Via Gebennensis
La Via Gebennensis relie Genève au Puy-en-Velay sur 347,6 kilomètres : elle commence là où la Via Jacobi s’achève en Suisse et se termine là où commence la Via Podiensis. Son nom a une consonance médiévale, mais il date de 1996 ; les routes qu’elle emprunte sont d’origine romaine, et son parcours est marqué par une histoire confessionnelle qui s’étend de la Genève de Calvin aux Justes du Chambon-sur-Lignon.

- 01En bref
- 02Aperçu
- 03Un parcours à travers 400 ans d'histoire de la foi
- 04Autres noms
- 05À qui cela convient-il le mieux – et à qui cela convient-il moins bien ?
- 06Parcours et paysage
- 07Étapes, terrain et niveau de difficulté
- 08Les points forts du parcours
- 09Comment les pèlerins empruntent ce chemin
- 10Continuer le pèlerinage ?
- 11Préparation et aspects pratiques
- 12Ce que te coûte ce trajet
- 13Comment s'y rendre
En bref
- Départ / Arrivée: Genève (Basilique Notre-Dame, près de la gare de Cornavin) → Le Puy-en-Velay (Cathédrale Notre-Dame)
- Longueur: 347,6 km
- Dénivelé: ↗ 6 750 m / ↘ 6 496 m — environ 400 mètres de dénivelé par jour, avec parfois des journées à 1 000 mètres : ce n'est pas un sentier alpin, mais une véritable chaîne de moyenne montagne
- Durée: environ 15 à 18 jours (17 étapes ; les plus sportifs peuvent le faire en 14 jours en enchaînant les trois journées courtes avec les étapes voisines)
- Balisage: les balises rouges et blanches du GR 65, officiellement homologué depuis 1998 — ce même numéro de sentier s'étend de Genève à Pampelune
- Voie d'accès: La Via Jacobi, la Route nationale suisse n° 4 partant du lac de Constance, se termine exactement au point de départ, à la basilique Notre-Dame ; en direct : Genève dispose d'un aéroport et d'une gare TGV, à 300 m du départ
- Prolongement: Au Puy-en-Velay, la Via Podiensis prend le relais — le GR 65 conserve son numéro et change uniquement de nom ; parallèlement, le sentier Trèves-Le Puy y rejoint ce parcours
- Caractère: le lien discret entre la Suisse et la France — voies romaines, postes de douane, terrasses viticoles, région volcanique ; en mai 2025, un randonneur a croisé quatre autres pèlerins sur 220 kilomètres
Aperçu
« Via Gebennensis » : on dirait un nom qui figure dans les actes officiels depuis 850 ans. Or ce n’est pas le cas: La chaîne documentaire de ce chemin remonte à 1987, et non à 1187 — et c'est précisément ce qui lui confère son authenticité. La Wikipédia française affirme sans aucune gêne que ces nouveaux itinéraires secondaires n'ont été créés qu'après la désignation des « chemins culturels » en 1987„plus ou moins arbitrairement tracés et balisés“ — tracé et marqué de manière plus ou moins arbitraire. Le tracé de ce chemin n'est donc pas une légende, mais un processus administratif: 1987 le Conseil de l'Europe a déclaré les chemins de Compostelle « premier itinéraire culturel européen », le 16 mars 1993 l'Association Rhône-Alpes des Amis de Saint-Jacques est enregistrée à Lyon (premier président : Jacques Tollet), 1996 erscheint im Vereinsarchiv die Akte „Inscription aux itinéraires culturels européens de la liaison Genève-Le Puy“ — die Geburtsurkunde —, und 1998 la FFRandonnée homologue ce sentier en tant que GR 65. Et le Codex Calixtinus? Vers 1135, il cite quatre chemins menant à Saint-Jacques-de-Compostelle. Genève n’en fait pas partie — Le Puy, lui, en fait partie. Ce chemin ne mène pas à Saint-Jacques-de-Compostelle. Il mène à l’un des quatre chemins qui y mènent.
Mais sous cette nouvelle route se cachent des chemins très anciens — Le chemin est nouveau, les rues sont anciennes. Sur ton 347,6 kilomètres par Genève selon Le Puy-en-Velay se trouve Yenne si Etanna sur la Tabula Peutingeriana, la carte routière romaine — « station routière et portuaire » ; Seyssel est l'héritière du port romain du Rhône Condate (vers 120 av. J.-C.), et Chanaz percevait des droits de douane terrestres, des droits de douane fluviaux et un impôt sur le sel bien avant que l'on parle ici de pèlerins. Mais le point d'ancrage le plus solide est une abbaye: Bonnevaux, fondée en 1117 par Gui de Bourgogne, archevêque de Vienne, l'année précédant son accession au trône pontifical — en tant que Calixt II. En 1120, il éleva Saint-Jacques-de-Compostelle au rang d'archevêché, et son nom figure dans le premier guide de pèlerinage de l'histoire. C'est à Genève que s'achève le Via Jacobi en provenance de Suisse, c'est au Puy que commence la Via Podiensis — Le GR 65 conserve son numéro et change uniquement de nom. Entre les deux : ↗ 6 750 mètres de dénivelé, trois paysages et un silence qui n’existe plus sur les grands chemins — un randonneur a parcouru exactement 220 kilomètres en mai 2025 quatre d'autres pèlerins.
