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Voie d'Alsace

Le chemin de Saint-Jacques, qui traverse l'Alsace du nord au sud : 303 kilomètres en 13 étapes, de Bad Bergzabern via Wissembourg, à la frontière allemande, en passant par Strasbourg et le mont Sainte-Odile, le long de la Route des Vins, jusqu'à Belfort. Porté par les Amis de Saint-Jacques en Alsace, balisé par le Club Vosgien avec une coquille jaune sur fond bleu — et inauguré le 25 juillet 2003, jour de la Saint-Jacques. Son histoire ne se trouve pas seulement dans les archives, elle est également présente le long du chemin : à Marienthal, une coque indique 2 376 kilomètres jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle, tandis qu’à Châtenois, un panneau en indique 2 263. Entre les deux, il y a 113 kilomètres. La différence correspond.

23 août 202618 min de lecture
Sommaire

En bref

  • Départ / Arrivée: Bad Bergzabern (Palatinat) → Belfort (Porte de Bourgogne)
  • Longueur: env. 303 km (302,9 selon la trace GPS — départ à Bad Bergzabern ; l’itinéraire officiel depuis Wissembourg mesure 276 km)
  • Étapes: 13 étapes — la première Bad Bergzabern–Wissembourg, puis les douze étapes officielles (10–27 km)
  • Dénivelé: env. 4 420 m de montée et 4 280 m de descente (trace GPS de l’itinéraire)
  • Point culminant: Mont Sainte-Odile, 764 m
  • Durée: 11–14 jours
  • Balisage: une coquille Saint-Jacques jaune sur fond bleu, accompagnée des emblèmes du Club Vosgien — depuis 2003
  • Porteur du chemin: Les Amis de Saint-Jacques en Alsace (depuis 1998) en collaboration avec les sections locales du Club Vosgien
  • Meilleure période: D'avril à octobre — la période la plus agréable est mi-septembre, au moment des vendanges

Aperçu

La Voie d'Alsace traverse l'Alsace dans toute sa longueur: 303 Kilometer en 13 étapes, de Bad Bergzabern via Wissembourg à la frontière allemande, à travers la plaine du Rhin, jusqu'à Strasbourg, jusqu'au sommet du Mont Sainte-Odile (764 m), puis six jours le long de la frontière entre la forêt et le vignoble — Barr, Ribeauvillé, Riquewihr, Kaysersberg — et à travers le Sundgau paisible jusqu’à Belfort. Il a été mis à l'honneur par les associations locales du Club Vosgien avec un coquillage jaune sur fond bleu, et l'association organisatrice a attendu que la date soit propice pour procéder à l'inauguration: 25. Juli 2003, la Saint-Jacques. Une association qui attend une date précise ne plaisante pas.

Ce qui justifie cette démarche, c'est un dossier: 1189 Strasbourg a inauguré sa première chapelle Saint-Jacques, 1346 il y avait à Thann un autel dédié à saint Jacques, 1363 Rosheim a fondé un hôpital de Saint-Jacques, 1365 C'est à Strasbourg qu'est née la plus ancienne confrérie de Saint-Jacques du pays — et l'association qui la gère a elle-même rassemblé et publié cette chaîne. Puis vinrent la Réforme et les guerres, et les pèlerinages cessèrent pendant quatre cents ans. Aujourd’hui, tu peux à nouveau parcourir ces étapes, dans le plus grand confort d’ailleurs : chambres d’hôtes et monastères au lieu de dortoirs, un repas chaud tous les soirs. Il suffit juste de réserver à l’avance — l’Alsace n’est pas une région déserte.

