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Mozárabe via Úbeda

Le Mozárabe via Úbeda te mène, sur 294,2 km, de Grenade à Ciudad Real en passant par les plateaux des Montes Orientales, la mer d'oliviers de Jaén et la ville Renaissance d'Úbeda, jusqu'au col de Despeñaperros — la seule porte d'accès à la Sierra Morena — puis à travers le champ volcanique du Campo de Calatrava jusqu’à Ciudad Real. Il s’agit de la variante historique orientale du Chemin mozarabe : mentionnée dans le cadastre de 1509 sous le nom de « el camino real que va a Granada », elle ne mène pas à Cordoue mais à Tolède — à Ciudad Real, c’est le Chemin manchego qui prend le relais.

17 août 202623 min de lecture
Sommaire

En bref

  • Départ / Arrivée: Grenade → Ciudad Real (puis continuation sur le Camino Manchego jusqu'à Tolède)
  • Longueur: 294,2 km
  • Durée: 13 à 16 jours (15 étapes, moyenne journalière d'environ 21 km)
  • Balisage: aucun balisage jacobéen continu n'est attesté — le tracé GPS sert ici à s'orienter, et non à faciliter la marche
  • Voie d'accès: C'est à Grenade que s'achève le Chemin mozarabe venant d'Almería — c'est à cette même sortie de la ville que les deux chemins se séparent
  • Prolongement: À Ciudad Real, le Camino Manchego prend le relais en direction de Tolède ; plus loin, le Camino del Levante et la Vía de la Plata prolongent le parcours
  • Caractère: Route royale historique non balisée — plateaux, mer d'oliviers, un seul col (Despeñaperros), champ volcanique ; pas de réseau d'hébergements, déconseillé en plein été

Aperçu

Le Mozárabe via Úbeda est l'autre orientation de la pensée mozarabe : les trois voies mozarabes connues vont toutes du sud vers Córdoba puis vers la Vía de la Plata — celle-ci menait à Toledo, par le seul col de la Sierra Morena. Depuis Grenade, tu montes à travers les plateaux tranquilles des Montes Orientales, tu traverses, à la lisière de la Sierra Mágina, le pays des anciennes « ventas » et, au bout d'une semaine, tu arrives à Úbeda, cette ville de la Renaissance fondée par un calife et inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2003 — au cœur d'une mer de 66 millions d'oliviers.

C'est alors que le chemin devient l'événement : en passant par Navas de Tolosa, là où, le 16 juillet 1212, se joua le sort d'al-Andalus, à travers la gorge de Despeñaperros avec ses parois de 500 mètres, en direction de la Castille, en passant devant le palais naval de Viso del Marqués, puis à travers le champ volcanique du Campo de Calatrava — le deuxième titre de l'UNESCO attribué à cet itinéraire depuis 2024 — après Ciudad Real. Tu ne verras pratiquement jamais de flèches jaunes, et encore moins d'autres pèlerins : ce chemin n'est pas balisé, il est attesté par des documents. Et il ne s'arrête pas à Ciudad Real — là-bas, c'est le Camino Manchego qui prend le relais jusqu'à Tolède.

Décidé en 1212, attesté par un acte en 1509, peuplé en 1767

Ce chemin n'est pas un itinéraire de pèlerinage qui serait devenu une route — c'est une route nationale sur laquelle on effectuait également des pèlerinages. Or, les routes sont gérées, et l'administration stipule: 1509 Il apparaît deux fois dans le registre foncier de Huelma, sous le nom de « el camino real que va a Granada » et, vu de l'autre côté, sous celui de « el camino real que va a Ubeda » — une source unique qui cite nommément les deux extrémités de ton tracé. En 1546, le Courrier royal le publie Pedro Juan de Villuga Dans le premier cadastre d'Espagne, datant de 1576, Meneses le confirme ; en 1752, le Catastro de Ensenada ne le mentionne pas. Quatre documents officiels, pas une seule flèche jaune : ce chemin n'est pas balisé, il est attesté par des documents.