Un parcours à travers 400 ans d'histoire de la foi
Aucun autre chemin de Compostelle ne commence dans une ville qui a aboli le pèlerinage. Le 10 août 1535, au lendemain de l’iconoclasme, le Conseil de Genève suspendit « provisoirement » la messe dans la cathédrale Saint-Pierre. Le 21 mai 1536 Le Conseil général a adopté la réforme à main levée, en déclarant textuellement : « Nous voulons vivre. »„voulant délaisser toutes messes et autres cérémonies et abus papaux, images et idoles“ — en renonçant à toutes les messes, cérémonies papales, images et idoles. Ce « provisoire » de 1535 a duré 486 ans: Ce n'est qu'en 2021 qu'une messe catholique a de nouveau été célébrée à Saint-Pierre. Calvin en a fourni la justification théologique en 1543, dans le Traité des reliques, imprimé à Genève : Au lieu de chercher le Christ dans sa Parole,„on s'amuse à ses robes, ses cheveux et ses drapeaux“ — on s'amuse avec ses vêtements, ses coiffures et ses drapeaux. C'est pourquoi ce parcours ne commence pas à la cathédrale de Calvin, mais à la Basilique Notre-Dame — une église catholique qui n'a été construite qu'entre 1852 et 1857, soit 316 ans après la Réforme.
Et puis tu te plonges dans les épisodes, étape par étape, tous datés. À vingt kilomètres de Genève se trouve la Chartreuse de Pomier, dont les chartreux n'ont survécu aux décennies de la Réforme que parce qu'ils ont payé —„moyennant une taxe aux protestants“, contre une contribution versée aux protestants : prier contre rémunération. Le deuxième jour, tu traverses Frangy — en novembre 1590 incendiée par les troupes genevoises après l'échec de leur attaque contre Chaumont ; tu traverses un village que les soldats de ta ville d'origine ont réduit en cendres, comme en témoignent les archives indiquant le mois et l'année. Dans Chavanay était coincé 1567 Jean de Fay, seigneur local converti à la Réforme, a incendié sa propre église paroissiale — le toit actuel date de 1672. Et à Montfaucon-en-Velay La chapelle Notre-Dame existe-t-elle seulement parce que les calvinistes 1585 ont pris la ville et quelqu'un a fait un vœu pour que l'occupation prenne fin.
Mais ce chemin ne s'achève pas par l'accusation — il renverse le cours de l'histoire. Les dernières étapes passent par le Plateau Vivarais-Lignon, terre huguenote depuis la Réforme. Entre 1940 et 1944 les paysans protestants de ces hautes terres ont caché des Juifs pour les protéger des persécutions: Le Chambon-sur-Lignon, à six kilomètres de ton étape, a été choisi pour cela 1990 distinguée collectivement par l’État d’Israël comme « Juste parmi les nations » — y compris, expressément, les communes voisines que tu traverses ; environ 40 habitants de la région ont reçu cette distinction à titre individuel. Le nombre de personnes sauvées fait, en toute honnêteté, l’objet de controverses — les estimations vont d’environ 1 000 Juifs à 5 000 réfugiés. Sur le territoire communal de Tence C'est ainsi qu'a survécu André Chouraqui, qui devint plus tard traducteur de la Bible. Ce même protestantisme qui, en 1536, avait interdit le pèlerinage et, en 1590, incendié Frangy, a caché des gens dans des granges en 1943 — un parcours à travers 400 ans d'histoire de la foi, sur ces mêmes 347 kilomètres. Et en 1993, le dernier tournant : des pèlerins de retour de Compostelle ont fondé l’association qui a rétabli ce corridor en tant que chemin de pèlerinage. Depuis, les pèlerins empruntent à nouveau ce chemin — à travers la ville de Calvin, en passant devant la chapelle des Vœux, sur le plateau des Justes.