Consacrée en 1189, désaffectée en 1525, rouverte en 2003 à l'occasion de la Saint-Jacques

L'Alsace n'a pas inventé de chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle — elle en a redécouvert un, et l'association organisatrice a elle-même publié les preuves. Le 13. Dezember 1189 La première chapelle Saint-Jacques est consacrée à Strasbourg. Puis les autres se succèdent: 1346 un autel dédié à saint Jacques à Thann, 1363 l'hôpital Saint-Jacques de Rosheim, 1364 une rue Saint-Jacques à Thann, 1365 la plus ancienne confrérie de Saint-Jacques d'Alsace, dans l'église des Dominicains de Strasbourg, ainsi que trois autels dédiés à Saint-Jacques dans la cathédrale et des hospices alignés comme des perles sur un fil : Kaysersberg en 1361, Dambach-la-Ville après 1370, Haguenau vers 1455, Saint-Hippolyte en 1502. 1409 Peter Wilfung ramène en Alsace le premier souvenir de Saint-Jacques dont on ait trace par écrit. Et ceux qui ne voulaient pas y aller pouvaient s'en affranchir : Heinrich Blankhart de Lofen fit le vœu 1372 le pèlerinage en guise de pénitence, il obtint une dispense et fit offrir une messe à la place.

L'histoire la plus marquante est représentée par un blason : celui de Herren von Rappoltstein de Ribeauvillé, dont tu parcourras les ruelles lors de la 7e étape. Bruno débutera le 21 juillet 1397 Dans son testament, il a prévu une somme d'argent pour un pèlerinage — il envoie quelqu'un à sa place au lieu d'y aller lui-même. Caspar se brise 1400 part pour Compostelle et n'en revient jamais. Maximilien II revient 1493 sains et saufs à la maison. Trois hommes, une famille, trois destins : payés, disparus, rentrés chez eux. Après les années 1510, les sources se taisent : la guerre des paysans frappe l’abbaye de Marbach, la chapelle de 1189 est victime de la Réforme, l’hôpital de Thann n’assure des soins gratuits que « jusqu’à la guerre de Trente Ans ». Puis : quatre cents ans de silence.

« Le retour » a de nouveau une date. 1998 Odile Egele fonde l'association « Les Amis de Saint-Jacques en Alsace » — la même année où les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. À partir de 2000 Les sections locales du Club Vosgien installent des coquilles en laiton, et l'inauguration aura lieu le 25. Juli 2003, le jour de la Saint-Jacques. Mais le plus beau, c'est que ce sentier n'a pas laissé ses documents aux archives : il les a affichés sous forme de panneaux. À Marienthal porte une coquille Saint-Jacques indiquant qu'il se trouve à 2 376 kilomètres de Saint-Jacques-de-Compostelle, à Châtenois On y voit le panneau « Compostelle 2 263 kilomètres ». Entre les deux, il y a 113 kilomètres de chemin — la différence correspond exactement à ce qu’indique le panneau. Il ne manque qu’une chose, et soyons honnêtes : on ne trouve pas de vestiges de coquillages en Alsace. En revanche, elle possède quelque chose de plus rare : une trace documentaire complète.

Autres noms

En français, ce sentier s'appelle Chemin de Saint-Jacques de Compostelle en Alsace, en bref Chemin d'Alsace; en allemand, tu le trouveras sous le titre Elsässer Jakobsweg. Nous le proposons sous le nom de Voie d'Alsace, car c'est exactement ce qu'il est au sein de la famille des sentiers français : une « voie » à part entière, et non une voie d'accès. La confusion autour des numéros sur Internet s'explique par une raison bien concrète : l'association gestionnaire et le Club Vosgien décrivent le sentier partant de De Wissembourg à Belfort — soit les 303 kilomètres officiels —, tandis que le guide de la Franche-Comté commence quant à lui dès Thann, et une collection komoot bien connue totalise 349 kilomètres, car elle inclut un trajet d'accès de 83 kilomètres au départ de Fribourg ainsi que les variantes passant par Colmar. Et voici une précision qui t'évitera des soucis lors de la planification: Colmar, Sélestat et Obernai ne se trouvent pas sur la route principale. Le chemin passe à côté d'eux — en passant par Katzenthal, Châtenois et Barr.

À qui cela convient-il le mieux – et à qui cela ne convient-il pas vraiment ?

Idéal si tu aimes la richesse culturelle et historique et que tu n’as pas envie d’ascétisme : sur 303 kilomètres, tu découvriras la cathédrale de Strasbourg, la plus ancienne église d’Alsace, un monastère de montagne du VIIe siècle, un chef-d’œuvre gothique à Thann et une douzaine de villages de la Route des Vins dignes d’un livre d’images — et chaque soir, tu arrives dans un village où tu trouveras un lit et un repas chaud. Ce parcours convient également aux débutants : des étapes comprises entre 10 et 27 kilomètres, un balisage exceptionnellement soigné grâce au Club Vosgien, et une gare jamais très loin.

