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Via Turonensis

La Via Turonensis te mène, sur 1 033,0 kilomètres, de la Tour Saint-Jacques à Paris à la Porte Saint-Jacques à Saint-Jean-Pied-de-Port — le long de la Loire, à travers le Poitou roman, en traversant la Gironde en bac et à travers les forêts de pins des Landes. C’est le plus long et le plus riche en monuments des quatre itinéraires classiques français, inscrit à onze reprises au patrimoine mondial — et en même temps le moins fréquenté : un grand nom pour un chemin désert.

17 juin 202635 min de lecture
Via Turonensis
Sommaire

En bref

  • Départ / Arrivée: Paris (Tour Saint-Jacques, 4. Arrondissement) → Saint-Jean-Pied-de-Port (Porte Saint-Jacques)
  • Longueur: 1 033,0 km — le plus long des quatre itinéraires classiques de France ; l'agence française des sentiers de randonnée l'a mesuré à 1 023,5 km, confirmant ainsi notre mesure à 0,9 %
  • Dénivelé: ↗ 13 106 m / ↘ 12 982 m — seulement 12,7 mètres de dénivelé par kilomètre : ce parcours est plat au quotidien, mais pas au total. Pas un seul col, mais un dénivelé cumulé supérieur à celui de nombreux sentiers de montagne.
  • Durée: 47 étapes, environ 7 semaines d'affilée — très peu de gens le font d'une traite, et cela a été pris en compte
  • Tronçons: 5 tronçons avec une gare à chaque extrémité : Paris–Tours (environ 295 km), Tours–Poitiers (environ 130 km), Poitiers–Saintes (environ 175), Saintes–Bordeaux (environ 134, avec le ferry), Bordeaux–Saint-Jean-Pied-de-Port (environ 300)
  • Balisage: GR 655 de Paris à Saint-Palais au Pays basque, puis GR 65 jusqu’à Saint-Jean-Pied-de-Port ; en Charente-Maritime, poteaux en béton ornés d’une coquille — officiellement continu, mais dans la pratique avec des lacunes : il est indispensable d’emporter un tracé GPS
  • Particularité: une traversée en bac sur la Gironde (Blaye → Lamarque) : 4,5 km, environ 20 minutes, 6 € — fait officiellement partie du parcours, 6 à 10 traversées par jour
  • UNESCO: onze sites classés au patrimoine mondial dans le cadre de la série « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France » (1998) — de la Tour Saint-Jacques à la Porte Saint-Jacques, rien qu’à Bordeaux, on compte trois basiliques ; sans oublier la citadelle de Vauban à Blaye (2008)
  • Prolongement: À Saint-Jean-Pied-de-Port, on rejoint le Chemin français ; à peine 3 km après Saint-Palais, les chemins du Puy et de Vézelay se rejoignent à la Stèle de Gibraltar
  • Caractère: Un grand nom, mais un chemin désert : personne ne publie le nombre de pèlerins empruntant la Voie de Tours — la Via Podiensis vend 55 % de l'ensemble des credenciales français. La densité des auberges est inégale, et il faut payer en espèces.

Aperçu

Le Codex Calixtinus recense, vers 1140, quatre routes traversant la France, et il décrit ainsi celle qui est la plus au nord:« Une autre passe par saint Martin de Tours, saint Hilaire de Poitiers, Saint-Jean-d'Angély, saint Eutrope de Saintes et la ville de Bordeaux. » Il ne donne aucun nom à ces chemins — « Via Turonensis » est une appellation issue des recherches du XXe siècle ; le codex énumère des tombes. Mais lesquelles exactement : le La tombe de Saint Martin à Tours était le plus grand lieu de pèlerinage de la Gaule, 813 le concile de Chalon le plaça sur un pied d'égalité avec Rome — plusieurs siècles avant que Saint-Jacques-de-Compostelle ne structure l'Occident. Ce chemin porte le nom d'une ville vers laquelle on se rendait, et non d'une ville que l'on traversait. Et aujourd’hui ? L’association parisienne qui la gère la qualifie de «la voie la plus ancienne et la plus fréquentée historiquement» — l’itinéraire le plus ancien et le plus emprunté d’un point de vue historique. Le terme « historique » a un poids particulier : la Via Podiensis séduit 55 % de toutes les « Credenciales » françaises ; quant à la Voie de Tours, personne n'en publie le nombre — car il n'y en a pratiquement pas à publier. La plus prisée des quatre rues est la plus courte. La plus célèbre est la plus longue — et elle est déserte.

Tu pars 1 033,0 kilomètres de la Tour Saint-Jacques à Paris pour la Porte Saint-Jacques à Saint-Jean-Pied-de-Port — l'agence française officielle chargée des itinéraires randonnières mesure 1 023,5 km, confirmant ainsi notre mesure à 0,9 %. En chemin : la Loire et ses châteaux, l'art roman du Poitou, Onze rencontres avec le patrimoine mondial de la série de l'UNESCO de 1998, une Ferry sur la Gironde et deux semaines dans la forêt de pins. Le chiffre dont personne ne parle figure dans la ligne des dénivelés: 13 106 mètres de dénivelé positif — 12,7 par kilomètre, pas un seul col, mais au total plus que sur bien des itinéraires de montagne. Ce parcours est plat au quotidien, pas sur l’ensemble du trajet. Et comme sept semaines ne constituent pas des vacances pour la plupart des gens, il est honnête de dire que cinq sections découpable, chacun comportant une gare à chaque extrémité : Paris–Tours, Tours–Poitiers, Poitiers–Saintes, Saintes–Bordeaux (par ferry), Bordeaux–Saint-Jean-Pied-de-Port. Une fois arrivé à destination, il passe le relais au Camino Francés — Ceux qui se lancent dans le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle ont, sur le papier, environ 1 835 kilomètres à parcourir jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Trois tombes pour Roncevaux — et un avertissement concernant les Landes