Autres noms
« Via Gebennensis » signifie tout simplement La voie de Genève — Gebenna est la forme en latin médiéval de Genève, comme dans comes Gebennensis, le comte de Genève. L'adjectif est donc véritablement médiéval ; le Ce n'est pas un nom de lieu: C'est l'association gestionnaire qui l'a baptisé ainsi dans les années 1990, afin que ce nouveau parcours s'intègre dans la nomenclature familière des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle français — et c'est exactement ce que nous préférons te dire, plutôt que d'inventer un certificat. En français, ce chemin s'appelle Voie de Genève ou Chemin de Genève, appelé en allemand « Genfer Weg » ou « Chemin de Saint-Jacques Genève-Le Puy ». Son numéro officiel de sentier de randonnée est GR 65 — le même itinéraire qui relie Genève à Pampelune et qui, à partir du Puy, prend le nom de Via Podiensis. Et le guide officiel de l'association le désigne par son titre complet„Via Gebennensis par Yenne, La Côte-St-André et Chavanay“: Comme il existait plusieurs variantes, il a fallu définir clairement l'itinéraire principal — ces trois lieux te permettent de savoir que tu es bien sur celui-ci.
À qui cela convient-il le mieux – et à qui cela convient-il moins bien ?
Cet itinéraire est fait pour toi si tu comptes de toute façon aller plus loin : ceux qui partent de Constance, Zurich ou Einsiedeln en passant par la Via Jacobi qui a perdu de son éclat n’a rien apporté à Genève, mais a seulement mis fin à la Suisse — ces 347,6 kilomètres sont le tronçon qui transforme une randonnée suisse en un pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. C’est aussi une option pour toi si tu recherches le calme, et ce, de manière absolue : en mai 2025, un randonneur a compté, sur 220 kilomètres, quatre d'autres pèlerins — dans la partie iséroise, il peut arriver que tu ne croises personne avec un sac à dos pendant deux jours. Et ce parcours te conviendra si tu aimes les moyennes montagnes : 6 750 mètres de dénivelé positif correspondent à environ 400 mètres de dénivelé par jour, avec certains jours avoisinant les 1 000 mètres — un parcours exigeant, mais jamais technique, sans passages d'escalade ni passages exposés.
Mais pour être honnête, ce n’est pas pour toi si tu recherches la communauté des auberges du Camino Francés — elle n’existe pas ici, elle ne commence qu’au Puy. Ce n’est pas non plus pour toi si tu veux partir à l’improviste : le guide de l'association répertorie plus de 75 hébergements, mais répartis sur 17 étapes, ce n'est pas un choix, mais une chaîne — dans plusieurs villages, il n'y a qu'une seule maison, souvent un hébergement privé avec réservation préalable et demi-pension, car il n'y a rien d'autre sur place. Ce genre de lacunes, on les anticipe, on ne les comble pas en cours de route. Et ceux qui s’attendent à retrouver l’effervescence médiévale du pèlerinage — hospices, coquilles Saint-Jacques, chartes — seront déçus : tu ne trouveras tout cela qu’à partir du Puy. Ici, tu trouveras des relais routiers romains, des postes de douane et une histoire confessionnelle plus forte que n’importe quelle tradition inventée.
Parcours et paysage
Tu prends le départ à la Basilique Notre-Dame, à moins de 300 mètres de la gare de Genève-Cornavin, tu traverses Carouge et tu te retrouves en France au bout de quelques kilomètres. La première montée passe par le Col du Mont Sion près de la chartreuse Pomier (vers 1170) — par temps clair, on aperçoit le Mont Blanc derrière soi. Au-delà de Frangy et la vallée de la Usses tu arrives au Pont du Fier et la Le Rhône près de Seyssel, où le pont suspendu de 1840 repose sur un pilier central médiéval qui supportait autrefois une Vierge noire. Pendant deux jours, tu longeras la rivière et Canal de Savières jusqu'à Chanaz, puis on passe sous la Dent du Chat à travers les vignobles de Jongieux selon Yenne, la station romaine Etanna. Le Col du Tournier te fait passer par le Guiers — jusqu'en 1860, frontière entre la Savoie et la France — après Saint-Genix-sur-Guiers.
La partie centrale appartient à l'Isère : les vallées fraîches et boisées Terres froides, le sentier de crête au-dessus du Lac de Paladru — le plus beau tronçon de ces derniers jours sur le plan paysager —, puis la vaste plaine céréalière de la Bièvre-Valloire avec La Côte-Saint-André et le village médiéval Revel-Tourdan. À Chavanay Tu traverses le Rhône, et à partir de là, c'est la montagne : à travers les vignobles en terrasses du Condrieu en haut dans le Parc naturel régional du Pilat, à propos duquel Col du Tracol vers le plateau du Velay, là où le chemin, dans le Massif du Meygal atteint son point culminant à environ 1 285 mètres. Le dernier jour est le plus beau : descente à travers un paysage de volcans éteints, en passant par Saint-Germain-Laprade dans Bassin du Puy, d'où l'on aperçoit la cathédrale et les rochers de Aiguilhe qui se dressent comme des repères. ↗ 6 750 m, ↘ 6 496 m — le dénivelé positif est de 254 mètres, mais en réalité, tu traverses trois univers : les Préalpes, les collines de l'Isère et le Velay volcanique.