Mais, pour être honnête, ce n'est pas pour toi si tu recherches la solitude et le charme des auberges de pèlerins. Les auberges de pèlerins classiques, comme en Espagne, sont pratiquement inexistantes ici : tu passeras la nuit dans des chambres d'hôtes, des gîtes, des monastères et des hôtels, et tu devras réserver à l'avance, surtout pendant la saison des vendanges. Environ un quart du parcours est goudronné, car l'Alsace est densément peuplée. Et l'ascension du Mont Sainte-Odile n'est pas une mince affaire : sur l'ensemble du parcours, on totalise environ 4 300 mètres de dénivelé, dont une bonne partie se concentre sur cette seule journée. Ce genre d'étapes, on les planifie à l'avance, pas en cours de route.

Parcours et paysage

Le parcours traverse trois régions très différentes de l'Alsace. Les trois premiers jours se déroulent dans la plaine: Wissembourg à la frontière, l'Outre-Forêt, la basilique Sainte-Marie de Marienthal, la vaste forêt de Haguenau, puis la plaine du Rhin jusqu’à Strasbourg. C'est l'association organisatrice elle-même qui décrit le mieux la prochaine étape du parcours : « À la sortie de Strasbourg, le parcours suit de très près le tracé des cours d'eau » — tu suis le canal de la Bruche en passant par le Dompeter, la plus ancienne église d'Alsace, d'après Molsheim, et tu te retrouves soudain au pied des Vosges.

C'est alors que commence la deuxième partie de l'Alsace : le sentier grimpe vers le Mont Sainte-Odile, le point culminant du parcours, en passant devant la Heidenmauer — un rempart circulaire d'environ dix kilomètres, constitué d'environ 300 000 blocs de pierre — puis longe pendant six jours la lisière entre la forêt et le vignoble: Barr, Mittelbergheim, Andlau, Châtenois, Ribeauvillé, Hunawihr, Riquewihr, Kaysersberg, le Haut-Kœnigsbourg au-dessus de vous. Voici la Route des vins d'Alsace vue d'en haut. En passant par Les Trois Épis et Notre-Dame du Schauenberg, on se dirige vers Guebwiller et Thann — et la troisième Alsace est la plus tranquille : la Sundgau, vallonné, boisé, peu de monde, jusqu’à ce que le chemin passe par la Porte de Bourgogne pour rejoindre Belfort arrive à son terme.

Étapes, terrain et niveau de difficulté

L'organisme responsable divise le parcours en douze étapes journalières d'environ 25 kilomètres — soit au total environ 80 heures de marche pure et environ 4.300 Höhenmeter Montée. Techniquement, rien de difficile : à peine un quart de parcours sur asphalte, le reste sur des chemins de campagne et forestiers, le tout balisé par le Club Vosgien. Le seul véritable défi est la 5e étape, qui monte jusqu’au Mont Sainte-Odile ; ensuite, le parcours reste vallonné, mais prévisible. Pour ceux qui disposent de moins de temps : la partie sud à partir de Kaysersberg peut se parcourir en une semaine — l'association et les offices de tourisme proposent à cet effet un itinéraire en cinq étapes de 100 kilomètres dans le Haut-Rhin. Toutes les distances indiquées pour les étapes sont arrondies — la longueur totale de 303 km fait foi.