En 397 Martin de Tours meurt à Candes ; trois jours plus tard, il est inhumé à Tours, et c'est au-dessus de cette tombe que s'élève le plus grand sanctuaire de Gaule: 470/471 L’évêque Perpetuus fait construire la basilique que Grégoire de Tours décrit avec la précision d’un comptable de l’émerveillement : « cent soixante pieds de long […] cinquante-deux fenêtres, cent vingt colonnes », 160 pieds de long, 52 fenêtres, 120 colonnes. 508 C'est ici que Clovis reçoit les insignes de consul, 813 Le concile de Chalon place le pèlerinage de Saint-Martin au même rang que celui de Rome. Puis survient la triple rupture: 1562 Les protestants brûlent le reliquaire — il n'en reste qu'un fragment de crâne et un os du bras. 1793 la basilique Reitschule sera d'abord démolie, puis on construira des routes sur le terrain. Et au 14. Dezember 1860 La tombe fut redécouverte à l'initiative du « saint homme de Tours », Léon Papin-Dupont ; l'actuelle basilique de Victor Laloux est une construction récente datant de 1886–1902, consacrée seulement en 1924 — et c'est pourquoi, pour être honnête, aucune Élément lié à l'UNESCO. Le chemin porte le nom d'une ville dont le sanctuaire principal n'existe plus à l'état d'origine. La tombe, quant à elle, est à nouveau accessible dans la crypte — et tu te trouves devant elle à la fin de l'étape 13.

Un 1140 Ce même Codex, qui décrit cette route, met en garde contre son tronçon le plus difficile : les Landes: trois jours de voyage à travers une contrée désolée, « sans pain, sans vin, sans viande, sans poisson et sans eau », sans oublier les mouches géantes, que les habitants« guespe » et« tavones » — « et si tu ne fais pas attention où tu mets les pieds, tu t'enfonces jusqu'aux genoux dans les sables mouvants. » Ce n’est pas de la prose de voyage, c’est la plus ancienne carte des dangers de France. Et elle est plus dépassée que n’importe quel autre texte de la littérature universelle : là où Picaud voyait des marécages, le paludisme et des bergers sur des échasses, se trouve aujourd’hui la plus grande forêt plantée par l’homme en Europe — environ un million d'hectares Pin maritime, abattu à partir de la consolidation des dunes de Brémontiers 1788 et imposée par la loi du 19. Juni 1857, qui obligeait chaque commune à assécher ses marécages. Le désert de Picaud est aujourd'hui une forêt — et cette forêt est plus jeune que le chemin de fer. Il ne reste plus que les mouches ; n'oublie pas de prendre ton anti-moustiques.

Et puis Blaye. Le Codex y prévoit une escale:« dans la basilique de laquelle repose le bienheureux martyr Roland » — Saint-Romain-de-Gironde, mentionné depuis environ 385, lieu de sépulture des rois mérovingiens, destination de pèlerinage dès le IXe siècle. En effet, Le Codex répartit les morts de Roncevaux entre trois lieux situés le long de cet itinéraire: et Belin Olivier, Gondebaud de Frise, Ogier de Danemark et leurs compagnons reposent « dans une tombe d’où s’échappe le plus doux des parfums, qui guérit les malades » ; dans Bordeaux« la corne d’ivoire ainsi fendue se trouve dans la basilique Saint-Seurin » — l’olifant de Roland, mentionné dans les inventaires, a disparu depuis les guerres de religion ; Des fouilles menées en 2005 et 2018 ont mis au jour des sépultures datant de la fin du VIIIe siècle, mais pas de corne : « la foi, plus que la preuve, a entretenu la légende. » Et dans Blaye c'était Roland lui-même — jusqu'à ce que 1685–1689: La basilique fut alors démolie pour dégager le champ de tir de la citadelle de Vauban, « sacrifiée afin d'établir un glacis défensif ». Depuis 2008 C'est précisément cette citadelle qui est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO — Blaye est donc doublement classée au patrimoine mondial : d'une part en tant qu'étape du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle depuis 1998, et d'autre part en tant que forteresse à laquelle l'église Saint-Jacques a été sacrifiée. Lorsque tu traverses aujourd'hui en ferry entre le Fort Médoc et la citadelle, tu traverses le feu croisé qui a coûté la vie à ton propre sanctuaire.

Autres noms

En français, ce chemin s'appelle Voie de Tours ou Chemin de Tours, à Paris, le plus souvent Chemin de Paris — c'est ainsi que l'appelle l'association Compostelle 2000. Le nom latin Via Turonensis dit la même chose : le chemin de la ville Turones, c'est-à-dire Tours. L'origine de cette appellation est en soi une anecdote : le Codex Calixtinus, qui décrit pour la première fois les quatre routes françaises au XIIe siècle, ne leur donne pas de nom — il les énumère à travers leurs sanctuaires. Ce n’est que la recherche du XXe siècle qui a donné naissance aux noms de Turonensis, Lemovicensis, Podiensis et Tolosana ; ces chemins ont été baptisés à l’époque moderne. Dans le réseau de sentiers de randonnée, tu trouveras deux numéros: GR 655 de Paris à Saint-Palais au Pays basque, puis GR 65, que tu partages avec les pèlerins du Puy et de Vézelay. Et il y a une confusion à ne pas manquer : peu après Paris, le chemin se divise en deux pour former le GR 655 Ouest via Chartres (à 401,5 km de Tours) et le GR 655 Est via Orléans (294,6 km jusqu'à Tours, le long de la Loire) — cette page décrit la variante est. Les deux branches mènent à Tours ; la branche ouest est plus longue de 107 kilomètres, mais passe par Chartres.