Étapes, terrain et niveau de difficulté
17e étape C'est le rythme réel, soit en moyenne un peu plus de 20 kilomètres — les instances officielles tablent sur 18, les prestataires commerciaux sur 19, et il n'y a guère de marge de manœuvre, car dans les régions de l'Isère et du Velay, il n'y a souvent qu'une seule maison à louer par village. Prévoyez donc 15 à 18 jours; celui qui ne fait que 14 jours relie les trois étapes courtes (étapes 1, 5 et 9) aux étapes voisines. Les distances indiquées ci-dessous proviennent des listes d'étapes fournies par les associations et sont donc accompagnées de la mention « env. » ; la mesure effectuée à partir des tracés de notre base de données d'itinéraires donne pour la distance totale 347,6 km. Techniquement, rien n'est difficile ; ce sont les passages qui sont éprouvants : le col du Mont-Sion, le col du Tournier, la montée depuis la vallée du Rhône vers le Pilat et le col du Tracol, avec environ 1 000 mètres de dénivelé journalier. Par temps humide, les descentes caillouteuses du Pilat et du Velay sont glissantes. Mais le véritable élément à prendre en compte lors de la planification, c’est l’hébergement: Ce n'est pas ta condition physique qui détermine ton objectif d'étape, mais l'endroit où se trouve un lit.
- Genève → Beaumont — environ 16 km — Petite journée d'acclimatation : départ de la Basilique Notre-Dame près de la gare de Cornavin, en passant par Carouge et après la frontière, près de Bardonnex. À partir de là, ce sont les prix français qui s'appliquent.
- Beaumont → Frangy — environ 23 km — La première montée difficile par le Col du Mont Sion, en passant devant la Chartreuse de Pomier (vers 1170) ; par temps clair, vue sur le Mont-Blanc. Destination au cœur du terroir de la Roussette de Savoie.
- Frangy → Seyssel — environ 21 km — À travers la vallée de la Usses, à propos duquel Pont du Fier et les gorges de la Fier jusqu'au Rhône. Arrivée au pont suspendu de Seyssel (1838-1840) avec la statue de la Vierge sur le pilier central médiéval.
- Seyssel → Chanaz — environ 22 km — Étape le long du Rhône, chaude en été et peu ombragée (un pèlerin a relevé une température de 41 °C). Destination: Chanaz dans Canal de Savières, la « petite Venise savoyarde » — en été, les places sont rares, pensez à réserver à l'avance.
- Chanaz → Yenne — environ 16 km — La journée la plus courte, mais avec des vignobles: Jongieux, puis sous la rubrique Dent du Chat selon Yenne, la station routière romaine Etanna. Église Notre-Dame (XIIe-XIVe siècles).
- Yenne → Saint-Genix-sur-Guiers — environ 23 km — Par le Col du Tournier, boisé et sauvage, avec environ 800 mètres de dénivelé. Au Guiers, à l'ancienne frontière, s'achève la Savoie — et la Gâteau de Saint-Genix attend.
- Saint-Genix-sur-Guiers → Valencogne — environ 19 km — Entrée dans la Terres froides l'Isère : champs de maïs, hameaux, chaînes de collines ; près de Les Abrets et Saint-Ondras Terre des Templiers, vers 1124.
- Valencogne → Le Grand-Lemps — environ 23 km — Sentier d'altitude longeant les crêtes au-dessus du Lac de Paladru, la plus belle journée de l'Isère sur le plan des paysages. Destination: Bévenais: la ville natale du peintre Pierre Bonnard.
- Le Grand-Lemps → La Côte-Saint-André — environ 14 km — L'étape la plus courte vers la ville la plus riche : la halle datant de la fin du XIIIe siècle, l'église Saint-André (1088-1102), Maison natale d'Hector Berlioz.
- La Côte-Saint-André → Revel-Tourdan — environ 21 km — À travers la Bièvre-Valloire près de Faramans ; près du tracé se trouvait la Abbaye de Bonnevaux (1117). Objectif : le village médiéval surplombant le site antique Turedonnum..