  1. Wissembourg → Walbourg (27 km) — Départ à travers l'Outre-Forêt : de l'église abbatiale gothique Saints-Pierre-et-Paul, par des chemins de campagne et forestiers, jusqu'à l'ancienne abbaye bénédictine Sainte-Walburge, fondée en 1074.
  2. Walbourg → Brumath (27 km) — en passant par la basilique Sainte-Marie de Marienthal, où une coquille indique que l'on se trouve à 2 376 km de Saint-Jacques-de-Compostelle, puis à travers la forêt de Haguenau et en passant par Weitbruch.
  3. Brumath → Strasbourg (22 km) — parcours plat à travers la plaine du Rhin, en passant par Reichstett et Hoenheim, jusqu'au centre-ville : Strasbourg possédait déjà sa première chapelle Saint-Jacques en 1189.
  4. Strasbourg → Molsheim (27 km) — le long du canal de la Bruche, en passant par Ernolsheim-Bruche et Avolsheim, où l'église Saint-Pierre est considérée comme la plus ancienne d'Alsace.
  5. Molsheim → Mont Sainte-Odile (24 km) — l'étape reine : de l'église des Jésuites jusqu'à 764 m d'altitude, en passant par le rempart de Heidenmauer, jusqu'au monastère de Hohenburg.
  6. Mont Sainte-Odile → Châtenois (24 km) — Descente par Ottrott, Barr, Mittelbergheim et Andlau ; près de Châtenois se trouve le panneau «Compostelle 2.263 kilomètres».
  7. Châtenois → Kaysersberg (22 km) — l'étape de la Route des Vins qui passe par Kintzheim, Ribeauvillé, Hunawihr et Riquewihr, en passant sous le Haut-Kœnigsbourg.
  8. Kaysersberg → Couvent Saint-Marc (22 km) — en passant par le lieu de pèlerinage des Trois Épis et la chapelle Notre-Dame du Schauenberg, jusqu'au couvent de Gueberschwihr.
  9. Couvent Saint-Marc → Guebwiller (10 km) — une étape courte : le temps de visiter les églises de Guebwiller, d’où deux habitants partirent en pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle en 1514.
  10. Guebwiller → Thann (27 km) — en passant par Soultzmatt et devant la basilique de pèlerinage Notre-Dame de Thierenbach, jusqu'à la collégiale Saint-Thiébaut.
  11. Thann → Bellemagny (20 km) — parcours vallonné entre forêts et prairies, passant par Guewenheim et la chapelle Notre-Dame-des-Bouleaux, jusqu'au couvent Saint-Joseph.
  12. Bellemagny → Belfort (24 km) — dernière étape quittant le Sundgau pour rejoindre la Porte de Bourgogne et entrer dans Belfort.

Les étapes suivent le découpage officiel depuis Wissembourg (total : 276 km) ; la longueur totale de 303 km provient de la trace GPS depuis Bad Bergzabern. Jours de repos possibles: Strasbourg et Kaysersberg.

Les points forts du parcours

  • Wissembourg — Ville de départ à la frontière : l'église abbatiale gothique Saints-Pierre-et-Paul, avec son cloître de style gothique flamboyant et sa chapelle romane Saints-Pierre-et-Paul datant du XIe siècle ; étape du projet « Sternenweg ».
  • Basilique de Marienthal — Lieu de pèlerinage marial avec une boutique pour pèlerins et la coquille Saint-Jacques indiquant qu'il reste 2 376 kilomètres jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle.
  • Cathédrale de Strasbourg — Au Moyen Âge, on comptait ici trois autels dédiés à saint Jacques ; la première chapelle dédiée à saint Jacques de la ville fut consacrée le 13 décembre 1189.
  • Dompeter, près d'Avolsheim — considérée comme la plus ancienne église d'Alsace, située sur la route reliant Strasbourg à Molsheim.
  • Mont Sainte-Odile (764 m) — Monastère de Hohenburg, fondé à la fin du VIIe siècle ; Odilia mourut en 720 et laissa sur la montagne un refuge pour les malades et les voyageurs. À ce sujet, la Heidenmauer: un rempart circulaire d'environ 10 kilomètres, constitué d'environ 300 000 blocs de pierre.
  • Andlau — Siège de l'association gestionnaire, mentionnée par Saint-Jacques en 1454.
  • Ribeauvillé — Ville des seigneurs de Rappoltstein, dont la famille compte trois pèlerins de Saint-Jacques dont on a la trace : l'un a été payé, l'autre a disparu, le dernier est rentré chez lui.
  • Riquewihr, Hunawihr, Kaysersberg — la « triade de la Route des Vins » : villages fortifiés, maisons à colombages, trésors d'église ; à Kaysersberg, on trouve notamment un hôpital datant de 1361 et un autel dédié à saint Jacques datant de 1478.
  • Collégiale Saint-Thiébaut in Thann — chef-d’œuvre gothique datant du début du XIVe siècle, flèche réalisée par Rémy Faesch. Chaque 30 juin, la légende des trois sapins y est brûlée lors de la « Crémation des trois sapins » — la ville doit son nom, ses armoiries et son pèlerinage à un doigt incrusté dans le bâton de pèlerin.
  • Le Sundgau et la Porte de Bourgogne — les deux derniers jours, passés dans le calme à Belfort, avec hébergement au couvent Saint-Joseph de Bellemagny.