Son heure de gloire a sonné le 16 juillet 1212 près de Las Navas de Tolosa : trois rois contre le calife almohade, environ 12 000 hommes contre un peu plus de 30 000 — le témoin de l’époque, Jiménez de Rada, en fit « 80.000 caballeros y peones sin cuenta ». La scène décisive se déroula sur un chemin : un berger, que la tradition Martín Alhaja a indiqué à l’armée le chemin à travers les montagnes, et celle-ci a contourné le col bloqué. En 1212, un berger a indiqué à une armée le chemin à travers les montagnes — huit cents ans plus tard, tu l'empruntes à ton tour. Même le nom de ta gorge trouve son origine dans cette bataille : « Despeñaperros », car selon la tradition, les vainqueurs auraient précipité les vaincus du haut des falaises.

Par la suite, cette route est devenue un projet d'État. Le 10 juin 1761 Charles III fit déplacer le col, par un décret royal, de deux kilomètres et demi, de l'ancien Muradal à la gorge de Despeñaperros — tu marches sur le nouveau tracé. Et le 5 juillet 1767 vint le « Fuero de las Nuevas Poblaciones » : six mille colons catholiques venus d’Allemagne, de Flandre et de Suisse, recrutés par le Bavarois Johann Kaspar Thürriegel, devaient coloniser cette région de bandits située le long de la route du col — sur cent d’entre eux, « solo diez » savaient en 1769 ce qu’était une charrue. Deux de leurs villages, Navas de Tolosa et Miranda del Rey, ce sont aujourd'hui tes étapes : construites pour que ce chemin puisse être parcouru.

Autres noms

Ce chemin porte davantage de noms historiques que de noms modernes. À Villuga (1546) et Meneses (1576), il est le Camino Real de Toledo a Granada; dans le registre foncier de Huelma, il est déjà mentionné en 1509 sous le simple nom de «el camino real que va a Granada» — et quelques pages plus loin, vu de l’autre côté, « el camino real que va a Ubeda ». Ceux qui le parcourent aujourd’hui par tronçons le trouvent documenté comme « Camino Real de San Juan de la Cruz », d’après le saint qui l'attira à Grenade au début de l'année 1582 et qui mourut à ses côtés à Úbeda en 1591. Deux précisions s'imposent. Premièrement : il s'agit de et non le Camino Mozárabe balisé — La Fédération espagnole des chemins classifie le chemin mozarabe en cinq branches, qui mènent toutes vers Cordoue et Mérida ; cet itinéraire correspond à la variante historique orientale qui traverse les montagnes pour rejoindre Tolède. Deuxièmement: Jaén et Baeza ne se trouvent pas sur le chemin — Si vous cherchez le Chemin mozarabe de Jaén, c'est un autre itinéraire que vous recherchez. Règle à retenir : trois chemins mozarabes mènent à Cordoue. Celui-ci mène à Tolède.

À qui cela convient-il le mieux — et à qui cela convient-il moins ?

Ce parcours est fait pour toi si L'histoire au rythme de la marche qui t'intéresse et que tu es prêt à découvrir par toi-même : un champ de bataille qui, le 16 juillet 1212, a scellé le sort d'al-Andalus ; deux villages qui, en 1767, ont été peuplés de colons allemands, flamands et suisses afin de sécuriser la route ; la seule gorge qui rend la Sierra Morena praticable ; une ville de la Renaissance classée au patrimoine de l’UNESCO, fondée par un calife ; et enfin, un champ volcanique classé géoparc de l’UNESCO depuis 2024. C’est également l’endroit idéal si tu recherches le calme : sur cet itinéraire, il n’y a pas de communauté de pèlerins, car il n’y a pratiquement pas de pèlerins.