- Revel-Tourdan → Saint-Romain-de-Surieu — environ 18 km — Journée tranquille à la campagne avec la Chapelle de la Salette (noyau datant des XIe et XIIe siècles). Petits villages, offre limitée — il faut absolument réserver à l'avance ici.
- Saint-Romain-de-Surieu → Chavanay — environ 25 km — La journée la plus longue: Traversée du Rhône près de Saint-Alban-du-Rhône/Chavanay, passage de l'Isère à la Loire. À Chavanay l'église Sainte-Agathe avec sa statue de pèlerin, entourée des vignobles de Condrieu et Saint-Joseph.
- Chavanay → Saint-Julien-Molin-Molette — environ 21 km — Montée depuis la vallée du Rhône à travers les vignobles en terrasses de Condrieu jusqu'à la Parc naturel régional du Pilat. À partir de là, ce sont des moyennes montagnes.
- Saint-Julien-Molin-Molette → Les Sétoux — environ 23 km — La journée la plus difficile : environ 1 000 mètres de dénivelé, Col du Tracol (1 062 m), forêt de conifères, changements brusques de temps ; sinon, par Bourg-Argental avec son portail roman (XIIe siècle). À Les Sétoux, peu de places d'hébergement.
- Les Sétoux → Montfaucon-en-Velay — environ 19 km — « Montagnes russes du Velay » : une succession incessante de montées et de descentes autour des 1 000 mètres. Destination : la chapelle des Vœux de 1585, avec ses douze tableaux flamands ; Tence (6 km) comme hébergement de secours.
- Montfaucon-en-Velay → Saint-Julien-Chapteuil — environ 26 km — Longue journée à travers le Massif du Meygal, qui, à environ 1 285 m d'altitude, constitue le point culminant du parcours ; parcours pouvant être divisé avec une halte à Saint-Jeures. Destination : les orgues de basalte du Suc de Chapteuil, dans la ville natale de Jules Romains.
- Saint-Julien-Chapteuil → Le Puy-en-Velay — environ 18 km — paysage volcanique, descente par Saint-Germain-Laprade vers le Bassin du Puy. Entrée vers la Cathédrale Notre-Dame et à la Chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe (consacrée en 961, 268 marches).
C'est l'hébergement qui détermine cet itinéraire : le guide de l'association répertorie plus de 75 lieux d'hébergement — des « Accueils jacquaires » chez des membres de l'association (en partie sur la base de dons), des gîtes municipaux et privés, des chambres d'hôtes, des campings, des hôtels simples —, mais 75 adresses réparties sur 347 kilomètres, ce n'est pas un réseau, mais une chaîne: À Saint-Romain-de-Surieu ou aux Sétoux, il y a effectivement une maison. Ici, réserver n’est pas une simple politesse, mais une condition indispensable. Certains tronçons se déroulent néanmoins bien, car on trouve en chemin des gares à Culoz (près de Seyssel/Chanaz), aux Abrets, au Grand-Lemps et aux Roches-de-Condrieu — et ceux qui ne disposent que de deux semaines peuvent enchaîner les étapes courtes n° 1, 5 et 9 avec celles qui les précèdent ou les suivent.
Les points forts du parcours
- Basilique Notre-Dame, Genf — Point de départ et jonction : point d'arrivée officiel de la Via Jacobi et point zéro de la Via Gebennensis. Construite entre 1852 et 1857, basilique mineure depuis 1954 — le seul chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle en Europe qui commence par une église qui n'existait même pas à l'époque où le pèlerinage était à son apogée.
- Chartreuse de Pomier (vers 1170) — la chartreuse située à 20 kilomètres de Genève, qui a survécu aux décennies de la Réforme (1536-1557) parce que les moines payaient : « moyennant une taxe aux protestants » — prient contre rémunération.
- Pont suspendu de Seyssel (1838-1840) — elle se dresse sur le pilier central médiéval de l'ancien pont en bois qui reliait autrefois la La Vierge noire que portait le batelier du Rhône ; la statue se trouve aujourd'hui dans l'église de Seyssel (Ain). Depuis 1760, le fleuve marque ici la frontière — c'est pourquoi il existe deux localités portant le nom de Seyssel, une de chaque rive.
- Chanaz et le canal de Savières — La « petite Venise savoyarde » était un véritable nid de droits de douane : droits de douane terrestres, droits de douane fluviaux, impôt sur le sel, péage et poste de douane — quiconque traversait ici devait payer. À cela s’ajoute le moulin à huile de noix datant de 1868 ; en 1244, le pape Innocent IV y passa, et en 1391, la barque funéraire du comte Amédée VII.
- Yenne — si Etanna sur la Tabula Peutingeriana mentionnée comme « station routière et portuaire » : cette localité figurait déjà sur une carte routière romaine avant l'apparition des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. En 1215, Thomas Ier de Savoie fit d'Yenne la première commune libre de Savoie.
