tu peux regrouper les étapes 6 et 7 pour arriver à sept jours. Et comme la Moselle longe le parcours presque sans interruption, le train est ta solution de secours : tu peux presque chaque jour interrompre ton périple, sauter une étape ou faire envoyer tes bagages à l'avance.
Les points forts du parcours
- Schloss Stolzenfels, Koblenz — le château fort douanier de l’archevêque Arnold II (1242-1259), détruit en 1689, puis reconstruit dans le style néogothique entre 1836 et 1842 sous la direction de Lassaulx, Schinkel et Stüler ; Entrée de Frédéric-Guillaume IV le 14 septembre 1842. « L'œuvre phare du romantisme rhénan », inscrite depuis 2002 au patrimoine mondial de l'UNESCO sous le nom de « Vallée du Haut-Rhin moyen » — ton kilomètre zéro.
- Matthiaskapelle Kobern-Gondorf (Prologue avant le départ, depuis le train régional d'en face) — édifice central hexagonal datant des années 1220/40, inspiré de l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, construit pour accueillir la tête de l’apôtre Matthias, qui repose depuis 1927 à Trèves. Visite possible uniquement les week-ends d’été.
- Église de pèlerinage du Bleidenberg, à Oberfell — Consacrée en 1250, le jour de la Trinité ; lettre d'indulgence de 1256 accordant 40 jours d'indulgence ; chemin de croix d'Alken depuis 1648 ; depuis 2012, on y trouve la première pierre de pèlerinage du Mosel-Camino.
- Le château de Thurant, au-dessus d'Alken — Construit entre 1198 et 1206 par le comte palatin Henri le Long, assiégé entre 1246 et 1248 par les archevêques de Trèves et de Cologne ; le traité de réconciliation du 17 novembre 1248 est considéré comme l'un des plus anciens documents écrits allemands. Depuis lors, il comporte deux donjons : le Trierer Turm et le Kölner Turm, séparées par un mur.
- Burg Eltz — mentionné pour la première fois en 1157 dans un acte de Frédéric Barberousse (« Rudolfus de Elze »), jamais conquis ni détruit, appartenant à la même famille depuis plus de 800 ans, aujourd’hui à la 34e génération ; figurant en 1961 sur le billet de 500 DM. Le sentier passe juste à côté ; visites guidées du 1er avril au 1er novembre.
- Collégiale Saint-Castor, Karden — la «Moseldom» : Castor († vers 400) était un disciple de Maximin, évêque de Trèves ; le chœur roman a été construit à partir de 1186 ; le retable en terre cuite, datant de 1425-1430 environ, est considéré comme le plus ancien de Rhénanie à avoir été cuit. L'abbaye a été supprimée en 1802.
- Le monastère Maria Engelport dans la vallée du Flaumbach — fondée vers 1220 par le chevalier Emelrich von Monreal, « porta angelica », rattachée à l’ordre des Prémontrés en 1272, supprimée en 1802, refondée en 1903 par les Oblats, puis reprise depuis 2014 par les Sœurs de l’Adoration. Maison d'hôtes, boutique du monastère, restaurant — au cœur de la plus longue étape.
- Le Calmont (vu de l'autre côté) — Le vignoble le plus escarpé d’Europe, avec une pente pouvant atteindre 65 degrés, situé entre Bremm et Ediger-Eller, de l’autre côté de la Moselle. Sur ce chemin, la vue est imprenable, mais ce n’est pas une promenade de santé : la via ferrata de l’autre côté nécessite un bon pied sûr et une demi-journée supplémentaire.
- Marienburg auf dem Petersberg — Couvent des Augustines fondé en 1146, consécration de l'église le 18 octobre 1157 par l'archevêque Hillin, supprimé en 1514/15 par le pape Léon X, détruit en 1650, vendu aux enchères en 1803. La vue sur le Zeller Hamm, long de 14 kilomètres, est la plus belle de tout le parcours.
- St. Jakobus der Ältere, Zell-Kaimt und die Schwarze Katz » — La chapelle Saint-Jacques est mentionnée pour la première fois en 1143 ; à l'intérieur, on peut voir une plaque romane en calcaire datant d'environ 1220, sur laquelle figurent les noms des donateurs Sifrid et Friderun ; le tabernacle a la forme d'une vigne. À quelques pas de là, à Zell : le vignoble « Schwarze Katz » tire son nom, depuis 1863, d'un chat nommé Mori qui, en sautant sur un tonneau, avait convaincu des marchands d'Aix-la-Chapelle de l'acheter.