Pour être honnête, il n'est pas fait pour toi si tu suivre une flèche jaune si tu veux : pour le trajet Grenade → Ciudad Real, aucun balisage jacobéen continu n'est attesté ; il n'y a ni association organisatrice, ni fiche d'étape, ni répertoire des auberges. Un tracé GPS n’est pas ici un simple accessoire, mais un équipement indispensable, et l’hébergement se fait dans des hostales, des pensions et des casas rurales — sur réservation préalable. Ce n’est pas non plus pour toi dans le Été: Sur les plateaux et dans la Mancha, les températures dépassant les 40 degrés sont courantes ; les portails consacrés aux itinéraires déconseillent formellement de s'y rendre de juin à septembre. Et ceux qui ont besoin des infrastructures des grands itinéraires seront mieux servis sur le Chemin mozarabique passant par Cordoue.

Parcours et paysage

Tu commences à Granada, à la même sortie de la ville où le Chemin mozarabe quitte également la ville — à la différence près que celui-ci se dirige vers l'ouest et que tu te diriges vers le nord. En passant par Pulianillas, Güevéjar et Deifontes tu montes dans la Montes Orientales, le plateau situé entre Grenade et le Guadalquivir : céréales, amandes, rochers karstiques, un grand silence. Iznalloz, Piñar et Guadahortuna sont alignés comme sur un fil sur ce seuil — Guadahortuna figure déjà dans le registre des rues de Villuga datant de 1546.

Derrière, le paysage s'étend jusqu'au bassin du Guadalquivir. Au bord de la Sierra Mágina tu traverses le pays des anciennes Ventas — en passant par Huelma en passant par la Venta del Duque et la vallée de Jandulilla, via Bélmez de la Moraleda, jusqu'à Jódar — et tu montes jusqu’au sommet de la Comarca La Loma. Là-bas se trouve Úbeda: conquise en 1233 après un siège de six mois, au XVIe siècle une ville de 18 000 habitants qui comptait les meilleurs architectes d'Espagne, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2003. Autour de toi, les chiffres de cette province : 66 millions d’oliviers, soit environ un quart de la production mondiale d’huile d’olive.

Depuis Úbeda, tu prends la Sierra Morena vers, et c’est là que le chemin devient l’événement : via Vilches — qui revint à la Castille immédiatement après 1212 — après Navas de Tolosa et Miranda del Rey, deux villages fondés par des colons en 1767, puis en passant par Despeñaperros, un défilé aux parois de plus de 500 mètres, avec les crêtes de quartzite de Los Órganos, ses lynx, ses aigles impériaux et ses peintures rupestres néolithiques. C’est la seule porte d’accès à la chaîne de montagnes — et la raison d’être de ce chemin. Au nord du col, le paysage s’étend à perte de vue : au-delà de Viso del Marqués avec le Palais de la Marine, la Morale de Calatrava et Almagro dans le champ volcanique du Campo de Calatrava, puis via Miguelturra jusqu'à Ciudad Real — là où le chemin ne s'arrête pas, mais où il est transmis.

Étapes, terrain et niveau de difficulté

Les 294,2 kilomètres se répartissent de manière logique en 15 étapes journalières avec une moyenne d'environ 21 kilomètres ; ceux qui enchaînent les deux courtes étapes le parcourent en 13 jours ; ceux qui divisent les deux longues étapes et s’accordent une journée de repos à Úbeda en ont besoin de 16. Techniquement, le parcours est facile presque partout : chemins de campagne, anciens tracés routiers, pistes d’oliveraies, ainsi que des tronçons goudronnés dans les traversées de villages. Un seul tronçon est vraiment exigeant : l’étape de col à travers Despeñaperros, qui est aussi la raison même pour laquelle on emprunte ce chemin. Et comme il n’existe pas de réseau d’auberges ici, la règle est la suivante : le choix de tes étapes ne dépend pas de ta condition physique, mais de l’endroit où tu as réservé une chambre à l’avance.