- Gâteau de Saint-Genix — La brioche aux pralines roses remonte à la martyre Agathe de Catane ; c'est le pâtissier Pierre Labully qui lui a donné sa forme actuelle vers 1880. Et c’est le parcours lui-même qui apporte la touche finale : à Saint-Genix, tu manges une martyre — six jours plus tard, tu pries dans son église, car l’église paroissiale de Chavanay est dédiée à Sainte-Agathe.
- La Côte-Saint-André — Nef datant de la fin du XIIIe siècle, église Saint-André construite entre 1088 et 1102 (plus ancienne que la Codex Calixtinus), la distillerie Cherry Rocher depuis 1705 — et la maison natale de Hector Berlioz, transformé en musée depuis 1935. Voici ce qu'il disait lui-même à propos de cet endroit : «Je suis né le 11 décembre 1803, à La Côte-Saint-André, très petite ville de France» — et il n'a jamais emprunté le chemin de Compostelle qui passe juste devant chez lui.
- Abbaye de Bonnevaux — Fondée en 1117 par Gui de Bourgogne, futur pape Calixt II., qui éleva Compostelle au rang d'archevêché en 1120. Pillé en 1789, vendu comme carrière vers 1830 : il reste du monastère une croix datant de 1933 — et du chemin, un panneau indicateur datant de 1998.
- Revel-Tourdan — village médiéval surplombant l'ancienne colonie Turedonnum., avec le Prieuré Notre-Dame de Tourdan et l'Église Saint-Roch, qui abrite une peinture du XIIe siècle. La découverte la plus importante du site a disparu depuis plus de 160 ans : le vase romain en argent, mis au jour le 11 juin 1842 par des ouvriers, a été acheté par le British Museum en 1859.
- AOC Condrieu — Les vignobles en terrasses surplombant le Rhône, sauvés par Georges Vernay, « le pape du Condrieu » : en 1960, il ne restait plus que 6 hectares de viognier ; aujourd’hui, on en compte environ 210. Le vignoble a été redonné vie, 40 ans avant que le sentier ne le soit.
- Parc naturel régional du Pilat et Col du Tracol (1 062 m) — la journée la plus difficile du parcours : forêt de conifères, changements de temps, environ 1 000 mètres de dénivelé d'affilée.
- Chapelle Notre-Dame, Montfaucon-en-Velay — construite en ex-voto après la prise de la ville par les calvinistes en 1585. Elle abrite douze panneaux flamands d'Abel Grimmer (XVIe siècle) : volées le 27 juin 1995, retrouvées intactes le 8 décembre 1995, remises en place le 23 juillet 1999 — «la place qu'elle n'aurait jamais dû quitter».
- Plateau Vivarais-Lignon — les hautes terres huguenotes des dernières étapes : entre 1940 et 1944, les habitants y ont caché des Juifs ; en 1990, Israël a décerné Le Chambon-sur-Lignon et les communes voisines ont été collectivement désignées comme « Justes parmi les peuples ». Le Lieu de Mémoire (2013) se trouve à six kilomètres de l’étape.
- Cathédrale Notre-Dame du Puy et chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe — l'objectif : inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO, bénédiction quotidienne des pèlerins, la La Vierge noire (l'original a brûlé en 1794, remplacé au XIXe siècle) — ce qui nous ramène à la Vierge du pilier du pont de Seyssel. À côté, le rocher volcanique d'Aiguilhe avec sa chapelle, consacrée en 961 par l'évêque Godescalc, accessible par 268 marches.
Comment les pèlerins empruntent ce chemin
Le moyen le plus naturel de s'y rendre est à pied, car ce chemin marque la fin d'une chaîne : c'est à Genève que s'achève la Via Jacobi, la Route nationale suisse n° 4 — 446 kilomètres en 20 étapes, du lac de Constance au lac Léman, soit un total de 645 kilomètres sur l'ensemble du réseau. Ceux qui l'ont parcourue se retrouvent à l'arrivée à la Basilique Notre-Dame — et c'est précisément là, au niveau de cette même église, que commence la Via Gebennensis : point d'arrivée de l'une, point de départ de l'autre, sans qu'il n'y ait un mètre entre les deux. L'office de tourisme du Puy décrit la fonction de ce chemin avec une sobriété de mise : «le lien avec la Suisse, l'Europe de l'Est et les chemins du Sud de l'Allemagne». Tout ce qui descend du lac de Constance par la Via Jacobi se rassemble ici.