À qui cela convient-il le mieux – et à qui cela ne convient-il pas vraiment ?

Cet itinéraire est fait pour toi si tu as du temps devant toi et que tu aimes l'architecture. 1 033 kilomètres sans un seul véritable col, mais en revanche Onze rencontres avec le patrimoine mondial le long du parcours : la tour des bouchers de Paris, les églises de pèlerinage de Poitiers et de Melle, le portail sud d'Aulnay, l'abbaye royale de Saint-Jean-d'Angély, la crypte de Saintes, longue de 35 mètres, l’hôpital de pèlerins de Pons, dont tu traverseras littéralement les voûtes, trois basiliques rien qu’à Bordeaux, l’abbaye de Sorde et, à la fin, la Porte Saint-Jacques. Sans oublier les châteaux de la Loire, un bac sur la Gironde et deux semaines de forêt de pins. C’est également l’idéal si tu ne disposes pas de sept semaines : la cinq sections Avec une gare à chaque extrémité, chacun de ces parcours constitue à lui seul un pèlerinage à part entière : deux semaines le long de la Loire, une semaine à la découverte de l’art roman, six jours jusqu’au ferry. Ceux qui aiment marcher longtemps et à un rythme régulier y trouveront la forme la plus authentique du pèlerinage : beaucoup de chemin, peu de rebondissements, et pendant des jours, personne pour vous demander jusqu’où vous devez encore aller aujourd’hui.

Mais honnêtement, ce n'est pas pour toi si tu recherches l'ambiance espagnole. Sur la Via Podiensis, on a dénombré environ 36 000 départs rien qu’au Puy en 2025 — personne ne publie de chiffres pour la Voie de Tours, et tu marcheras seul pendant des jours. Il n’existe pas de réseau continu d’auberges, et les sources se contredisent ouvertement à ce sujet : la Confrérie britannique de Saint-Jacques ne mentionne des hébergements gratuits pour les pèlerins que dans « quelques rares endroits comme Saint-Jean-d’Angély ou Saintes » et qualifie l’itinéraire de cher dans l’ensemble, tandis que les associations françaises et les récits de pèlerins allemands font au contraire état d’une bonne couverture. Les deux affirmations sont vraies — la densité est tout simplement inégale : faible entre Paris et Tours, meilleure au sud de cette ville. À cela s’ajoute le fait que de nombreux établissements acceptent uniquement en espèces ou par chèque. Et le chiffre indiqué dans la ligne « dénivelé » s'applique aussi à toi : 13 106 mètres de dénivelé positif, en mille petites montées. Si tu t'attends à trouver des églises tous les cinq kilomètres et des lits sans avoir à téléphoner, tu n'es pas au bon endroit.

Parcours et paysage

Tu pars du 4e arrondissement de Paris, à l' Tour Saint-Jacques, dernier vestige de l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, et quitte la ville par la Rue Saint-Jacques, qui suit le cardo de la Lutetia romaine — depuis mille ans, les pèlerins empruntent ici une route deux fois plus ancienne. Par Étampes, là où Robert le Pieux possédait un palais vers l'an 1000, tu te retrouves dans la Beauce: Des céréales, de vastes horizons, presque aucune ombre. À Orléans tu rejoins la Loire et tu la suis sur deux cents kilomètres — en passant par Meung-sur-Loire, où François Villon fut incarcéré en 1461 dans le cachot de l'évêché et d'où il sortit avec son « Testament », en passant par Beaugency, Blois et Chaumont-sur-Loire jusqu'à Amboise. Avant Tours, le chemin passe sous les pentes de tuf de Rochecorbon où un réverbère de dix mètres de haut, datant de 1472, signalait aux bateliers de la Loire qu'il fallait désormais s'acquitter des droits de douane. Puis Tours — et la tombe de saint Martin.

Après Tours, le chemin devient plus tranquille et l'art plus ancien. En traversant les vallées de l'Indre et de la Vienne, tu te rends à Poitiers — dont le Codex fait l'éloge explicite : « de vaillants guerriers, habiles à l'arc, à la flèche et à la lance, qui ne reculent pas d'un pas au combat » —, puis à travers le Poitou jusqu'à Melle avec ses mines d'argent et plus de Aulnay-de-Saintonge et Saint-Jean-d'Angély dans cette région de la Saintonge. Saintes était en tant que Mediolanum Santonum Capitale de l'Aquitaine, Pons c'est l'hôpital sous l'arcade duquel passe le chemin. Près de Blaye là où s'achève la terre : le ferry, à 4,5 kilomètres de la Gironde, de l'autre côté Lamarque et le Médoc jusqu'à Bordeaux. Puis vient le plus long tronçon du parcours — le Landes: trois jours de désert dans le guide médiéval, aujourd'hui un million d'hectares de pinède avec de longues lignes forestières peu ombragées. À propos de Dax et Sorde-l'Abbaye tu arrives au Pays basque, et trois kilomètres après Saint-Palais se dresse la Stèle de Gibraltar — le point où trois chemins français ne font plus qu’un.

Étapes, terrain et niveau de difficulté

47e étape en cinq étapes, le rythme est réaliste — l'Agence française des routes divise ce même parcours en 46 étapes, la différence se résume à une seule division. La moyenne journalière est d’environ 22 kilomètres ; toutes les indications de distance ci-dessous proviennent de sources externes et sont accompagnées de la mention « env. » ; seule la mesure par tracé de notre base de données d’itinéraires fait foi: 1 033,0 km. Techniquement, rien ne te pose de difficulté : pas de col, pas de passage d’escalade, pas de risque de neige. Ce qui est exigeant, c’est la somme de tout cela : 13 106 mètres de dénivelé répartis en mille petites montées. C’est pourquoi voici tout de suite le conseil le plus important pour la préparation: Chacun des cinq tronçons dispose d'une gare à chaque extrémité — Paris–Tours (environ 295 km), Tours–Poitiers (environ 130), Poitiers–Saintes (environ 175), Saintes–Bordeaux (env. 134, en ferry), Bordeaux–Saint-Jean-Pied-de-Port (env. 300). Tu peux donc parcourir cet itinéraire en cinq séjours, sans perdre un mètre. Il faut prévoir deux choses supplémentaires : la Ferry de la Gironde selon les horaires (de 6 à 10 traversées par jour) et dans les Länder plus d'eau que d'habitude — Sur les chemins forestiers, il n'y a ni ombre ni points d'eau.