  1. Granada → Deifontes — environ 20 km — Depuis la ville située au pied de la Sierra Nevada, en direction du nord par Pulianillas et Güevéjar vers la vallée du Cubillas ; Deifontes se trouve au niveau des sources qui ont donné leur nom au village. Même sortie de ville que le Chemin mozarabe, qui bifurque toutefois vers l'ouest.
  2. Deifontes → Iznalloz — environ 12 km — Courte étape en montée vers la Montes Orientales, le plateau situé entre Grenade et le Guadalquivir.
  3. Iznalloz → Piñar — environ 17 km — Via Faucena à travers les champs de céréales, les amandiers et les rochers karstiques ; Piñar se trouve au pied d'un château mauresque.
  4. Piñar → Guadahortuna — environ 13 km — Continuer à travers le plateau ; Guadahortuna C'est la ville-étape la plus septentrionale de la province de Grenade sur cette ligne, et elle est déjà mentionnée par Villuga en 1546.
  5. Guadahortuna → Huelma — environ 28 km — La longue étape du Sud. Entrée dans la province de Jaén, à la lisière de la Sierra Mágina; c'est là que se trouvait la Venta de Santerga, à Huelma, la Venta del Duque dans le monopole du duc d'Alburquerque — et le nom de ton chemin figure dans le cadastre de Huelma depuis 1509.
  6. Huelma → Jódar — environ 23 km — À travers la vallée de la Jandulilla au pied nord de la Sierra Mágina, en passant par Cabrita et Bélmez de la Moraleda — dont Venta del Carvajal D'après le cadastre de 1509, c'est là que commençait la bifurcation « el camino real que va a Guadix ». Point de bifurcation possible : Bélmez (à vérifier au préalable par téléphone pour l'hébergement).
  7. Jódar → Úbeda — environ 18 km — Par le Guadalquivir jusqu'au sommet de la Comarca La Loma; les derniers kilomètres au milieu d'une mer d'oliviers, puis vers la ville de la Renaissance classée au patrimoine de l'UNESCO. Autrefois, la route passait par le puente de Úbeda la Vieja.
  8. Úbeda → Vilches — environ 25 km — Vers le nord, en sortant de la région des oliviers, en passant par Rus et Canena et le Guadalén au-delà du seuil de la Sierra Morena. Vilches est tombée aux mains de la Castille immédiatement après la bataille de 1212.
  9. Vilches → Navas de Tolosa — environ 18 km — Montée vers le champ de bataille de 16 juillet 1212; le village lui-même est un village de colons fondé par 1767.
  10. Navas de Tolosa → Almuradiel — environ 23 km — L'étape du col. À propos de Miranda del Rey (village de colons, 1767) et Santa Elena dans la gorge de Despeñaperros avec des parois de plus de 500 mètres, en passant par Los Órganos et le Venta de Cárdenas, en direction de la Castille. Le point culminant du parcours, tant sur le plan des paysages que sur le plan historique.
  11. Almuradiel → Viso del Marqués — environ 18 km — En route vers les contreforts du Valle de Alcudia; à destination : le palais de l'amiral de Lépante Álvaro de Bazán (1564-1586), aujourd'hui Archives de la Marine.
  12. Viso del Marqués → Bazán — environ 12 km — Petite étape jusqu'au village de colonisation Bazán, qui porte le nom de cet amiral.
  13. Bazán → Moral de Calatrava — environ 25 km — Passage vers le Campo de Calatrava, cœur de l'Ordre de Calatrava et paysage volcanique.
  14. Moral de Calatrava → Almagro — environ 20 km — vignobles et cônes volcaniques ; à Almagro la Plaza Mayor et le Corral de Comedias de 1628.
  15. Almagro → Ciudad Real — environ 21 km — Via Miguelturra vers la capitale provinciale ; la destination est la ville qu’Alphonse X a fondée en 1255 à Villa Real rebaptisé. C'est ici que le chemin rejoint le Camino Manchego en direction de Tolède.

Les plus sportifs regroupent les deux étapes courtes (2 et 12) avec leurs voisins et terminent le parcours en 13 jours ; ceux qui préfèrent marcher tranquillement font le trajet Guadahortuna → Huelma et l'étape du col à Santa Elena (où se trouve le centre d'interprétation de la bataille de 1212), prennent une journée de repos à Úbeda et mettent 16 jours. Aucune étape n’est équipée d’une auberge de pèlerins — il convient de clarifier les points de fractionnement par téléphone au préalable.