Comment les pèlerins empruntent ce chemin

Le chemin d'accès classique vient du nord, et ce n'est pas une invention contemporaine — l'histoire du parcours, telle que la consigne l'association gestionnaire, l'atteste clairement : « Les pèlerins venant du nord par Worms, Spire et Wissembourg passaient sans aucun doute par Haguenau et Strasbourg, en route vers le sud de la France. » C’est précisément cet itinéraire qui existe à nouveau aujourd’hui : Le Jakobsweg Speyer–Bad Bergzabern se termine à Bad Bergzabern — exactement là où commence désormais la Voie d’Alsace. Le relais se fait au même panneau d’entrée : par le Deutsches Weintor de Schweigen-Rechtenbach, tu passes la frontière vers Wissembourg, et qui vient de Spire ne change pas de chemin — seulement de balisage : à partir d’ici, la coquille jaune sur fond bleu.

Des pèlerins viennent de l'Est en traversant le Rhin : pour le corridor partant du Brisgau, un itinéraire de 83 kilomètres reliant Fribourg à Thann a été tracé ; ceux qui viennent de plus loin, en passant par Tübingen et Fribourg, trouveront chez nous cet itinéraire sous le nom de Jakobsweg Rottenburg–Freiburg–Héricourt. Sinon, l'itinéraire est tout simplement facile d'accès : Wissembourg, Strasbourg, Mulhouse et Belfort sont desservies par le train ; tu peux monter à bord à presque chaque point de jonction entre deux étapes. L'organisme responsable considère explicitement cet itinéraire comme un trait d'union entre l'Europe du Nord et la Bourgogne-Franche-Comté — c'est précisément pour cette raison qu'il a été balisé en 2003.

Continuer le pèlerinage ?

À Belfort, le chemin s'achève, mais le pèlerinage continue. À une vingtaine de kilomètres à l'ouest se trouve Héricourt, là où l'itinéraire Héricourt–Beaune part — à travers la Franche-Comté jusqu'en Bourgogne. Le guide officiel de l'Association Franc-Comtoise commence même dès Thann et te propose, après Belfort, le choix classique: 19 étapes jusqu'à Cluny ou 18 étapes jusqu'à Vézelay, à la bifurcation vers Gy en Haute-Saône.

Ces deux branches rejoignent les grands itinéraires français : via Cluny et Le Puy-en-Velay, vers la Via Podiensis, en passant par Vézelay, jusqu'à la Via Lemovicensis — et les deux débouchent finalement dans le Camino Francés. Ceux qui, au contraire, prennent la direction du sud-est rejoignent, en passant par Bâle, la Suisse Via Jacobi et via Genève, la Via Gebennensis. D'après les panneaux le long du chemin, il reste encore un peu plus de 2 300 kilomètres entre Wissembourg et Saint-Jacques-de-Compostelle — les 303 kilomètres jusqu’à Belfort ne sont qu'un début. Mais un début d'une beauté exceptionnelle.

Préparation et aspects pratiques

Le meilleur moment se situe entre avril et octobre — et si tu as le choix, prends mi-septembre: Un pèlerin alsacien qui a parcouru ce chemin en 2007 recommandait justement cette période : il fait beau, il y a moins de touristes et les vendanges battent leur plein. En juillet et en août, les villages de la Route des Vins sont bondés et les chambres sont chères ; en hiver, de nombreuses chambres d'hôtes sont fermées.