Tronçon 1 — Paris → Tours · environ 295 km · 13 étapes · Train : Paris ↔ Tours (TGV)

  1. Paris (Tour Saint-Jacques) → Massy — environ 22 km — Départ à la tour des Bouchers, puis direction la rue Saint-Jacques et l'ancien axe sud.
  2. Massy → Arpajon — environ 20 km — Hurepoix, premiers champs.
  3. Arpajon → Étampes — environ 25 km — Königsstadt et la Tour de Guinette ; correspondance avec le RER pour retourner à Paris.
  4. Étampes → Angerville — à environ 20 km — commence la Beauce.
  5. Angerville → Toury — environ 22 km — Plaine céréalière, horizons lointains, peu d'ombre.
  6. Toury → Artenay — environ 20 km — le tronçon le plus plat de tout le parcours.
  7. Artenay → Orléans — environ 24 km — Arrivée au bord de la Loire ; cathédrale Sainte-Croix avec son cycle de vitraux consacré à Jeanne d'Arc.
  8. Orléans → Meung-sur-Loire — environ 25 km — Château épiscopal avec le cachot de Villon datant de 1461.
  9. Meung-sur-Loire → Suèvres — environ 24 km — en passant par Beaugency et Mer, au bord de la Loire.
  10. Suèvres → Blois — environ 19 km — Château royal, montée vers la ville.
  11. Blois → Chaumont-sur-Loire — environ 19 km — Château surplombant la rivière, qui accueille depuis 1992 le festival des jardins.
  12. Chaumont-sur-Loire → Amboise — environ 21 km — vignobles, Königsstadt.
  13. Amboise → Tours — environ 26 km — en passant par Montlouis, Vouvray et Rochecorbon (la lanterne des douanes de 1472) jusqu'à la tombe de Saint-Martin.

Section 2 — Tours → Poitiers · environ 130 km · 6 étapes · Train : Tours ↔ Poitiers (TGV)

  1. Tours → Montbazon — environ 18 km — Vallée de l'Indre, donjon du Xe siècle.
  2. Montbazon → Sainte-Maure-de-Touraine — environ 26 km — en passant par Sorigny et Sainte-Catherine-de-Fierbois.
  3. Sainte-Maure-de-Touraine → Ports-sur-Vienne — environ 20 km — via Draché et Maillé.
  4. Ports-sur-Vienne → Châtellerault — environ 26 km — en passant par Les Ormes et Ingrandes, à travers la vallée de la Vienne.
  5. Châtellerault → Saint-Georges-lès-Baillargeaux — environ 24 km — La vallée de Clain, théâtre de la bataille de 732.
  6. Saint-Georges-lès-Baillargeaux → Poitiers — environ 14 km — une étape volontairement courte : pour prendre le temps de visiter Saint-Hilaire-le-Grand, Notre-Dame-la-Grande et le baptistère.

Tronçon 3 — Poitiers → Saintes · environ 175 km · 8 étapes · Train : Poitiers (TGV) ↔ Saintes (5 lignes ferroviaires)

  1. Poitiers → Vivonne — environ 21 km — le long du Clain, en sortant de la ville.
  2. Vivonne → Couhé — environ 20 km — Le Poitou-Bocage, l'ancienne halle de Couhé.
  3. Couhé → Chey — environ 25 km — Passage dans les Deux-Sèvres.
  4. Chey → Melle — environ 20 km — Saint-Hilaire (UNESCO) et la Les mines d'argent des rois de Franconie.
  5. Melle → Dampierre-sur-Boutonne — environ 25 km — Vallée de Boutonne, château de la Renaissance.
  6. Dampierre-sur-Boutonne → Saint-Jean-d'Angély — environ 26 km — via Aulnay-de-Saintonge (le portail sud classé au patrimoine mondial de l'UNESCO !) menant à l'abbaye royale.
  7. Saint-Jean-d'Angély → Écoyeux — environ 20 km — La Saintonge, la viticulture.
  8. Écoyeux → Saintes — environ 17 km — une journée courte, et c'est voulu: Mediolanum Santonum Il faut compter un demi-après-midi : la crypte, l'Abbaye aux Dames, l'amphithéâtre.

Tronçon 4 — Saintes → Bordeaux · environ 134 km · 6 étapes · avec le bac de la Gironde

  1. Saintes → Pons — environ 23 km — une fois arrivé à destination, tu traverseras la voûte de l'hospice des pèlerins datant de 1160.
  2. Pons → Mirambeau — environ 27 km — les collines de la Haute-Saintonge.
  3. Mirambeau → Blaye — environ 30 km — la plus longue étape du parcours, passant par Saint-Palais, en Gironde; divisible à Saint-Ciers-sur-Gironde (environ 20 + 10). Arrivée au pied de la citadelle de Vauban.
  4. Blaye → ferry → Lamarque → Margaux — environ 18 km + 4,5 km de traversée en ferry (environ 20 min, 6 €) — Médoc, domaines viticoles ; vérifier les horaires à l'avance.
  5. Margaux → Blanquefort — environ 21 km — Route des vins, premières banlieues.
  6. Blanquefort → Bordeaux — environ 15 km — trois basiliques classées au patrimoine mondial de l'UNESCO dans une même ville : Saint-Seurin, Saint-André et Saint-Michel.