Les points forts du parcours

  • Granada — ton point de départ et ton carrefour : c’est également ici que le Chemin mozarabe, venant d’Almería et se dirigeant vers Cordoue, quitte la ville. Deux chemins mozarabes, une sortie de ville, deux points cardinaux.
  • Le pays des « Ventas » dans la Sierra Mágina — Venta de Santerga, Venta del Duque à Huelma, Venta del Carvajal près de Bélmez de la Moraleda : des auberges destinées aux marchands et aux messagers, qui constituaient l'infrastructure de cette route. Dans le cadastre de Huelma, cette route est mentionnée à deux reprises depuis 1509.
  • Úbeda — fondée par Abd ar-Rahman II au IXe siècle sous le nom de « Medinat-Ubbadat Al-Arab », inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2003 : la Sacra Capilla del Salvador (Diego de Siloé/Vandelvira, consacrée en 1559) et le Hospital de Santiago (1562–1575) avec le relief de Santiago Matamoros au-dessus du portail — « l’Escorial d’Andalousie », fondé toutefois pour les malades de la syphilis, et non pour les pèlerins. C’est ici que mourut, le 14 décembre 1591, Jean de la Croix — dans la ville qu’il avait lui-même choisie, car personne ne l’aimait là-bas. Et c’est dans les collines qui la bordent que le capitaine Álvar Fáñez se serait égaré en 1233 — « perdido por los cerros de Úbeda » reste encore aujourd’hui l’expression espagnole pour désigner le fait de s’égarer.
  • Navas de Tolosa — Le nom de ce lieu évoque une bataille : le 16 juillet 1212, les trois rois contre le calife, le sort d’al-Andalus. Le centre d’interprétation se trouve à Santa Elena ; le village lui-même est un village de colons fondé en 1767.
  • Les villages de colons de 1767 — Navas de Tolosa et Miranda del Rey font partie des « Nuevas Poblaciones de Sierra Morena » : fondées en vertu du « Fuero » du 5 juillet 1767, elles ont été peuplées par six mille colons catholiques venus d'Allemagne, de Flandre et de Suisse, afin que la route du col ne soit plus le repaire des bandits.
  • Le col de Despeñaperros — la seule porte d'accès à la Sierra Morena : parc naturel aux parois dépassant les 500 mètres, les crêtes de quartzite de Los Órganos, le lynx ibérique et l'aigle impérial, des peintures rupestres néolithiques dans la Cueva de los Muñecos. Selon la légende, son nom remonte à 1212 ; le plus ancien col voisin, le Puerto del Muradal, fut abandonné par Charles III le 10 juin 1761 par un décret pragmatique.
  • Viso del Marqués — le palais d’Álvaro de Bazán, amiral de Lépante et chevalier de l’ordre de Saint-Jacques, qui abrite environ 8 000 mètres carrés de fresques italiennes. Depuis 1948, il abrite les archives centrales de la Marine espagnole — loin de toute mer, loué pour 90 ans, loyer : un billet d’une peseta de 1953 à l’effigie de Bazán.
  • Almagro — la Plaza Mayor et le Corral de Comedias datant de 1628, le seul théâtre conservé du « Siglo de Oro » espagnol : tombé dans l'oubli au XVIIIe siècle, il a rouvert ses portes le 29 mai 1954 ; il compte aujourd'hui 282 places et accueille depuis 1979 le Festival international de théâtre classique.
  • Le Campo de Calatrava et Ciudad Real — environ 240 formations volcaniques réparties sur 5 000 kilomètres carrés, classées depuis 2024 au titre du géoparc de l’UNESCO « Volcanes de Calatrava » ; et, derrière, ta destination : la ville fondée par Alphonse X en 1255, dont l'emblème est la Puerta de Toledo (achevée en 1328).