- Burgruine Starkenburg — C'est ici que Loretta von Sponheim retint prisonnier pendant un mois, durant l'été 1328, l'archevêque de Trèves Baudouin de Luxembourg ; elle fut excommuniée — et obtint satisfaction. Tu te rends à pied jusqu'à la tombe, qui appartient à l'archevêché, et tu passes devant le château où une veuve a fait payer l'archevêque.
- St.-Nikolaus-Hospital / Cusanusstift, Bernkastel-Kues — Fondé en 1458 par Nicolas de Cues, pour 33 hommes dans le besoin âgés de plus de 55 ans — 33, comme les années de la vie du Christ. Il abrite la plus importante bibliothèque privée du Moyen Âge qui nous soit parvenue ; le cœur du cardinal repose dans la chapelle, tandis que sa dépouille repose à Rome. Le fils le plus célèbre de ce chemin n’est revenu que sous la forme d’un cœur.
- Sanctuaire de la Visitation, Klausen — Image miraculeuse de la Pietà, vers 1440 (bois de chêne, 20 cm), autel de la Passion d'Anvers, vers 1480, orgue Rieger de 2007, le «Eberhardsfässchen» sur la tour, les pipes à sucre de Klausen comme souvenirs. Deuxième lieu de pèlerinage du diocèse de Trèves ; c’est au pied de l’église que se rejoignent le Camino de l’Eifel et le Mosel-Camino — la stèle des pèlerins qui s’y trouve a été consacrée le 23 avril 2010.
- Benediktinerabtei St. Matthias, Trier — la seule tombe d’apôtre au nord des Alpes, redécouverte en 1127 lors de travaux de démolition. Tu peux accéder à la tombe par un escalier — ou un ascenseur — menant à la crypte ; tu trouveras des tampons de pèlerinage et la bénédiction des pèlerins à l'abbaye, où un moine est spécialement affecté au service des pèlerins. C'est ta destination — et le point de départ du chemin vers la France.
Comment les pèlerins empruntent ce chemin
Le trajet le plus naturel s'achève à deux kilomètres du départ, de l'autre côté du Rhin. Le Lahn-Camino descend sur environ 140 kilomètres depuis Wetzlar et se termine à la Hospitalkapelle St. Jakobus in Oberlahnstein — cet hôpital médiéval pour pèlerins, mentionné pour la première fois dans un acte datant du 24. November 1330 devient tangible (« provisor hospitalis pauperum in Laynstein »), et dans le sol duquel on a mis au jour en 1982 la tombe d'un pèlerin de Saint-Jacques — la quatrième jamais découverte en Allemagne. À deux kilomètres de ton point de départ se trouve donc un véritable chemin de pèlerinage de Saint-Jacques ; le chemin lui-même date de 2008 — mais ceux qui l’ont parcouru en esprit étaient là depuis bien longtemps. C’est précisément pour ces pèlerins que le Mosel-Camino a été aménagé : «Mit der Eröffnung des Mosel-Caminos im Jahr 2008 ist für die Pilger der Anschluss an den Lahn-Camino geschaffen worden», écrit la Confrérie de Saint-Jacques de Trèves. Il reste toutefois un hic : le bac reliant l’église Saint-Jean à Stolzenfels n'existe plus — Ceux qui veulent traverser empruntent le pont ferroviaire nord d'Horchheim, ce qui représente un détour de quelques kilomètres qu'il faut prévoir à l'avance et non pas découvrir en cours de route.
Deux autres sentiers viennent de la vallée du Rhin : le Rhein-Camino de Kaub, qui se jette à cet endroit même dans l'Oberlahnstein (les deux ont été balisés en 2001 par le Taunusklub), et le Linksrheinische Jakobsweg de Cologne à Bingen, dont le tronçon passant par Coblence longe le « Deutsches Eck » jusqu’à la commune de Stolzenfels — il passe tout près de ton point de départ. En chemin, le sentier est rejoint par un autre : à Klausen, au pied du sanctuaire, se jette le Eifel-Camino d'Andernach, que la Confrérie Saint-Matthias de Mayen a balisé à partir de 2008 à l'aide de pierres de pèlerinage en lave basaltique — c'est de là que vous partirez ensemble pour Trèves. Et à Trier-Biewer, juste avant l'arrivée, arrive la Via Coloniensis de Cologne. Ce chemin rassemble ses pèlerins comme la Moselle rassemble ses ruisseaux.
Continuer le pèlerinage ?