Section 5 — Bordeaux → Saint-Jean-Pied-de-Port · environ 300 km · 14 étapes · les Landes

  1. Bordeaux → Gradignan — environ 12 km — petite sortie hors de la ville ; Prieuré de Cayac (Hôpital datant de 1229, qui accueille à nouveau des pèlerins).
  2. Gradignan → Le Barp — environ 25 km — la pinède commence.
  3. Le Barp → Belin-Béliet — environ 16 km — Belin, le tombeau des héros du Codex ; Saint-Pierre de Mons et son cimetière des pèlerins.
  4. Belin-Béliet → Moustey — ca. 22 km — Leyre-Tal, Parc naturel régional des Landes de Gascogne.
  5. Moustey → Labouheyre — environ 28 km — de longues lignes droites en forêt, emportez de l'eau.
  6. Labouheyre → Onesse-Laharie — environ 22 km — chemins forestiers, peu d'ombre.
  7. Onesse-Laharie → Taller — environ 22 km — la dernière étape entièrement en pinède.
  8. Taller → Dax — environ 24 km — L'Adour et la ville thermale : une source d'eau chaude en plein cœur de la ville.
  9. Dax → Pouillon — environ 22 km — La Chalosse : collines et maïs.
  10. Pouillon → Sorde-l'Abbaye — environ 22 km — Abbaye Saint-Jean (UNESCO), l'étape du Codex avant la traversée du Gave d'Oloron.
  11. Sorde-l'Abbaye → Came — environ 18 km — Gaves réunis, passage au Pays basque.
  12. Came → Saint-Palais — environ 22 km — Vallée de la Bidouze, noms de lieux basques ; la destination est Saint-Palais, au Pays basque.
  13. Saint-Palais → Ostabat-Asme — environ 22 km — après 3 km, la Stèle de Gibraltar: ici, trois chemins ne font qu'un ; on continue par Harambeltz.
  14. Ostabat-Asme → Saint-Jean-Pied-de-Port — environ 22 km — en passant par Larceveau, Bussunarits-Sarrasquette et Saint-Jean-le-Vieux pour former la Porte Saint-Jacques (UNESCO).

La distance totale de l'étape est naturellement légèrement inférieure à celle mesurée sur le tracé — la distance officielle est de 1 033,0 km. Pour combiner les étapes : la section 1 à elle seule correspond à deux semaines de découverte des châteaux de la Loire ; les sections 2 et 3 constituent la route de l’art roman avec cinq sites classés au patrimoine mondial en quatorze jours ; les sections 4 et 5 incluent le ferry, Bordeaux, les Landes et le Pays basque — et, à la fin, la jonction avec le Camino Francés. Si nécessaire, tu peux diviser la plus longue étape (Mirambeau → Blaye, environ 30 km) à Saint-Ciers-sur-Gironde ; À l’inverse, les randonneurs entraînés regroupent les journées plates de la Beauce (étapes 5 et 6) et les étapes forestières des Landes, ce qui leur permet d’atteindre une durée totale de 42 à 44 jours.