Comment les pèlerins empruntent ce chemin

La plupart se contentent de se rendre à Granada et c'est là que tout commence : avec son aéroport, sa gare et l'un des réseaux d'autocars longue distance les plus denses d'Andalousie, la ville est l'un des points de départ les plus pratiques d'Espagne. Ceux qui voyagent déjà à pied y arriveront de toute façon : Grenade est une étape du Camino Mozárabe, qui remonte depuis Almería. C'est là que tu devras faire un choix : soit vers l'ouest, en passant par Cordoue pour rejoindre Mérida, soit vers le nord, en passant par Úbeda et le col en direction de Tolède. Les Mozarabes avaient eux aussi dû faire ce choix.

Le deuxième accès se trouve au milieu du chemin : le nœud ferroviaire Linares-Baeza (depuis 1866) se trouve sur la ligne en direction de Cadix ; de là, des bus partent vers Úbeda. Ceux qui souhaitent ne parcourir que la moitié la plus riche en histoire peuvent commencer précisément ici et parcourir les quelque 160 kilomètres qui relient Úbeda à Ciudad Real en passant par le col et le champ volcanique. Et d’un point de vue pratique : comme il n’y a ni guide d’association ni signalisation, ce chemin est presque toujours parcouru par étapes — organisez-le ainsi, comme le font d’ailleurs la plupart des randonneurs. Si vous recherchez plutôt le Chemin mozarabe balisé : le Camino Mozárabe Jaén et le Camino Mozárabe Málaga mènent, comme des embranchements balisés, vers Cordoue.

Continuer le pèlerinage ?

Et Ciudad Real Ce chemin ne s'arrête pas là, il se prolonge : c'est là que commence le Camino Manchego, qui te fera découvrir la Manche en cinq étapes jusqu'à Toledo mène — la ville qui, dès 1546, selon Villuga, constituait l'extrémité nord de cette route royale. À Tolède, le Camino del Levante la ligne et la prolonge vers Ávila et Zamora jusqu'à Vía de la Plata; à partir de là, tu as le choix entre le Camino Sanabrés en passant par Ourense ou en empruntant la route vers le nord jusqu’à Astorga, puis en continuant sur la Camino Francés.

Ce chemin est donc exactement ce que son nom historique indique : le tronçon andalou de la liaison Grenade-Tolède. Ce que tu atteins à Ciudad Real n’est pas la ligne d’arrivée, mais un point de jonction — d’ici à Saint-Jacques-de-Compostelle, il reste encore bien plus de mille kilomètres. Et si tu t'arrêtes à Ciudad Real : là aussi, c’est un voyage à part entière. Tu as marché depuis la ville de l’Alhambra, en passant par le seul col de la Sierra Morena, jusqu’à un champ volcanique — en traversant un champ de bataille, deux sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO et quatre siècles de politique routière.

Préparation et aspects pratiques

Le meilleur moment, c'est d'octobre à mai, les meilleures périodes étant de mars à mai et en octobre. Sur cet itinéraire, l’été n’est pas une question de confort, mais de sécurité : sur les plateaux des Montes Orientales, dans la région oléicole de Jaén et dans la Mancha, il est normal que les températures dépassent les 40 degrés en juillet et août — les portails consacrés à la randonnée déconseillent formellement de marcher entre juin et septembre. En hiver, le sud est praticable, mais Grenade est située en altitude, les Montes Orientales le sont encore plus, et il peut faire humide et froid dans le col.

Le balisage est le gros point faible, et tu dois le savoir avant de réserver : pour le trajet Grenade → Ciudad Real, c'est aucune signalisation jacobéenne continue n'est attestée — pas d’association organisatrice, pas de guide des étapes, pas de répertoire des auberges. Ce qu’il y a, ce sont des axes routiers, d’anciens tronçons du Camino Real et des tracés GPS, notamment les étapes du « Camino Real de San Juan de la Cruz ». Emporte un tracé GPS, planifie ton itinéraire hors ligne et ne te fie pas aux flèches. L'hébergement se fait dans des hostales, des pensions et des casas rurales : à Grenade et à Ciudad Real, on trouve de tout ; à Úbeda et à Almagro, le choix est vaste ; entre Guadahortuna et Vilches, il est très limité — réservez la veille, voire deux jours à l'avance dans les petites localités. De l'eau, de la crème solaire et de quoi manger pour toute la journée font partie de l'équipement de base ici.