Si vous ne souhaitez pas traverser toute la Suisse, rendez-vous simplement à Genève : il n’y a pas de moyen plus pratique pour rejoindre le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle : l’aéroport Genève-Cointrin se trouve à six kilomètres de la gare centrale Cornavin, le trajet en train ne prend que quelques minutes, et la gare de Cornavin est desservie par des trains directs en provenance de Zurich, Berne, Bâle et Lausanne, ainsi que par des TGV en provenance de Paris et de Lyon. La gare se trouve à moins de 300 mètres du point de départ, à la basilique Notre-Dame : tu peux atterrir le matin et parcourir l'après-midi les 16 premiers kilomètres jusqu'à Beaumont. Ton Carte de pèlerin Il vaut mieux que tu le commandes à l'avance en ligne auprès de l'une des associations « Jakobus », afin qu'il t'arrive à temps.
Continuer le pèlerinage ?
Ce sentier ne s'arrête pas au Puy-en-Velay : il conserve son numéro et change simplement de nom. Le GR 65 relie Genève à Pampelune et, à partir du Puy, il s'appelle Via Podiensis. Tu te trouves ainsi sur le plus ancien et le plus fréquenté des quatre chemins que la Codex Calixtinus vers 1135, mentionne — dans la même ville d'où était originaire l'évêque Godescalc qui, dès 951, fut l’un des premiers pèlerins français dont on connaît le nom à se mettre en route vers la Galice. La bénédiction des pèlerins est encore donnée chaque matin dans la cathédrale ; ensuite, les « Portes du ventre » s’ouvrent, et c’est là que commence le kilomètre zéro. Quelques chiffres pour illustrer cela : environ 25 000 personnes partent chaque année du Puy, mais en 2019, seules 3 180 d’entre elles sont arrivées à Saint-Jacques-de-Compostelle — la plupart parcourent des étapes, sans viser la destination finale. Ceux qui viennent de Genève ont une longueur d’avance sur tous les autres : 347,6 kilomètres de course d’échauffement.
Depuis Le Puy, il faut compter environ 750 kilomètres jusqu'à Saint-Jean-Pied-de-Port en passant par Conques, Figeac, Cahors et Moissac — c'est là que prend le relais le Camino Francés et te mènera, dans un peu plus de quatre semaines, à Saint-Jacques-de-Compostelle en passant par les Pyrénées ; au total, il te reste encore environ 1 500 kilomètres à parcourir depuis Le Puy. Et Le Puy n'est pas seulement ta destination, mais aussi un point de convergence : c'est ici que se rejoignent plusieurs chemins Trier–Le Puy en effet — que l'on vienne non pas de Suisse, mais de l'Eifel ou de la Moselle, on se retrouve devant le même portail de la cathédrale. Dès le lendemain matin, les deux empruntent le même chemin.
Préparation et aspects pratiques
La saison s'étend du De mai à début octobre. Il y a deux pièges météorologiques à connaître : en plein été, le tronçon du Rhône entre Seyssel et Chanaz est chaud et offre peu d’ombre — un pèlerin y a relevé une température de 41 degrés ; il faut s’approvisionner en eau dans les petits villages. À l’inverse, il y a de la neige sur le plateau du Velay jusqu’en mai, et les gîtes n’ouvrent souvent qu’après Pâques. Les meilleures périodes sont de fin mai à juin et la deuxième quinzaine de septembre. Côté équipement, une tenue standard de moyenne montagne suffit ; les bâtons sont utiles compte tenu des 6 750 mètres de dénivelé, et par temps humide, les descentes caillouteuses du Pilat et du Velay sont glissantes.
L'élément le plus important de la préparation, c'est l'hébergement. Plus de 75 hébergements semblent confortables, mais ils sont répartis sur 17 étapes — et de nombreuses adresses sont Accueils jacquaires, hébergements chez des membres de l'association, en partie sur la base de dons, presque toujours sur réservation préalable et souvent en demi-pension, car il n'y a ni restaurant ni magasin dans le village. Réservez tôt, en particulier pour Saint-Romain-de-Surieu, Les Sétoux et les semaines d’été à Chanaz. Un service de transport des bagages est disponible (La Malle Postale, implantée au Puy depuis 2009). Et planifie tes étapes à l'avance, car ce sont les disponibilités d'hébergement qui dictent le tracé des étapes — le plus simple est de le faire directement dans l'application Camino Ninja, où tu peux organiser tes étapes et planifier en même temps les hébergements adaptés.