Ce parcours ne s'achève pas à Trèves, il est transmis — à la même porte de l'église. Le Jakobsweg Trier – Le Puy Il part de l'église abbatiale Saint-Matthias, où tu viens d'arriver, et s'étend sur 886 kilomètres en passant par Metz, Toul, Langres, Dijon, Beaune et Cluny jusqu'au Puy-en-Velay ; en France, il s'appelle„Chemin des Allemands“, le « Chemin des Allemands » — non pas d’après un ancien document, mais parce qu’aujourd’hui, ce sont presque exclusivement des Allemands qui l’empruntent. Au Puy, c’est la Via Podiensis en passant par Conques, Cahors et Moissac jusqu’aux Pyrénées, où le Camino Francés commence. Ceux qui continuent à Saint-Matthias ont encore environ 2 400 kilomètres à parcourir jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle — Le Mosel-Camino correspond à la première semaine de ce parcours.
De plus, tu n'arrives pas seul à Trèves : il y a aussi le Jakobsweg Fulda–Trier de la Hesse orientale s'achève ici, à ce sujet, le Eifel-Camino, le Hunsrücker Jakobsweg et la Via Coloniensis — Trèves est le point de convergence des chemins allemands, avant que l’un d’entre eux ne se prolonge vers la France. Ceux qui ne poursuivent pas leur route peuvent obtenir le tampon et le Certificat de pèlerinage de Trèves: Pour cela, tu dois justifier les 100 derniers kilomètres, ce qui est facilement possible en empruntant le Mosel-Camino au départ de Traben-Trarbach ou de Monzel.
Préparation et aspects pratiques
Réservez à l'avance : c'est la chose la plus importante à retenir pour cet itinéraire. Il y a exactement deux auberges de pèlerins sur 157 kilomètres : la« Alte Lateinschule » à Traben-Trarbach (4e étape) et la« Eberhardsklause » à Klausen (étape 6) : les deux veulent voir ton carnet de pèlerin. Le reste, ce sont des pensions, des chambres d'hôtes et Chambre du vigneron, et pendant la saison, les localités de la Moselle sont bondées — vendanges et fêtes du vin comprises. Le site mosel-camino.info met à disposition une liste d'hébergements à télécharger, mais décline expressément toute garantie d'exhaustivité «aufgrund allzu häufig sich ändernder Rahmenbedingungen» : Vérifie-la juste avant ton départ et appelle directement. Si la 3e étape de 28 kilomètres te fait peur, tu peux la diviser en Couvent Maria Engelport — La maison d'hôtes et le restaurant se trouvent exactement au milieu.
Compte en dénivelé, pas en kilomètres. 3 899 mètres de dénivelé positif en huit jours, cela représente près de 500 mètres par jour, mais les montées ne sont pas réparties de manière régulière : le Bleidenberg, le Marienburg et les passages entre les hauteurs du Hunsrück et de l’Eifel sont courts et raides, tandis que les descentes vers Alken, Karden et Bullay mettent les genoux à rude épreuve — ici, les bâtons ne sont pas là pour faire joli. On trouve de l’eau dans les localités traversées, mais pas sur les hauteurs entre celles-ci : entre Beilstein et Bullay, ainsi qu’entre Monzel et Klüsserath, tu parcourras de longues distances sans possibilité de faire une pause, il faut donc emporter deux litres d’eau. Le Carte de pèlerin tu dois te le procurer au préalable auprès de la Confrérie de Saint-Jacques de Trèves ou de ton diocèse — et collectionner rigoureusement les tampons, car pour obtenir le certificat de pèlerinage de Trèves, tu dois justifier des 100 derniers kilomètres parcourus.
Meilleure période : de mars à octobre, et le mois de septembre est le compromis que les guides de randonnée recommandent le plus souvent : entre 20 et 25 degrés, les coteaux encore verts, les fêtes du vin pour la plupart terminées. En plein été, les versants sud deviennent chauds et dépourvus d’ombre ; en hiver, les sentiers des vignobles sont glissants et de nombreux domaines sont fermés. Le guide est celui de Karl-Heinz Jung / Wolfgang Welter, « Mosel-Camino », Conrad Stein OutdoorHandbuch, tome 291 (6e édition 2025, 96 pages, 16 cartes) ; des tracés GPS sont disponibles dans cet ouvrage et sur le site de l’éditeur — emporte-les avec toi, car le balisage est entretenu par des bénévoles, et non par les autorités. Planifie tes étapes quotidiennes à l’avance, car les hébergements sont peu nombreux et répartis de manière inégale — le plus simple est de le faire directement dans l’application Camino Ninja, où tu peux organiser tes étapes et réserver d’emblée les hébergements adaptés.