Les points forts du parcours

  • Tour Saint-Jacques, Paris — Fondée entre 1509 et 1523 par les bouchers des Halles, elle mesurait 52 mètres et était de style gothique flamboyant. L'église fut démolie en 1797 — la tour fut conservée, car sa préservation faisait partie des conditions du contrat de vente. En 1648, Pascal y mena des expériences avec le baromètre ; en 1824, on y coula des boulets de plomb ; en 1836, Paris la racheta ; aujourd'hui encore, une station météorologique y est installée. Classée au patrimoine de l'UNESCO depuis 1998 — et c'est là que se trouve ton kilomètre 0,0.
  • Rue Saint-Jacques, Paris — La route empruntée par les pèlerins suit le cardo de la Lutèce romaine. C’est ici que Pierre Seilhan fonda en 1218 le couvent des Dominicains — raison pour laquelle les Dominicains de Paris sont encore aujourd’hui appelés les « Jacobins ».
  • Cathédrale Sainte-Croix, Orléans — En 1568, les huguenots firent sauter quatre piliers du croisement ; Henri IV posa la première pierre de la reconstruction en 1601, mais l'édifice ne fut inauguré qu'en 1829 par Charles X — À l'occasion du 400e anniversaire du 8 mai 1429, date à laquelle Jeanne d’Arc assista à la messe ici même, le soir de la libération d’Orléans.
  • Château de Meung-sur-Loire — C’est dans le donjon de ce château épiscopal que François Villon fut emprisonné en 1461, jusqu’à ce que l’amnistie générale de Louis XI lui permette de recouvrer la liberté. C’est pendant sa détention qu’il rédigea son « Testament » — le prisonnier le plus célèbre de ce parcours se trouve à ton étape n° 8.
  • Rochecorbon, „La Lanterne“ — une tour de dix mètres de haut datant d'environ 1472, construite pour signaler aux bateliers de la Loire le péage seigneurial ; inscrite en 1840 sur la première liste des monuments historiques français. Sans oublier les grottes troglodytes creusées dans la falaise de tuf et le vin de Vouvray.
  • La tombe de saint Martin à Tours — Martin mourut en 397 à Candes ; en 813, le concile de Chalon plaça le pèlerinage vers sa tombe au même rang que celui de Rome — Tours était une destination de pèlerinage avant même que Saint-Jacques-de-Compostelle ne le devienne. En 1562, le reliquaire fut détruit par un incendie ; en 1793, la basilique fut transformée en manège et disparut ; le 14 décembre 1860, la tombe fut redécouverte. La basilique actuelle, œuvre de Victor Laloux (1886–1902), est une construction moderne et, en toute honnêteté, ne fait pas partie du patrimoine de l’UNESCO — mais la tombe située dans sa crypte est néanmoins la raison pour laquelle ce chemin porte ce nom.
  • Saint-Hilaire-le-Grand, Poitiers — Élément classé à l'UNESCO et manuel d'une église de pèlerinage : disposition comprenant quatre chapelles radiales et un chœur surélevé, afin que les pèlerins puissent déambuler « librement autour du tombeau d'Hilaire » — librement autour de la tombe d'Hilaire, évêque à partir de 351/352, docteur de l'Église, décédé vers 368.
  • Melle : l'église au-dessus des mines d'argent — en contrebas du village se trouvent les Mines d'argent des rois francs: Exploitation minière du plomb et de l'argent de l'époque de Charlemagne jusqu'à la fin du Xe siècle, en lien avec l'atelier monétaire de Melle (visite guidée d'environ 1 h 30, 10 € / 5 €, tous les jours du 11 avril au 31 octobre 2026). À proximité, Saint-Hilaire (UNESCO) : chœur datant de 1109 — datation établie grâce à un dépôt de pièces de monnaie —, surmonté, au-dessus du portail nord, du célèbre cavalier. En toute honnêteté : seule la partie centrale du cavalier est d'origine, le reste est une reconstruction de 1872.
  • Le portail sud d'Aulnay-de-Saintonge — Construit entre 1120 et 1140 au cœur d’un quartier funéraire, au croisement de deux chemins de pèlerinage : 24 figures auréolées, les Anciens de l’Apocalypse et un bestiaire complet inspiré du Physiologus, sculptés successivement par trois ateliers. 1840 : classé monument historique — figurant sur la toute première liste française des monuments historiques. Le lendemain, c'est au tour de la Abbaye royale von Saint-Jean-d'Angély, également classé au patrimoine mondial — le Codex mentionne ce lieu dans sa phrase à quatre branches.
  • Saintes : crypte, tribunes réservées aux femmes, arène — Saint-Eutrope, dont la construction débuta en 1081 et qui fut consacrée en 1096 par le pape Urbain II en personne, possède une crypte de 35 mètres de long et 5 mètres de haut — l’une des plus grandes de France ; c’est là que l’on découvrit en 1843 le sarcophage portant l’inscription EVTROPIVS. En 1803, la nef fut démolie sur ordre du préfet. À cela s’ajoutent l’Abbaye aux Dames de 1047 — prison pendant la Révolution, caserne jusqu’en 1924, aujourd’hui Cité musicale — ainsi que l’amphithéâtre et l’arc de Germanicus de la capitale provinciale romaine. Mediolanum Santonum.
  • L'hôpital des pèlerins de Pons — fondée vers 1160 par Geoffroy III, sire de Pons, et dont la conception architecturale est unique : un passage voûté en berceau relie l'église à l'infirmerie de l'autre côté de la rue. Des fers à cheval et des croix sont gravés dans les murs — des graffitis laissés par des pèlerins en attente —, et des bancs en pierre sont disposés sur les côtés. Tu traverses ce site classé au patrimoine mondial, tu ne t’en contentes pas de passer devant.
  • Le bac de la Gironde et le double patrimoine mondial de Blaye — « La Gironde se traverse par un bac », indique le guide officiel : 4,5 kilomètres d’eau entre Blaye et Lamarque, environ 20 minutes, 6 € (au mois d’août 2026), 6 traversées en hiver, 10 en été. Au-dessus de vous, la citadelle de Vauban (1685–1689, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008) ; en face, le fort Médoc — le «verrou de l'estuaire». La basilique Saint-Romain, où, selon le Codex Roland, était conservé le Codex Roland, a été démolie pour laisser place au glacis de cette forteresse ; ses fondations ont été remises à nu à partir de 1969.
  • Bordeaux : trois basiliques, une corne — Saint-Seurin, Saint-André et Saint-Michel font tous les trois partie du site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1998. Selon la légende, Saint-Seurin abritait l’olifant fendu de Roland, déposé sur l’autel par Charlemagne lui-même ; les inventaires le mentionnent, mais il a disparu depuis les guerres de religion. Les fouilles de 2005 et 2018 ont mis au jour des sépultures datant de la fin du VIIIe siècle — une période qui correspond à celle de Roncevaux —, mais aucun cor : « la foi, plus que la preuve, a maintenu la légende. »
  • Belin-Béliet : la tombe du héros — Selon le Codex Olivier, c’est là que reposaient Gondebaud de Frise, Ogier du Danemark, Arastain de Bretagne et Garin de Lorraine « dans une tombe d’où s’échappe le plus doux des parfums, qui guérit les malades ». Aujourd’hui, on y trouve l’église Saint-Pierre de Mons, un cimetière de pèlerins et la source thermale de Saint-Clair — le troisième lieu de Roncesvalles sur cet itinéraire.
  • Sorde-l'Abbaye — l'abbaye Saint-Jean (UNESCO) avec l'hospice de pèlerins « Espitaou », situé juste au bord du chemin ; le Codex mentionne déjà l'abbaye comme une étape avant la traversée périlleuse du Gave d'Oloron. Aujourd'hui, tu dors au gîte jacobin du village.
  • La stèle de Gibraltar et d'Ostabat — À trois kilomètres après Saint-Palais, une stèle funéraire discoïde provenant du cimetière de Sorhapuru est érigée sur un socle ; elle a été inaugurée le 2 août 1964 en présence du maire de Saint-Jacques-de-Compostelle : c’est ici que la Via Turonensis, la Via Lemovicensis et la Via Podiensis ne font plus qu’un. Ce nom n’a rien à voir avec l’Espagne : « Gibraltar » est sans doute une déformation du basque Xibaltarre. À Ostabat, tout près de là, le recensement fiscal de 1350 comptait une vingtaine d’auberges pour 68 foyers ; aujourd’hui, 224 personnes y vivent. Lors de la dernière étape, tu passes par Harambeltz (prieuré mentionné dans un document de 1106) — et, à destination, la Porte Saint-Jacques, la porte de pèlerinage de Saint-Jean-Pied-de-Port, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Comment les pèlerins empruntent ce chemin