Un Carte de pèlerin (Credencial/Créanciale) Tu en auras besoin dès que tu souhaiteras dormir dans des gîtes au tarif pèlerin — et au plus tard à partir du Puy, si tu comptes poursuivre ton chemin et obtenir la Compostela à la fin. Commande-le à l’avance en ligne ; au Puy, la boutique de la cathédrale le délivre juste après la bénédiction matinale des pèlerins. Pour t’accompagner tout au long du chemin, le guide pratique bilingue de la Association Rhône-Alpes des Amis de Saint-Jacques (« Via Gebennensis par Yenne, La Côte-St-André et Chavanay », édition 2024-2025, en français et en allemand) : le seul répertoire d’adresses régulièrement mis à jour — publié par l’association qui a créé ce sentier en 1993. On ne peut pas faire plus authentique en matière de documentation sur les sentiers.
Ce que te coûte ce trajet
Le jour le plus coûteux est le premier — et ce, avant même d'avoir fait le premier pas, car À Genève, on paie en francs suisses, et Genève fait partie des villes les plus chères d'Europe : une chambre d'hôtel simple coûte rapidement plusieurs centaines d'euros, et même les courses au supermarché reviennent plusieurs fois plus cher qu'en France (situation en août 2026). Le conseil pratique n’est donc pas de faire des économies, mais d’adopter une stratégie : arriver tôt, partir immédiatement à la découverte de la ville et passer la première nuit à Beaumont du côté français — 16 kilomètres qui peuvent te faire économiser une somme à trois chiffres. À partir de la frontière, tout redevient normal : le responsable de l'association prévoit environ 40 à 50 € par jour, les récits de pèlerins indiquent un coût de 30 à 50 € pour la nuitée et de 40 à 45 € pour la demi-pension dans un logement chez l'habitant (situation en août 2026) ; un montant réaliste se situerait autour de 45 à 60 €, si tu dors dans des gîtes et que tu fais tes courses toi-même. Prépare-toi toutefois à ce que, sur cet itinéraire, tu optes parfois pour la demi-pension non pas par commodité, mais par manque d’alternatives : dans plusieurs localités, il n’y a tout simplement ni restaurant ni magasin. Pour 17 étapes, cela te reviendra, selon ton mode de vie, à entre 750 et 1 050 € environ hors trajet aller-retour, plus cette nuit coûteuse, si tu décides de te l'offrir à Genève.
Comment s'y rendre
Pour commencer: Genève est le point de départ le plus pratique pour tous les chemins de Compostelle en France. L'aéroport Genève-Cointrin (GVA) se trouve à six kilomètres de la gare centrale Genève-Cornavin, le train relie les deux en quelques minutes à une fréquence élevée. Cornavin est un nœud ferroviaire longue distance desservi par des trains directs en provenance de Zurich, Berne, Bâle et Lausanne, ainsi que par des liaisons TGV depuis Paris et Lyon — et le parcours commence à moins de 300 mètres de la gare, à la Basilique Notre-Dame. Arriver en train de nuit ou par un vol en début de matinée et se rendre à Beaumont le jour même : ici, c'est tout à fait possible.
À propos de l'objectif: Le Puy-en-Velay dispose d'une gare, mais n'est pas desservie par le réseau ferroviaire à grande vitesse. La liaison standard s'effectue en train régional en environ deux heures jusqu'à Saint-Étienne-Châteaucreux et de là, plus loin vers Lyon-Part-Dieu; sinon, il y a la ligne vers Clermont-Ferrand. Depuis Lyon, tu peux rejoindre Paris en TGV, puis avec Lyon-Saint-Exupéry (LYS) un aéroport international. Prévoyez une marge de manœuvre : les trains régionaux du Velay ne circulent pas toutes les heures. Si vous arrivez à pied, vous arriverez à la Via Jacobi à travers la Suisse — et ceux qui continuent leur chemin n’ont de toute façon pas besoin de revenir sur leurs pas : le kilomètre zéro de la Via Podiensis se trouve à la cathédrale.
- Comment se rendre au point de départ: Vol à destination de Genève-Cointrin (GVA), puis trajet en train jusqu'à la gare centrale de Cornavin en quelques minutes ; trains directs depuis Zurich, Berne, Bâle et Lausanne, TGV depuis Paris et Lyon — la Basilique Notre-Dame se trouve à 300 m de la gare.
- Retour depuis Le Puy-en-Velay: Train régional via Saint-Étienne-Châteaucreux (environ 2 h) jusqu'à Lyon-Part-Dieu, ou bien en direction de Clermont-Ferrand ; depuis Lyon, TGV vers Paris et l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry. Ceux qui poursuivent leur pèlerinage ne rentreront de toute façon que plus tard.
- Arrêt intermédiaire pour certains tronçons: Gares de Culoz (près de Seyssel/Chanaz), Les Abrets, Le Grand-Lemps et Les Roches-de-Condrieu ; transport des bagages par La Malle Postale.
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