Comme sur tous les chemins de Saint-Jacques, il te faut un Carte de pèlerin (Credencial), pour obtenir des tampons en chemin — dans les églises, les mairies, les offices de tourisme et les hébergements ; dans la région mozarabe, ce sont les associations du Chemin de Saint-Jacques de Cordoue et de Jaén qui le délivrent. Le mieux est de le commander à l’avance en ligne, afin de le recevoir à temps pour le début de ton voyage ; il te servira également de justificatif si tu souhaites obtenir la Compostela à ton arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle. Planifie tes étapes quotidiennes à l’avance, car les hébergements y sont peu nombreux et répartis de manière inégale — le plus simple est de le faire directement dans l’application Camino Ninja, où tu peux organiser tes étapes et prévoir d’emblée les hébergements adaptés.

Ce que te coûte ce trajet

Compte avec De 45 à 75 € par jour (Mise à jour : août 2026). La raison est simple : sur cet itinéraire, tu ne dors presque jamais dans une auberge de pèlerins, mais dans un « hostal » ou une « casa rural », et là-bas, les chambres commencent à environ 45 € — à Úbeda, Almagro, Grenade et Ciudad Real, les prix peuvent même dépasser ce montant, tandis que dans les petits villages des Montes Orientales, ils sont plutôt inférieurs. Pour les repas, prévoyez entre 15 et 25 € par jour : un « menú del día » coûte généralement entre 12 et 15 €, et le petit-déjeuner au bar entre trois et cinq. À cela s’ajoutent les droits d’entrée, qui en valent vraiment la peine ici : la Sacra Capilla del Salvador et l’Hospital de Santiago à Úbeda, le Corral de Comedias à Almagro, le palais de Viso del Marqués — compte entre 4 et 8 € par monument. Si tu partages une chambre double et que tu achètes ton déjeuner, tu en auras pour 35 à 50 € par jour ; ceux qui voyagent seuls et dînent à l’extérieur se situent plutôt entre 75 et 95 €. À ajouter en une seule fois : le carnet de pèlerinage pour quelques euros, ainsi que le voyage aller-retour (tous les prix sont valables en août 2026).

Comment s'y rendre

Granada C'est l'un des points de départ les plus pratiques que puisse offrir un chemin de Compostelle espagnol : un aéroport international (Grenade-Jaén), une gare ferroviaire avec des liaisons vers Madrid et l'une des gares routières interurbaines les plus fréquentées d'Andalousie. Arrive la veille, visite la ville, obtiens ton premier tampon — puis pars vers le nord le lendemain matin. Tu partages les premiers kilomètres avec le Chemin mozarabique, jusqu’à ce que celui-ci bifurque vers l’ouest.

Le voyage de retour au départ de Ciudad Real C'est très simple : la capitale provinciale est desservie par le train depuis 1861 et dispose de liaisons rapides vers Madrid ; de là, tu peux rejoindre n'importe quel aéroport. Si tu continues ton chemin, tu n'as de toute façon pas besoin de réserver quoi que ce soit : la prochaine étape en direction de Tolède fait déjà partie du Camino Manchego.

  • Comment se rendre à Grenade: Aéroport de Grenade-Jaén (F.G.L.) ; gare de Grenade avec des liaisons depuis Madrid ; bus longue distance depuis Madrid, Séville, Malaga, Almería et Cordoue.
  • Retour depuis Ciudad Real: Gare de Ciudad Real avec des liaisons AVE vers Madrid ; bus longue distance vers Madrid et Tolède. Aéroport principal le plus proche : Madrid-Barajas.
  • Entrée intermédiaire: Nœud ferroviaire de Linares-Baeza (bus vers Úbeda) pour la partie centrale à partir d'Úbeda — de là, environ 160 km jusqu'à Ciudad Real, soit un peu plus de huit jours de marche, avec un col, un champ de bataille et un champ volcanique. Almagro et Miguelturra sont accessibles en bus depuis Ciudad Real.
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