Ce que te coûte ce trajet
Le Mosel-Camino n'est pas un itinéraire bon marché, mais ses coûts sont prévisibles (tous les prix sont valables en août 2026). Les deux auberges de pèlerins proposent les nuitées les moins chères du parcours: Traben-Trarbach (« Alte Lateinschule ») : environ 27 €, Klausen (« Eberhardsklause ») : environ 25 € par nuit. Sinon, tu paies dans une chambre chez le vigneron, une maison d'hôtes ou une pension environ 35 à 40 € pour une chambre simple avec petit-déjeuner; pour un plat principal dans une auberge de la Moselle, il faut compter entre 10 et 12 €. Au total, les comptes rendus d'itinéraire s'élèvent à De 35 à 47 € par jour et par personne — pour huit jours environ 300 à 400 € hors frais de déplacement. Il y a deux paramètres à prendre en compte: réserver directement plutôt que via des portails (ce qui permet, d'après l'expérience, d'économiser dix à quinze euros par nuit), et de modifier les points d'arrivée des étapes — Bernkastel-Kues et Traben-Trarbach sont des villes touristiques aux tarifs élevés, tandis que Monzel, Ensch ou Klüsserath sont nettement moins chères. Sans oublier les petits détails que l'on a tendance à oublier : le carnet de pèlerin, les entrées au château de Stolzenfels et au château fort d’Eltz (visites guidées uniquement du 1er avril au 1er novembre) et les billets de train — la ligne ferroviaire de la Moselle est la meilleure assurance « issue de secours » que tu puisses avoir (situation en août 2026).
Comment s'y rendre
Vers Coblence-Stolzenfels: Le trajet pour s'y rendre est l'un des plus simples de tous les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle allemands, car le point de départ et le point d'arrivée se trouvent dans des gares grandes lignes. Koblenz Hauptbahnhof Il y a un arrêt ICE/IC sur la ligne du Rhin (Cologne, Mayence, Francfort) ; depuis la gare, le bus urbain vous emmène à l'arrêt en environ 15 minutes Stolzenfels Schlossweg, de là, il ne faut que quelques minutes pour rejoindre les rives du Rhin, au pied du château. Ceux qui partent de Lahn-Camino se trouve à Oberlahnstein, du mauvais côté du Rhin : l'ancien bac reliant l'église Saint-Jean à Stolzenfels n'existe plus — il reste la partie nord Horchheimer Eisenbahnbrücke, un petit détour de quelques kilomètres que tu prévois de faire.
De retour de Trèves: Depuis le point d'arrivée de Saint-Matthias, il y a environ deux kilomètres ou quelques minutes en bus jusqu'à Trier Hauptbahnhof, avec des liaisons vers Coblence (ligne de la Moselle), Sarrebruck, Cologne et Luxembourg ; les aéroports les plus proches sont ceux de Luxembourg-Findel, Francfort-Hahn et Cologne/Bonn. Mais l'astuce de cet itinéraire réside en réalité dans les Arrêts intermédiaires: Le tronçon de la Moselle entre Coblence et Trèves longe l'itinéraire presque sans interruption, avec des arrêts à Kobern-Gondorf, Hatzenport, Treis-Karden, Bullay et Schweich. En toute honnêteté: Toutes les villes d'étape ne disposent pas d'un raccordement ferroviaire — Le train des vins de la Moselle dessert Traben-Trarbach au départ de Bullay ; Bernkastel-Kues n'est accessible qu'en bus (au départ de Wittlich). Presque tout est néanmoins accessible : cet itinéraire peut être fractionné comme pratiquement aucun autre.
- Comment se rendre au point de départ: Gare centrale de Coblence (ICE/IC, ligne du Rhin), puis prendre le bus urbain jusqu’à « Stolzenfels Schlossweg » (env. 15 min) ; en venant du Lahn-Camino, uniquement par le pont ferroviaire nord d'Horchheim — le bac vers Stolzenfels n'existe plus.
- Retour: Depuis la gare centrale de Trèves, direction Coblence, Sarrebruck, Cologne et Luxembourg ; depuis St. Matthias, environ 2 km à pied ou quelques minutes en bus urbain. Aéroports : Luxembourg-Findel, Francfort-Hahn, Cologne/Bonn.
- Entrée intermédiaire: Gares de la ligne de la Moselle à Kobern-Gondorf, Hatzenport, Treis-Karden, Bullay et Schweich ; Traben-Trarbach via le train des vins de la Moselle au départ de Bullay, Bernkastel-Kues uniquement en bus au départ de Wittlich — chaque étape peut être effectuée séparément.
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