Pour l'hébergement, il faut changer de mentalité : il n'existe pas de réseau d'auberges en Espagne. Tu dormiras dans des chambres d'hôtes, des gîtes, de petits hôtels et parfois dans des couvents — le couvent Saint-Marc près de Gueberschwihr et le couvent Saint-Joseph à Bellemagny sont même des étapes officielles. L'association organisatrice tient à jour des listes d'hébergements abordables et publie chaque année le « Guide du chemin », qui comprend des cartes et la liste des hébergements. Réserve à l'avance — les itinéraires français le mentionnent expressément comme indispensable. Le Carte de pèlerin (Credencial) L'association la distribue gratuitement ; l'office de tourisme de Wissembourg vend une « Crédencial » au prix de 10 euros, avec son propre tampon de départ, et à Marienthal, on peut se la procurer à la boutique des pèlerins de la basilique (situation en août 2026). Commande-la à l'avance afin de la recevoir à temps pour le départ.

Préparez la journée du Mont-Sainte-Odile dans le respect des règles et la saison des vins à l'avance — le reste n'est que pur plaisir. Avec la Application Camino Ninja tu es entre de bonnes mains : elle dispose de l'itinéraire complet, et tu peux organiser tes étapes et prévoir directement les hébergements qui te conviennent.

Ce que te coûte ce trajet

Prévois un budget quotidien plus élevé qu'en Espagne: De 60 à 90 euros par jour Ces chiffres sont réalistes si vous séjournez dans des chambres d'hôtes et des gîtes et que vous prenez un repas chaud par jour (estimation, situation en août 2026 — l'organisme ne publie pas de barèmes de prix). Une chambre double dans la région viticole coûte généralement entre 60 et 90 euros ; les monastères et les gîtes simples sont moins chers — et si vous passez par Riquewihr ou Kaysersberg en été, vous paierez le prix fort : prévoyez alors de passer la nuit dans le village voisin. Tu peux faire des économies à deux niveaux : sur tes achats, car presque chaque étape dispose d’un supermarché ou d’une boulangerie — et sur le carnet de pèlerin, qui est gratuit auprès de l’association. De toute façon, le meilleur de l’Alsace est gratuit : les églises, chapelles et lieux de pèlerinage sur le chemin ne demandent pas d’entrée, et la vue depuis le mont Sainte-Odile n’a pas l’habitude d’être payante.

Comment s'y rendre

Wissembourg est situé juste à la frontière allemande et est facilement accessible en train : depuis Strasbourg, en TER, en une heure environ ; depuis l'Allemagne, via Neustadt an der Weinstraße et Winden. Ceux qui souhaitent Jakobsweg Speyer–Bad Bergzabern Une fois celui-ci terminé, le parcours se poursuit simplement sur les quatre derniers kilomètres à partir de la « Deutschen Weintor ». Les aéroports les plus proches sont ceux de Strasbourg-Entzheim, Karlsruhe/Baden-Baden et Francfort.

Belfort Avec le TGV Belfort-Montbéliard, la ville dispose d'une gare TGV sur la ligne Rhin-Rhône : à un peu plus de deux heures de Paris et à environ trois heures de Strasbourg. Ceux qui souhaitent poursuivre leur voyage peuvent prendre un train régional jusqu'à Héricourt, là où commence l'itinéraire Héricourt-Beaune.

  • Comment se rendre au point de départ: TER vers Wissembourg (depuis Strasbourg, environ 1 h ; depuis l'Allemagne via Neustadt/Weinstraße–Winden) ; Horaires disponibles sur [sncf-connect.com](https://www.sncf-connect.com) et [bahn.de](https://www.bahn.de).
  • Monter/descendre en cours de route: Strasbourg, Molsheim, Mulhouse et d'autres villes-étapes sont desservies par le réseau TER (Fluo Grand Est) — ce qui est pratique pour les trajets partiels.
  • Retour: TGV Belfort-Montbéliard (ligne Rhin-Rhône), Paris en un peu plus de 2 h.
  • Association gestionnaire: Guide du chemin, listes des quartiers et carnet de pèlerin sur [saint-jacques-alsace.org](https://www.saint-jacques-alsace.org).
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