Ce parcours ne nécessite pas de navette : il commence dans une capitale, et plus précisément à l'adresse historique exacte : à la Tour Saint-Jacques, d'où les pèlerins parisiens empruntaient la Rue Saint-Jacques se sont dirigés vers le sud. Ceux qui viennent d'Allemagne, de Belgique ou des Pays-Bas se rendent à Paris et partent de là ; l'association organisatrice Compostelle 2000 (fondée en 2001) publie les guides des itinéraires et le « Credencial », et accompagne même les pèlerins sur les premiers kilomètres à la sortie de la ville. D’un point de vue historique, Paris n’était de toute façon que la plus célèbre des nombreuses voies d’accès : les pèlerins venus d’Angleterre débarquaient à Dieppe et passaient par Rouen et Chartres, d’autres par Amiens, d’autres encore, venus de Bretagne, par Nantes ou Angers — tous les chemins convergeaient vers Tours, vers la tombe de saint Martin.

Et comme 1 033 kilomètres, c'est trop pour beaucoup de gens, le deuxième moyen de transport le plus important est le train: Tours, Poitiers, Bordeaux et Dax sont situées sur l'axe TGV Paris–Bordeaux–Hendaye, et en outre Saintes en tant que nœud de cinq lignes de tramway et Étampes sur le RER C parisien — chacun des cinq tronçons commence et se termine sur un quai. Il existe également un véritable point de correspondance : à Saintes tu peux opter pour la côte — descendre vers Royan, passer par l'estuaire de la Gironde et rejoindre la Voie Littorale, qui longe les dunes vers le sud. C'est précisément ce choix qu'avaient déjà fait les pèlerins du Moyen Âge, qui traversaient la Gironde à Talmont-sur-Gironde et rejoignaient les pèlerins venant de la mer au sanctuaire de Soulac. La bifurcation côtière se trouve donc à Saintes — et non, comme on le suppose souvent, à Bordeaux : à partir de Bordeaux, la Turonensis se trouve déjà dans les Landes, mais à l’intérieur des terres.

Continuer le pèlerinage ?

À Saint-Jean-Pied-de-Port, ce chemin ne s'arrête pas : il se prolonge. Derrière la Porte Saint-Jacques, lui-même classé au patrimoine mondial, commence le Camino Francés, et ce dès le départ avec son étape la plus difficile : la Route Napoléon qui traverse la crête des Pyrénées jusqu'à Roncevaux, avec environ 1 200 mètres de dénivelé le premier jour — un véritable défi après 1 033 kilomètres de plat. D'ici à Saint-Jacques-de-Compostelle, il reste encore environ 800 kilomètres ; la distance totale depuis le Tour Saint-Jacques s'élève à environ 1 835 kilomètres. C'est le chiffre qui figure sur le plan lorsque tu pars de Paris — et la raison pour laquelle la Turonensis était, historiquement, la route empruntée par les Européens du Nord.

De toute façon, tu n'y arriveras pas tout seul : à peine trois kilomètres après Saint-Palais, à la Stèle de Gibraltar, les Via Podiensis depuis Le Puy et le chemin venant de Vézelay rejoignent ton itinéraire — à partir de là, tu partages le GR 65 avec tous ceux qui ont traversé la France par les autres grandes routes. Dans cette même région débouche, depuis les contreforts des Pyrénées, la Voie de Piemont, qui vient de la Méditerranée au pied des montagnes. Et ceux qui préfèrent la mer aux montagnes ont déjà pris cette décision — voir ci-dessus — à Saintes, avec la Voie Littorale. À Saint-Jean-Pied-de-Port, le soir venu, tu te retrouves à une table entouré de pèlerins du Puy, et tu es sans doute le seul à venir de Paris. Tu peux le dire : ce sont les 1 033 kilomètres les plus tranquilles qu’on puisse parcourir jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Préparation et aspects pratiques

Le meilleur moment, c'est d'avril à juin et De septembre à octobre, et ce pour deux raisons : en plein été, la Beauce, entre Étampes et Orléans, est une plaine céréalière dépourvue d'ombre, et les Landes, une forêt de pins surchauffée présentant un risque d'incendie ; en hiver, le bac de la Gironde ne circule que six fois par jour au lieu de dix, et de nombreux gîtes ferment. Un itinéraire de 47 étapes peut de toute façon être fractionné : deux semaines sur la Loire au printemps, le reste à l’automne ; les cinq tronçons en train te facilitent la tâche. Et fais tes valises Protection contre les moustiques En effet : dès 1140, le guide du pèlerin mettait en garde contre les mouches géantes que les habitants appellent « guespe » et « tavones ». Ces mouches ont mieux résisté aux 900 dernières années que les sables mouvants.

Le sentier est officiellement balisé sur toute sa longueur — GR 655 de Paris à Saint-Palais au Pays basque, puis GR 65; en Charente-Maritime, on trouve en outre des poteaux en béton ornés d'une coquille Saint-Jacques, et plus au sud, la coquille Saint-Jacques européenne sur fond bleu. Dans la pratique, cependant, les pèlerins et la Confrérie britannique de Saint-Jacques signalent des lacunes et des endroits où l'on doit emprunter des chemins de campagne et des numéros GR différents: Télécharge le tracé GPS — Sur ce parcours, ce n’est pas une question de confort, mais d’équipement. En ce qui concerne l’hébergement, les sources se contredisent ouvertement, et nous n’allons pas lisser ces informations : les Britanniques ne mentionnent des auberges de pèlerins gratuites que pour quelques localités et qualifient l’itinéraire de coûteux, tandis que les associations françaises et les rapports allemands font état d’une bonne couverture. Les deux affirmations sont vraies : la densité est inégale, et c’est entre Paris et Tours qu’elle est la plus faible. Prévoyre deux à trois jours à l’avance par téléphone n’est pas ici une simple politesse, mais une méthode, et : de nombreux établissements acceptent uniquement en espèces ou par chèque.

Ton Carte de pèlerin (Credencial) Tu le trouveras très facilement chez Compostelle 2000 à Paris, l'association qui gère le Chemin de Paris — guides, credencial, bibliothèque, accompagnement au départ ; gestion du parcours de la Loire Compostelle41 dans le Loir-et-Cher, avec la « Charte du pèlerin ». Dans les hébergements pour pèlerins, cette carte est une condition d'accueil, et non un souvenir ; elle permet d'obtenir, dans de nombreux établissements, le Prix Pèlerin; réserve-le bien à l'avance avant le départ. Planifie tes étapes à l'avance, car les hébergements sont petits, mal répartis et souvent ouverts uniquement sur simple appel — le plus simple est de le faire directement dans l'application Camino Ninja, où tu peux organiser tes étapes et planifier en même temps les hébergements adaptés.

Ce que te coûte ce trajet

Compte avec De 35 à 55 € par jour (Mise à jour : août 2026) — la norme française, et la Voie de Tours se situe plutôt dans le haut de cette fourchette. Un lit dans le Gîte d'étape coûte généralement entre 17 et 22 €, la demi-pension entre 35 et 48 €, une chambre d'hôtes entre 50 et 75 € ; avec la credencial, on bénéficie souvent d'une réduction de Prix Pèlerin. Les villes sont chères — Paris, Tours, Bordeaux, le Médoc en été —, tandis que les hébergements pour pèlerins de la Saintonge et les maisons associatives, comme celle qui vient de rouvrir, sont abordables Prieuré de Cayac à Gradignan, un hôpital datant de 1229 qui, après avoir servi tour à tour de chartreuse et de verrerie, accueille aujourd’hui à nouveau des pèlerins. Frais fixes en cours de route : le ferry Blaye–Lamarque 6 €, la Credencial entre 10 et 15 €, les mines d'argent de Melle 10 €. Sur l'ensemble du parcours, cela représente environ De 1 700 à 2 500 € dans un style typique des gîtes, avec cuisine indépendante, de 2 800 à 4 000 € avec hébergement en chambres d'hôtes et dîner chaud — plus les trajets aller et retour. Ceux qui font le parcours par étapes peuvent compter, à titre indicatif : Paris–Tours 500 à 750 €, Tours–Poitiers 250 à 350 €, Poitiers–Saintes : 300 à 450 €, Saintes–Bordeaux : 250 à 400 €, Bordeaux–Saint-Jean-Pied-de-Port : 550 à 800 €. Et emportez de l’argent liquide — sur cet itinéraire, on paie plus souvent en espèces que sur tous les itinéraires espagnols.

Comment s'y rendre

Le départ est aussi agréable que peut l’être celui d’un pèlerinage sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle: Paris. Deux aéroports internationaux (Charles-de-Gaulle et Orly), toutes les grandes gares — et le kilomètre 0,0 se trouve à la Tour Saint-Jacques dans le 4e arrondissement, métro Châtelet, à cinq minutes de l'Hôtel de Ville. Si tu viens d'un pays germanophone, tu peux venir en train (Francfort-Paris : un peu moins de 4 heures ; Stuttgart-Paris : environ 3 h 30) ou en bus longue distance. Passez la première nuit à Paris et partez tôt le matin — le trajet pour sortir de la ville est suffisamment long.

Pour les correspondances, cet itinéraire est le plus pratique de France, car l'axe TGV Paris–Bordeaux–Hendaye le croise à quatre reprises: Tours (environ 1 h 15 depuis Paris-Montparnasse), Poitiers (env. 1 h 30), Bordeaux (env. 2 min 05 s) et Dax (env. 4 min) ; à ce sujet Étampes sur la ligne RER C et Saintes avec cinq lignes de métro. Chacun des cinq tronçons commence et se termine sur l'une de ces voies. Une fois arrivé à destination, la règle est la suivante: Saint-Jean-Pied-de-Port dispose d'une gare TER desservant Bayonne (environ 1 h 15), puis de là, le TGV pour Paris ou pour continuer vers l'Espagne. Ostabat, en revanche, se trouve à 19 kilomètres de la gare la plus proche — prévois ton itinéraire jusqu'à Saint-Jean.

  • Comment se rendre au point de départ: Paris (aéroports Charles-de-Gaulle et Orly, toutes les gares grandes lignes) ; point de départ : Tour Saint-Jacques, 4e arrondissement — Métro Châtelet / Hôtel de Ville.
  • Retour: depuis Saint-Jean-Pied-de-Port, prendre le TER jusqu’à Bayonne (env. 1 h 15), puis le TGV pour Paris ; aéroports de Biarritz et Bilbao — ceux qui poursuivent leur chemin sur le Camino Francés ne repartent de toute façon qu’à partir de Saint-Jacques-de-Compostelle.
  • Entrée intermédiaire: Tours, Poitiers, Bordeaux et Dax, situés sur l'axe du TGV au départ de Paris-Montparnasse ; Étampes, desservie par le RER C (environ 45 min) ; Saintes, desservie par cinq lignes ferroviaires ; Blaye, accessible en bus depuis Bordeaux — ces cinq tronçons sont desservis par une gare à chaque extrémité.
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